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Les institutions changent
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Les réformes suscitent toujours des craintes et des réticences. Certaines sont justifiées. D’autres ne le sont pas. Le pays a en face de lui des défis économiques énormes. L’heure de la restructuration a sonné. Tout report mènerait le pays vers des difficultés encore plus sérieuses dans les années à venir. Le modèle de croissance basé sur les préférences commerciales et les “low skills” a fait son temps. Les institutions doivent évoluer avec les nouvelles réalités. La fin des tripartites dans sa forme actuelle va dans le droit fil de cette logique.
Le marché du travail est en attente des changements en profondeur. Les nouveaux secteurs tels le “ seafood hub” et les technologies de l’information et des communications qui vont générer la richesse à l’avenir ne pourront pas s’épanouir dans un cadre rigide. Les entreprises veulent avoir plus de liberté pour recruter et pour licencier. Il faut faire tomber les barrières à la mobilité des compétences et à la redistribution optimale des ressources humaines dans les différentes activités, moyennant des garde-fous pour préserver la paix industrielle et sociale.
L’avènement d’un “National Wage Council” (NWC) pour déterminer la compensation salariale annuelle est une des premières initiatives dans ce vaste chantier de réforme. Le modèle singapourien que le gouvernement privilégie accorde une large place aux consultations par secteur. L’État imposera une hausse de salaire minimale et laissera le soin aux syndicats et aux employeurs de décider s’il y a lieu de payer plus ou pas.
La rémunération supplémentaire tiendra compte des réalités financières des industries et des entreprises concernées. La flexibilité est l’élément clé dans la nouvelle configuration institutionnelle. Mais changer les tripartites seulement n’apporte pas de grandes solutions aux problèmes structurels du marché de l’emploi.
L’autre composant de la réforme, en l’occurrence celui des “Labour Laws” et les législations régissant les relations industrielles, ne peut plus attendre. Le gouvernement dit sa ferme intention de venir de l’avant avec de nouvelles idées pour aplanir les rigidités dans le système.
Si les grosses sociétés ont les muscles financiers nécessaires pour absorber une réglementation lourde et coûteuse, il n’en est pas de même pour les petites et moyennes entreprises (PME) qui, elles, ont des moyens beaucoup plus limités.
Toutes les activités souffrent des “Remuneration Orders” (RO) restrictifs. Les PME en particulier qui emploient des effectifs restreints ne peuvent pas vraiment avoir la flexibilité d’utiliser leur main-d’œuvre selon les exigences du moment car les RO imposent des délimitations rigides aux tâches des salariés.
A quelques semaines du budget, le gouvernement envoie des signaux forts sur le plan de la restructuration et de la rigueur. Le message est aussi et surtout adressé aux institutions de développement internationales vers qui le pays se tournera bientôt pour lever les fonds nécessaires aux réformes. Après les largesses du transport gratuit, la rigueur retrouve graduellement sa place au cœur de l’action économique du gouvernement. Tant mieux.
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