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Les laboratoires d?analyses privés broient du noir

1 juillet 2007, 00:00

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Les laboratoires d?analyses privés broient du noir

C?est la course contre la montre pour les 21 laboratoires d?analyses privés. D?après la missive datée du 15 juin, et que leur a fait parvenir le ministère de la Santé, ils ont six mois pour demander leur accréditation au Mauritius Accreditation Service (Mauritas). À défaut, leur permis d?opération pourrait ne pas être renouvelé. L?accréditation est une procédure par laquelle un organisme qui fait autorité reconnaît formellement qu?une organisation a les compétences voulues pour mener à bien des tâ-ches spécifiques.

Cette décision, si elle est bien accueillie par la Private Medical Labora-tories Association (PMLA), puisqu?elle démontre la volonté du gouvernement de mettre bon ordre dans le secteur, est aussi paradoxalement décriée. « Nous avons besoin de plus de temps pour soumettre tous les documents exigés. Comme nous l?avions expliqué lors d?une réunion avec Mauritas, il nous faut un moratoire de trois ans », affirme le secrétaire de la PMLA, Ibrahim Sheik-Yousouf, qui souligne que leurs griefs sont connus des autorités concernées.

L?accréditation des laboratoires d?analyses privés a été évoquée il y a un an, lorsque le ministère de la Santé en a eu assez des plaintes dénonçant l?incompétence de certains laboratoires. Jusqu?à présent, les vérifications se limitaient à la visite éclair annuelle d?un représentant du ministère de la Santé. Ce dernier vérifiait les appareils d?analyses, sans pour autant poser de questions sur les résultats de ces analyses.

<B>Certificat de traçabilité</B>

Mais les choses sont appelées à changer rapidement. Des appels d?offres ont été lancés la semaine dernière pour les services d?experts-conseils en la matière. Pour les laboratoires privés, les choses vont trop vite, car il s?agira de soumettre toute une liste de documents, tel un manuel de la politique de qualité et des procédures dans lequel toutes les analyses effectuées par le laboratoire seront détaillées. Les fournisseurs d?appareils devront aussi être accrédités par l?autorité régulatrice et il faudra que les réactifs utilisés aient un certificat de traçabilité. La demande pour une accréditation devra être logée à Mauritas avant la date limite du 31 décembre 2007.

L?organisme régulateur fera alors une première inspection pour vérifier la conformité du laboratoire aux normes établies et, si besoin était, soumettra une liste des modifications à apporter dans, au maximum, un mois. « Le problème réside aussi dans le fait que les exigences de Mauritas ne sont pas assez détaillées. On dit que chaque laboratoire doit avoir trois membres de personnel appropriately qualified pour la bonne gestion, sans donner plus de détails sur les qualifications », souligne encore Ibrahim Sheik-Yousouf. Il déplore que les cours dispensés à l?université pour les aspirants laborantins ne soient pas accessibles à ceux déjà employés dans le privé.

<B>Frais annuels de Rs 300 000</B>

La PMLA estime que les laboratoires des hôpitaux et des cliniques privées devraient être soumis au même régime. Les coûts de ces bouleversements font aussi tiquer. « Il faudra compter Rs 60 000 par an pour le certificat ISO : 15189, des frais de Rs 10 000 par jour et par personne pour une pré-vérification par un expert, une deuxième vérification à partir de 1er juillet 2008 pour le même coût, la participation dans un système de qualité international qui s?élève à Rs 80 000 par an, entre autres. Ces frais reviendront à Rs 300 000 par an et ils vont sûrement occasionner une véritable guerre des prix. »

En attendant d?obtenir une rencontre avec le ministre de la Santé, Satish Faugoo, les laboratoires d?analyses ne peuvent s?empêcher de penser à l?avenir incertain qui les attend.

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