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«Law and order»
Gopalsingh conseiller au PMO pour relancer la machine du renseignement et les réformes dans la police
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«Law and order»
Gopalsingh conseiller au PMO pour relancer la machine du renseignement et les réformes dans la police
Ramanooj Gopalsingh, alors commissaire de police, lors d’une parade aux Casernes centrales, le 30 janvier 2008. Photo: Beekash Roopun.
Le retour de Ramanooj Gopalsingh au PMO ne relève pas d’une décision improvisée. Selon plusieurs sources concordantes, sa désignation comme conseiller sur les questions de sécurité et de renseignement s’inscrit dans une réflexion engagée depuis plusieurs mois sur la réorganisation du National Security Service (NSS) et, plus largement, sur la réforme de la police. Au centre de cette réorganisation : le fonctionnement du renseignement, la fiabilité des informations remontées au sommet de l’État et la nécessité, selon le gouvernement, de disposer d’une chaîne de renseignement plus efficace.
Selon nos renseignements, le transfert du Deputy Commissioner of Police (DCP) Mohunlall Madhow était déjà envisagé depuis environ six mois. Il ne serait donc pas directement lié aux derniers développements autour de la bande sonore diffusée par l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, le 11 septembre. Plusieurs failles auraient été relevées au fil des mois dans la gestion de certains renseignements et dans les informations fournies en réponse aux demandes du Premier ministre.
Ces réserves auraient progressivement nourri des interrogations au PMO sur la manière dont certaines informations étaient collectées, vérifiées, recoupées, puis transmises. Dans un service aussi sensible que le NSS, où une information incomplète ou mal évaluée peut avoir des conséquences importantes, la qualité du renseignement remontant jusqu’au chef du gouvernement constitue un élément central.
Madhow avait lui-même soulevé la question de son équipe
Dans ce contexte, le cas de Mohunlall Madhow présente une autre particularité. Selon plusieurs sources, le DCP aurait lui-même fait état, à différentes reprises, de difficultés liées à la composition de son équipe. Il aurait notamment indiqué que certaines personnes travaillant dans son entourage ou au sein de l’unité étaient considérées comme des proches de l’ancien pouvoir.
Ces préoccupations auraient été portées à l’attention de la hiérarchie dans le cadre des discussions sur le fonctionnement du service. Elles illustrent les difficultés auxquelles Mohunlall Madhow aurait été confronté dans sa volonté de réorganiser une unité dont il connaissait pourtant parfaitement les rouages. Il faut rappeler que le DCP Madhow possède une longue expérience du renseignement. Il a passé une importante partie de sa carrière au NSS avant d’occuper différentes responsabilités opérationnelles. Son parcours faisait de lui un connaisseur du système, mais son passage à la tête du service aurait également été marqué par des tensions internes et des interrogations sur la composition de son équipe.
Selon nos informations, le problème ne résidait donc pas uniquement dans la personne du directeur, mais dans un ensemble de difficultés touchant au fonctionnement de l’unité, à la circulation de l’information et à la confiance entre certains responsables.
La bande sonore, révélateur d’un malaise plus ancien
L’affaire de la bande sonore est venue donner une dimension politique à ces interrogations. Dans un contexte où Pravind Jugnauth s’était présenté comme «l’homme le mieux renseigné», la diffusion de cet enregistrement a remis brutalement la question du renseignement au centre du débat public. Pour les responsables actuels, l’enjeu dépasse cependant cette seule affaire.
Selon plusieurs sources, les difficultés constatées dans la gestion de certaines informations étaient déjà connues avant cet épisode. Le dossier de la bande sonore aurait surtout servi de révélateur à un problème plus ancien concernant la capacité du dispositif à identifier, analyser et transmettre les informations sensibles avec suffisamment de précision.
La question qui se pose désormais est celle de la réorganisation du NSS et de la chaîne de commandement du renseignement. S’agissant de la bande sonore, le Premier ministre aurait, selon nos renseignements, veillé à ce que l’enregistrement soit transmis à l’étranger pour une expertise indépendante destinée à en établir l’authenticité. C’est dans cette perspective que le retour de Ramanooj Gopalsingh prend tout son sens. L’ancien commissaire de police connaît déjà le fonctionnement du renseignement pour avoir été, dans le passé, dans les services de renseignement et avoir exercé des responsabilités importantes dans le domaine de la sécurité.
