Publicité

Les grands moyens déployés pour répondre aux besoins du BPO

21 mai 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Les grands moyens déployés pour répondre aux besoins du BPO

Un institut de formation calqué sur le modèle de l?école hôtelière d?Ébène. C?est ce que propose le privé pour répondre aux besoins incessants du secteur de l?externalisation. Le Human Resources Development Council (HRDC) lance, lui, le mois prochain, une formation en centre d?appels. Objectif : livrer 500 jeunes sur le marché du travail toutes les six semaines.

La demande est là, mais pas les compétences. En plein boom, le secteur de l?externalisation, plus connu sous le terme anglais Business Process Outsourcing (BPO), a besoin de bras ou plutôt de cerveaux, oreilles et voix.

Selon le dernier rapport sectoriel du Board of Investment, datant d?avril, 3 000 personnes doivent rejoindre ce secteur avant la fin de l?année pour satisfaire sa grande faim. De juillet 2004 à mars 2007, 5 000 emplois ont trouvé preneur dans le BPO et les centres d?appels pour porter le compteur à 7 000.

Mais le problème de ressources humaines est devenu le principal obstacle à la venue en grand nombre de nouveaux investisseurs. Actuellement, chaque compagnie n?a d?autre choix que de prendre en charge la totalité de la formation de chaque personne qu?elle recrute. Plutôt coûteux. D?autant que certaines ont décidé de payer jusqu?à Rs 7 000, et même plus dépendant des compagnies, les nouvelles recrues tout au long de leur formation, tellement l?exigence en main-d??uvre est grande et pressante.

?Nous faisons la formation sur le lieu de travail. Si on se regroupe, cela permettrait de réduire les coûts?, pense François de Grivel, président d?Act, l?association regroupant les opérateurs du secteur.

Pour le privé, la solution idéale serait la création d?une école de formation des métiers des technologies de l?information et de la communication. Un projet dans ce sens est d?ailleurs en discussion entre le gouvernement et Act.

?D?ici 2015, nous prévoyons que le secteur BPO aura encore besoin d?entre 10 000 et 15 000 personnes. Cela justifie la création d?une école spécialisée?, avance François de Grivel. Pour cela, le gouvernement est appelé à mettre la main à la pâte. Pas question que le secteur privé prenne tout sur son dos. ?Nous avons présenté le concept et nous avons demandé au gouvernement d?y réfléchir.?

Plusieurs réunions, entre autres avec le HRDC, ont eu lieu. L?idée séduit dans le milieu. ?Actuellement, nous ?uvrons dans l?isolement. Une formation nous coûte beaucoup, tant en termes de finances que de ressources humaines. Par conséquent, si ce projet d?école spécialisée voit le jour, nous sommes même disposés à contribuer, à mettre à disposition des ressources, financières ou autres?, confie Dave Kissoondoyal, directeur de la technologie informatique du géant américain Teleforma. Il embauche massivement pour remplir les cinq étages qu?il loue dans la seconde cybertour d?Ébène.

Le modèle à suivre pour cette institution spécialisée est l?École hôtelière d?Ébène. Véritable réussite, elle aide à répondre à la demande incessante en professionnels pour le tourisme et est reconnue par le secteur pour la qualité de ses formations.

En attendant la concrétisation de ce projet, le HRDC compte démarrer un premier cours en opération de centre d?appels le mois prochain. D?une durée de six semaines, il vise à former 500 détenteurs d?un Higher School Certificate. ?Nous allons offrir une formation générale et ensuite c?est aux entreprises de donner une formation plus spécifique adaptée à l?exigence de la compagnie?, explique Vinod Seegolam, directeur du HRDC.

Ce cours, qui sera dispensé par un centre de formation du privé dont le choix est presque finalisé, sera composé d?une formation informatique, l?apprentissage de la maîtrise de l?accent français ou anglais ainsi que sa prononciation. La gestion des centres d?appels sera aussi abordée.

Dans un avenir proche, le HRDC devrait également monter un autre cours, qui s?adressera à des compétences plus poussées. Une réunion la semaine prochaine devrait permettre d?en connaître mieux les contours.

?De plus en plus de compagnies s?implantent à Maurice pour faire de l?externalisation comptable, médicale et financière. Elles ont besoin de gens formés et nous voulons répondre à leurs souhaits?, affirme Vinod Seegolam. Cette formation devrait démarrer avant la fin de l?année. La HRDC espère former 3 000 à 4 000 personnes avant mi-2008.

Le leader des centres d?appels à Maurice, Infinity, n?a pas attendu pour agir. Le 3 novembre, il a signé un partenariat avec l?université de Maurice avec, comme objectif, de proposer une formation faite sur mesure pour le secteur. Infinity Training a la capacité de former 200 personnes par mois. D?autres types de formation qui s?adresseront à d?autres corps de métiers du secteur informatique sont en préparation.

?Nous formons non seulement pour nos besoins internes, mais également pour l?ensemble du milieu. Nous voulons dépasser le cap de former uniquement pour la téléphonie?, dit-on chez Infinity. Grâce à son accord avec l?université de Maurice, cette première formation en centre d?appels débouche sur un diplôme reconnu par l?État.

Publicité