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Les gardiens de l’ossuaire

17 juin 2006, 20:00

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Ce n’est pas un placard rempli de squelettes, mais bien un véritable ossuaire ! Lors d’une conférence de presse au début du mois, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et Rama Sithanen, le ministre des Finances, avaient fait un bel inventaire de tout ce que Maurice compte de corps parapublics bancals et d’organismes gouvernementaux qui défient toutes les logiques de la bonne gestion. Et qui arrivent, en conséquence, à accumuler des dettes pharaoniques.

On attendait donc beaucoup du premier budget Sithanen quant à l’assainissement des finances de l’État et la gestion des organismes publics. Mais avant même que les premiers mots du discours du ministre des Finances ne soient prononcés, le gouvernement avait déjà donné un gage de sa volonté d’agir en annonçant la fermeture de la Development Works Corpo-ration (DWC). L’organisme aux finances et à la gestion exsangues devrait servir d’exemple à toutes les autres institutions gagnées par « la gangrène », avait prévenu Navin Ramgoolam.

Durant le discours du budget, Sithanen abordera le sujet en expliquant la manière dont il va gérer la fermeture de la DWC. Est-ce la méthode qui sera applicable à tout autre contrevenant ? Nous n’en savons rien, Sithanen n’a encore rien dit à ce sujet…

Ce que le ministre des Finances affirme, en revanche, c’est que le garage de la police va être fermé et la maintenance des véhicules du gouvernement externalisée vers les concessionnaires du privé. Mais il verse quelque peu dans le flou en expliquant que certaines externalisations sont « envisageables », à l’exemple de celle des activités de vérification des véhicules par la National Transport Authority.

Ce qui nous amène à dire que les solutions que propose Sithanen paraissent incomplètes. Certes les fermetures et externalisations, certaines ou envisagées, sont un pas dans la bonne direction. La décision de mettre de l’ordre dans le positionnement et la gestion d’organismes publics comme Business Parks of Mauritius Ltd ou la State Investment Corporation (SIC) est indispensable. De fait, les gouvernements successifs ont semblé s’obstiner à nier l’évidence.

Celle qui consiste à savoir que ce n’est pas le rôle de la SIC d’être (un mauvais) propriétaire et gestionnaire de casino. Et que BPML n’est pas censée être une entreprise philanthropique qui loue des espaces commerciaux au rabais, avec pour seul objectif, de remplir un bâtiment à la gloire d’un secteur des technologies de l’information et de la communication encore balbutiant.

Le ministre des Finances réunit peut-être les conditions pour que la situation au sein des organismes publics s’améliore sur le moyen terme. Mais il ne donne pas de solution concrète et immédiate sur la façon dont il compte financer et éponger les dettes des organismes publics qui dépassent allégrement la barre des Rs 4,5 milliards.

Est-ce par peur d’une opinion publique qui finira par croire que Sithanen, outre d’être le ministre des Finances, est aussi le « receiver manager »/liquidateur des organismes parapublics du pays ? Ou de nos syndicalistes qui gardent jalousement l’ossuaire en ce moment ? Le courage économique a un coût politique. Sithanen a été relativement courageux avec son budget. Peut-être qu’il ne souhaite pas trop l’être…

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