Publicité

Les infirmiers au chevet des plus démunis

12 mai 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La Journée internationale des infirmiers avait pour thème, hier, ?Les infirmiers travaillent avec les pauvres et contre la pauvreté?. La Nurses? Association a célébré cette journée au siège du Tamil League à Réduit.

Vadi est infirmière depuis longtemps. Elle n?a jamais été indifférente à la douleur des défavorisés. A l?hôpital du Nord, elle ne peut s?empêcher de les considérer, certes comme les autres patients, mais avec une sensibilité particulière. ?Comme les pauvres sont plus vulnérables aux maladies, vivant dans des conditions précaires, j?essaie de les conseiller sur leur alimentation, les besoins de leurs enfants.?

Vadi est encore plus touchée quand certains des malades arrivent sans vêtements ou encore sans assiette. Dans la mesure du possible, elle ne rate jamais une occasion de leur apporter un peu de réconfort en leur offrant ce dont ils ont besoin.

Carmen adopte la même attitude : ?Je sais que vu l?exigence du métier, nous n?avons pas souvent le temps de nous arrêter pour leur tendre la main. Mais comme les pauvres sont parmi ceux qui ont le moins d?accès à l?information, il est de notre devoir de venir à leur rescousse.? Un moyen, selon elle, d?apporter modestement sa contribution au combat contre la pauvreté.

Cette infirmière, qui est désormais à l?unité des sidéens, estime qu?il est nécessaire de mettre en place des projets spécifiques pour cette catégorie de malades. ?Ce sont les plus démunis qui se retrouvent pris au piège des fléaux sociaux. Dans ce contexte, ils ont davantage besoin d?être orientés et sensibilisés?, déclare-t-elle.

Pour d?autres, le dévouement se fait sans discrimination, même positive. Lalita, qui travaille à l?hôpital Jeetoo, pense qu?il faut accorder une attention particulière à tous les malades avec la même tendresse. ?Notre objectif est de soulager la douleur des patients et ce, indépendamment de leur statut social.? Plusieurs de ses collègues partagent d?ailleurs ce sentiment.

Mais le plus dur pour les infirmiers n?est pas de travailler avec les pauvres. La majorité du personnel soignant se plaint que les patients mauriciens sont devenus trop exigeants. ?Ils sont toujours très impatients. Les critiques abondent sur la qualité du service, sans compter le ton qu?ils adoptent pour faire leurs remontrances. Ce qui est désolant, c?est qu?ils arrivent déjà à l?hôpital avec des idées préconçues?, s?insurge une jeune infirmière, Michaëlla.

Ce ?manque de reconnaissance? peut être décourageant, expliquent Lalita, Michaëlla et Vadi. ?Heureusement que notre passion pour le métier nous permet encore de surmonter ces exigences?, estime Vedita, encore étudiante. Elle sera peut-être d?un autre avis dans dix ans !

Cette célébration à Réduit a eu lieu en présence du ministre de la Sécurité sociale, Sam Lauthan, et du ministre de la Santé par intérim, Prem Koonjoo. Ils ont rendu hommage à Florence Nightingale, la ?patronne? des infirmières, dont c?était hier l?anniversaire.

Publicité