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Les Japonais sont de plus en plus méfiants envers le nucléaire

21 juillet 2007, 00:00

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Les problèmes de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa renforcent la méfiance des Japonais vis-à-vis du nucléaire. Cette installation, dotée de sept réacteurs d?une puissance totale de plus de 8 gigawatts, connaît, depuis le tremblement de terre qui a touché les préfectures de Niigata et de Nagano, le 16 juillet, une inquiétante série de problèmes. Le dernier en date, annoncé avant-hier par la société exploitante Tepco, est une nouvelle fuite radioactive. C?est la première fois qu?une centrale enregistre une telle série d?incidents après un séisme.

La lenteur manifestée par Tepco pour résoudre les problèmes survenus depuis le 16 juillet et à diffuser une information fiable à leur sujet a fait réagir le ministère de l?économie, du commerce et de l?industrie (METI). Le ministre, Akira Amari, a déclaré que cela «pourrait amener les gens à ne plus faire confiance au nucléaire». La remarque peut passer pour un euphémisme tant est ancienne la défiance des Japonais envers cette énergie, leur pays étant le seul à avoir subi des bombardements atomiques.

Les villes d?Hiroshima et de Nagasaki, victimes des attaques américaines de 1945 ? dont les conséquences se font toujours sentir ?, restent de solides foyers d?antinucléaires.

La question sismique représente l?autre argument fort des opposants à cette énergie. Dans un communiqué du 17 juillet, le Centre d?information des citoyens sur le nucléaire, mouvement associatif, rappelle notamment que, «en deux ans, trois séismes de magnitude supérieure à 6,5 ont touché le Japon».

Or certaines centrales ne sont pas conçues pour résister à des secousses dépassant cette intensité.

Le comportement des compagnies d?électricité n?améliore pas l?image du nucléaire. Le 30 mars, l?Agence de sûreté industrielle et nucléaire, qui dépend du METI, a fait savoir qu?entre 1978 et 2002 97 incidents, dont 19 jugés «critiques», avaient été dissimulés aux autorités. L?attitude de Tepco, après le séisme du 16 juillet, montre que le réflexe de dissimulation reste bien ancré. A cela s?ajoutent différents accidents, parfois mortels, comme en 2004 à la centrale de Mihama, qui rappellent la dangerosité du nucléaire.

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