Publicité

Les gîtes s?agitent?

4 mai 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Cet adage s?applique aux propriétaires des gîtes. Ils ont vu leur chiffre d?affaire chuter depuis le dernier budget, qui a fait de Maurice une duty free island.

Reddy Augustin, fondateur de l?Association des gîtes et tables d?hôtel en avril 2001, est pessimiste lui quant à l?avenir touristique de Rodrigues. ?La décision de faire de Rodrigues une île hors-taxes avait justement été prise pour attirer la clientèle mauricienne, qui représente la grosse majorité des arrivées dans l?île. Avec les dernières mesures budgétaires, les Mauriciens se désintéresseront de l?île?, estime-t-il.

Ce propriétaire d?un gîte de cinq chambres déplore le fait qu?il n?ait pas eu la moindre réservation pour les dernières vacances de Pâques, considérées comme une saison de pointe. ?J?enregistre une baisse énorme. Avant le budget, je recevais au moins sept réservations en cette période et je devais même refuser des clients. Aujourd?hui, les vols ne sont pas remplis. J?ai perdu au moins 40% de ma clientèle mauricienne?, précise-t-il.

Se tourner vers la Réunion

Pour faire décoller de nouveau le tourisme dans l?île, dit-il, il faudrait se tourner vers la Réunion. ?Mais il faut d?abord une campagne agressive à l?île s?ur. Il ne faut pas oublier que les Réunionnais aiment le shopping et seront maintenant plus tentés de venir à Maurice qu?à Rodrigues?, explique-t-il.

Opérant dans ce secteur depuis 1989, Reddy Augustin arrive à la conclusion que désormais, la clientèle mauricienne n?est plus viable et qu?il faudrait créer de nouveaux attraits touristiques. ?Avec seulement Rs 2 millions allouées pour la promotion du tourisme, on ne pourrait faire grand-chose. Il faudrait au moins encore Rs 2 m pour sauver le pilier de l?économie rodriguaise?, dit-il.

Reddy Augustin propose comme solution un retour à l?agriculture tout en développant d?autres secteurs d?activités. ?L?artisanat, principalement la vannerie, a aussi pris un sérieux contrecoup. Ce sont les Mauriciens qui achetaient des souvenirs de même que le limon, le piment, le miel, le poisson salé et l?ourite sec de l?île?, fait-il ressortir.

Maxy André, président de l?Association des gîtes et propriétaire du gîte Esplanade à Caverne-Provert, pense qu?avec les nouvelles donnes, Maurice et Rodrigues ne sont plus complémentaires comme avant. ?Rodrigues est défavorisé par rapport à Maurice parce qu?il n?y a pas de grands complexes de shopping. Par contre, Maurice investit déjà massivement dans le shopping paradise pour devenir un mini-Dubayy et un mini-Singapour. On vendra Maurice comme une duty free island. Rodrigues a d?autres atouts, dont la tranquillité et sa gastronomie, qu?il faudrait exploiter?.

Le président de l?association propose aussi comme solution de vendre une formule combinée Maurice- Rodrigues. ?Seule, Rodrigues n?a aucune chance. Je me souviens que l?ancien ministre du Tourisme, Nando Bodha, avait proposé un package à d?autres pays car la promotion coûte trop chère?, ajoute-t-il.

Maxy André évalue à 65% la baisse dans les arrivées lors des dernières vacances de Pâques. ?Même si ma clientèle vient principalement de la France et de la Réunion, il y aura un trou. Des touristes de ces pays pourront préférer maintenant Maurice qui offre les mêmes avantages hors-taxes?, avance-t-il.

L?opérateur relève aussi du récent débat sur le tourisme à l?hôtel Cotton la proposition d?une coopération régionale avec le comité touristique de la réunion et la définition de la priorité des priorités pour utiliser à bon escient le budget de Rs 2 millions mis à la disposition de Rodrigues pour sa campagne de promotion. Cependant, il pense que le secteur de l?artisanat sera aussi durement affecté parce que les Réunionnais n?achètent pas trop les souvenirs, ni le piment et autres produits de l?île.

Publicité