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Les joies de la croisière
Grande-Rivière-Sud-Est, mercredi à 9 h 30 du matin. Une cinquantaine de jeunes descendent d?un autobus de la Corporation Nationale du Transport (CNT), mis gratuitement à leur disposition par le ministère de la Jeunesse et des sports, et se regroupent au débarcadère. Ils débordent d?enthousiasme. Certains s?impatientent : ils vont refaire la croisière Ile-aux-Cerfs-cascade. D?autres y viennent pour la première fois et ont le c?ur qui bat la chamade, le regard rivé sur la splendeur du paysage.
?Coup d?essai, coup de maître?, ne cesse de répéter Reza Bhaukaurally, Senior Youth Officer, en se référant au grand intérêt de ces jeunes pour la première croisière organisée par le centre de jeunesse de Brisèe-Verdière dans le cadre du programme A nous les vacances. Agés de 14 à 29 ans, les participants viennent non seulement de Brisée-Verdière, mais aussi des villages avoisinants, dont Mare-d?Australia, Belvédère, Bon-Accueil et Lallmatie.9 h 45. Reza Bhaukaurally réunit les jeunes au débarcadère pour un briefing sur les dernières consignes de sécurité. Il est encadré par trois animateurs appelés pour contrôler leurs troupes.
Tarif forfaitaire
Peu après, les vacanciers montent à bord des deux bateaux de plaisance loués pour l?occasion. Ils paient un tarif forfaitaire : Rs 65 par personne.
Devant l?impatience des passagers, les skippers ne tardent pas à lâcher les amarres et à mettre les moteurs en marche. C?est le début de la traversée. La cascade est plus proche à partir du débarcadère, mais les deux bateaux prennent d?abord la direction de l?Ile-aux-Cerfs. A marée basse, le lit de la rivière n?est pas navigable. La visite à la cascade se fera donc au retour, dans l?après-midi. Martinova Lagarde, 18 ans, confie que c?est sa destination de prédilection. Quant à Nawsheen Chundoo, 16 ans, une habituée de la croisière, elle s?empresse de mettre ?la faya? une fois arrivée sur l?île. ?C?est une très bonne occasion pour nous les jeunes de nous rencontrer et de partager des moments de loisirs ?, ajoute l?adolescente qui ne peut s?empêcher de regarder l?océan qui s?étend à perte de vue.
Shalini Dowlut, 15 ans, est très émue : c?est sa première croisière. Elle est impatiente de contempler les chutes dont elle a tant entendu parler. Sajid Bundhoo, 23 ans, savoure, lui, le beau décor et demeure imperturbable face aux manifestations de joie des plus jeunes assis à côté de lui. ?Je souhaite que cette croisière soit organisée plus souvent par le centre de jeunesse. C?est ce que je préfère du programme de vacances scolaires.?
Jean-Michel Villars, 17 ans, dira qu?il est venu pour s?amuser et qu?il ne se retiendra pas. Se montrant intrépide devant ses camarades, il se placera à l?avant du bateau, sous l??il vigilant de Reza Bhaukaurally, le SYO.
Expédition dans l?île
Shikha Poonmassy, 20 ans, animatrice, se réjouit du succès de la première croisière organisée par le centre de jeunesse. ?Je suis partie prenante d?une telle activité étant donné que je suis aussi membre du comité consultatif du centre de jeunesse.?
Il ne suffit qu?une demi-heure pour atteindre la jetée de l?Ile-aux-Cerfs où se trouvent de nombreux bateaux de plaisance. Le skipper doit naviguer avec prudence pour que les embarcations ne se heurtent pas. Avant de se disperser, les jeunes sont informés que le retour est fixé à 14 heures au plus tard.
Une fois qu?ils sont installés dans un endroit convenable à l?ombre des filaos, certains d?entre eux apaisent leur soif ou prennent le déjeuner sur l?herbe. Les plus téméraires s?aventurent dans une expédition dans l?île, surtout après l?aménagement du plus grand terrain de golf du pays. Il y a encore ceux, les férus de sport, qui improvisent des matches de foot à six ou une partie de volley. ?L?important, c?est de s?amuser?, lance l?un d?eux.
Pour la visite dans l?île, les promenades au bord de l?eau sont permises, mais pas les baignades en mer loin de la plage. ?Avec un aussi grand nombre de jeunes, on ne peut prendre de srisques?, dira le SYO.
Le retour se fera sans anicroche. A 14 heures pile, personne ne manque à l?appel. Les jeunes passagers n?ont toujours pas perdu leur enthousiasme. Ils entament l?ultime parcours qui les mènera jusqu?aux chutes.
A l?embouchure de la rivière, le skipper man?uvre avec prudence. Le moteur de l?embarcation pourrait heurter les gros rochers émergeant de la surface de l?eau en plusieurs endroit.
Le somptueux décor et les arbres suspendus aux parois rocheuses émerveillent les jeunes visiteurs. Certains mitraillent le paysage avec leurs appareils photos alors que d?autres observent en silence .
A l?approche de la cascade, le skipper prévient les passagers que l?eau y est très profonde, atteignant 45 mètres en certains endroits. Certains, qui se tiennent debout, se ravisent sur le champ et préfèrent se rassoeir de peur de basculer dans l?eau.
15 heures. L?équipe retrouve la terre ferme. Avant de s?engouffrer dans l?autobus, elle n?a que ces mots sur les lèvres : ?à quand la prochaine croisière? ?
BATEAUX DE PLAISANCE
?Surjulle? : la sécurité avant tout
■ C?est la compagnie Surjulle qui assure régulièrement la traversée jusqu?à l?Ile-aux-Cerfs et la cascade de GRSE pour le programme ?A nous les vacances.? Pour les responsables, Bert Marie et son épouse, Natacha, il n?est pas question de prendre des risques. ?Même si chaque bateau peut transporter 35 passagers, nous avons pris seulement une vingtaine de jeunes à bord?, précise Natacha. Pour le couple, les vacances scolaires sont l?occasion de faire le plein de passagers afin de couvrir les frais des périodes creuses le long de l?année. Il compte aussi comme clientes des associations des personnes du troisième âge. ?Nous proposons un tarif de Rs 65 par personne contre Rs 100 en temps normal?, dit Natacha. ?A GRSE, il n?y a pas de touristes comme à Trou-d?eau-Douce. Nous devons compter sur les vacances scolaires pour survivre. Nous payons Rs 5 000 à la Tourism Authority pour chaque bateau en sus de notre patente et d?autres frais. Avec les nouveaux règlements, nous obligeant à recruter un deuxième skipper pour chaque bateau, nos coûts vont encore une fois augmenter?, se plaint Bert. La compagnie est propriétaire de quatre bateaux de plaisance pouvant transporter une centaine de passagers à la fois.
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