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Les grandes espérances?

24 janvier 2005, 00:00

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C?est vrai. Il est sans doute encore tôt. Assermentée depuis le 16 décembre 2004, cela fait à peine plus d?un mois que Leela Devi Dookhun-Luchoomun occupe le fauteuil de ministre des Arts et de la Culture. Mais la configuration de son mandat a des allures d?agenda turbo. Chaque minute file plus vite quand on sait qu?elle rendra son tablier d?ici le troisième trimestre, avec l?installation du prochain gouvernement.

Ses premières déclarations, dictées par l?effet de cadeau-surprise de sa nomination ont ciblé la jeunesse. Interrogée quant à ses priorités, Leela Devi Dookhun-Luchoomun a pris soin de préciser qu?elle venait seulement d?arriver, qu?elle va voir comment faire ressortir la culture mauricienne, avant d?affirmer qu?elle entend promouvoir différentes formes d?expressions artistiques auprès des jeunes.

Traduit dans les actes, le ministre des Arts et de la Culture du pays, hôte du récent sommet des Petits États insulaires en développement (PIED), a vu son intervention coupée. Prenant la parole lors d?un forum sur le rôle de la culture en tant qu?élément du développement durable des petits Etats insulaires, le discours du ministre s?est révélé être un enchaînement de généralités servies décennies après décennies lors des ?composite show? et autres collages de styles que le ministère des Arts et de la Culture juge bon de servir dans sa politique du ?tou dimounn on board?. Un temps de parole mal géré qui a dû être interrompu par la modératrice du forum.

Là où elle a eu du nez, c?est le signal envoyé lors de sa visite à l?Aapravasi Ghat. Rangé parmi ses premières fonctions, c?est, nous voulons le croire, signe de l?importance accordée par le nouveau ministre, au patrimoine et à sa sauvegarde.

C?est en tout cas un symbole qui nous fait espérer que Leela Devi Dookhun Luchoomun est plus qu?un pion dans le jeu d?attraction-haine entre les deux partenaires de l?alliance gouvernementale.

A sa nomination, Pravind Jugnauth, le leader du parti auquel appartient le ministre des Arts et de la Culture, le Mouvement Socialiste Militant (MSM) n?avait pas manqué de souligner que sa promotion du rang de ?Private Parliamentary Secretary? à celui de ministre, a fait pencher la balance du cabinet. Avec elle, le MSM compte 13 ministères, contre 12 pour le Mouvement Militant Mauricien (MMM).

Nous voulons aussi croire qu?elle est plus qu?un iota du quota de 30 % de représentation des femmes au Parlement, engagement pris par Maurice auprès de la Southern African Development Commmunity (SADC), qui est loin d?être respecté.

Deux dates doivent servir de grand test. Le 1er février et le 12 mars. S?émancipera-t-elle de la présence tutélaire du Premier ministre, qui a présidé cette semaine deux réunions au sujet des célébrations ? Enverra-t-elle un signal fort aux artistes qui luttent contre le piratage sur le terrain, sans attendre que l?un d?eux soit à nouveau tailladé ? Leela Devi Dookhun-Luchoomun a d?ailleurs promis l?élaboration d?un plan stratégique. En omettant de préciser les délais.

En jouant sur la barrière psychologique des 100 jours, cela laisse jusqu?à fin mars à Leela Devi Dokhun-Luchoomun pour nous montrer sa culture des responsabilités. D?ici là, espérons qu?elle coïncide avec les attentes du secteur.

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