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Les gargotes de l?aéroport

4 septembre 2004, 20:00

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Vue de loin, la structure en béton coiffée de tôles ondulées bleues a l?air sympa. Mais en y regardant de plus près, elle dévoile des détails pas toujours appétissants.

Une odeur de friture et d?ail flotte dans l?air. À midi passé, la gargote située dans l?aire de stationnement de l?aéroport affiche presque complet. Les propriétaires de sept échoppes, dont l?un s?est carrément installé au milieu du bâtiment, s?affairent derrière leur comptoir qui croule sous des mets de toutes sortes.

Des employés de l?aéroport, des policiers entre autres, y défilent tout au long de la journée. Ils y boivent des rasades de thé tiède ou dégustent des faratas préparés sur place sur des cuisinières graisseuses. On peut dire que les consommateurs ne sont pas regardants sur la qualité de la nourriture et les lieux qui ne sont pas un modèle de propreté.

Il y a d?abord le sol, dépourvu de carrelage, encrassé et souillé par des déjections de pigeons. Comme le lieu est un espace ouvert, les volatiles font leur va-et-vient en toute liberté, se disputant les miettes de pains aux moineaux. Pis, les ordures sont jetées dans des poubelles sales, parfois dans de simples boîtes en carton usagées. Mais les mégots, les papiers gras qui jonchent le sol ne dérangent apparemment personne.

Une roulotte archi-utilisée traîne dans un coin comme une épave échouée. Elle n?a visiblement jamais connu de nettoyage à fond. Les chiffons utilisés pour le ménage des tables sont d?une couleur indescriptible. Les réfrigérateurs aux portes vitrées dévoilent un contenu peu ragoûtant.

Et que dire de la préparation des aliments ? Comme il n?y a pas de cuisine, les plats sont préparés sur des fours installés un peu n?importe comment. Une femme vêtue d?un tablier souillé prépare des faratas sur un morceau de formica. Elle trempe un pinceau dans une boîte de conserve rempli d?huile qu?elle étale sur la pâte. Un autre se gratte le menton tout en nettoyant les queues d?ail qui serviront à la préparation des mines frites.

Libre de se server avec les mains

Et les aliments déjà cuisinés ne valent guère mieux. Les beignets sont entassés dans des vitrines aux allures douteuses. Des poudine maïs découpés attendent les clients dans un grand sachet en plastique posé sur un des comptoirs. Libre à chacun de se servir. Avec une fourchette posée dans le sac, ou avec les mains.

Les inspecteurs sanitaires disent être conscients de cette situation et explique les raisons qui les empêchent d?agir. « Ils enfreignent ouvertement la loi. Il n?y a pas de cuisine à proprement parler, donc pas d?extracteur d?air ou d?endroit pour faire la vaisselle. Les lavabos et les W. C sont inexistants. Ce lieu est une honte pour l?aéroport », affirme un inspecteur sanitaire.

Les efforts entrepris pour assainir les lieux ont lamentablement échoué. « Certains commerçants n?hésitent pas à utiliser leurs contacts influents pour échapper aux sanctions. »

Le département sanitaire y a effectué plusieurs inspections, affirme, quant à lui le ministère de la Santé. « Des lacunes ont été notées en ce qui concerne le niveau d?hygiène et des recommandations ont été faites au conseil des districts de Grand-Port-Savanne. » Souhai-tons que des mesures rapides et efficaces soient enfin prises. Il y va de la santé publique?

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