Son rôle devrait être davantage opérationnel qu’un simple titre honorifique. Il devrait contribuer à la réorganisation du NSS dans un premier temps, avant de participer à la réflexion plus large sur la réforme de la police. «La réforme au niveau de la Mauritius Police Force serait faite avant la création de la National Crime A gency.» L’objectif serait de revoir certains mécanismes internes, de renforcer la fiabilité des renseignements et de mettre en place une structure permettant au pouvoir exécutif de disposer d’informations mieux vérifiées et davantage orientées vers l’analyse stratégique.
Ramsawock assure l’intérim
Dans l’attente des prochaines décisions, le surintendant Rajeshwar Ramsawock assure, selon nos renseignements, la direction par intérim du NSS. Il était le no 2 du service, dispose d’une expérience au sein de cette unité et connaît son fonctionnement interne. Son maintien à ce poste, même à titre intérimaire, intervient donc à un moment particulier : le gouvernement prépare une nouvelle architecture du renseignement tout en réfléchissant à une réforme plus globale de la police.
Dans les prochains mois, le véritable enjeu sera de savoir qui occupera les différents fauteuils plutôt que de déterminer si la nouvelle équipe parviendra à rétablir une chaîne de renseignement capable de fournir au sommet de l’État des informations suffisamment fiables, recoupées et exploitables.
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Retour de l’ancien CP après plus de 18 ans
Ramanooj Gopalsingh appartient à cette génération de hauts responsables de la police mauricienne dont la carrière s’est construite au croisement du renseignement, de l’enquête et de la gestion opérationnelle. Nommé commissaire de police (CP) en 2000, il prend alors les commandes de la Mauritius Police Force, succédant à André Feillafé. Il restera à la tête de l’institution pendant près de huit ans, jusqu’à son départ à la retraite, le 13 juillet 2008.
À la tête des Casernes centrales, Gopalsingh défendait une conception de la police fondée sur la discipline, la méthode et le professionnalisme. Dans un entretien accordé à l’express en août 2003, alors qu’il était en fonction depuis près de trois ans, il estimait que les succès de la police ne devaient pas conduire à relâcher l’effort. Pour lui, l’efficacité d’une enquête reposait notamment sur le travail collectif. Il insistait sur le rôle des limiers de la Criminal Investigation Division et des unités spécialisées, tout en soulignant que la police ne pouvait combattre seule la criminalité. La coopération du public constituait, selon lui, un élément important du dispositif. Son approche était également marquée par une volonté de modernisation. Il expliquait alors que les enquêteurs devaient vérifier les informations, exploiter les indices et traiter les dossiers selon leur spécificité, dans une démarche qu’il comparait à la construction d’un puzzle. Patience, persévérance et travail d’équipe figuraient parmi les qualités qu’il mettait en avant.
Gopalsingh affichait aussi une ligne ferme contre la corruption. Il plaidait pour davantage de transparence dans la gestion de la police et affirmait avoir donné des instructions contre les pratiques corruptives. Sur les méthodes d’enquête, il rejetait le recours à la force pour obtenir des aveux, privilégiant les preuves et les techniques d’interrogatoire destinées, selon lui, à constituer des dossiers susceptibles de résister à l’examen de la justice.
Son parcours a également été marqué par son intérêt pour la formation, les ressources humaines et l’évolution des méthodes scientifiques. En 2003, il évoquait déjà le développement des analyses ADN à Maurice et la nécessité d’adapter les outils de la police aux nouvelles exigences de l’enquête.
Près de deux décennies après son départ des Casernes centrales, son retour dans un rôle de conseiller au PMO intervient donc après plusieurs années passées au sommet de l’appareil sécuritaire. Son expérience pourrait être sollicitée dans le cadre de la réorganisation du renseignement et de la réflexion engagée autour de la réforme de la police.
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