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Les faux billets à la loupe
Ça n?arrive pas qu?aux autres. En effet, vous pouvez demain vous retrouver avec un faux billet de banque. Vous, qui n?avez jamais eu des ennuis avec la police, risquez d?être arrêté et poursuivi en justice.
Ce billet peut vous avoir été remis comme argent de change dans un commerce, sur les trottoirs ou encore, en cette période hippique, au Champ-de-Mars? Plié en quatre, il atterrit dans votre porte-monnaie sans soupçon. Vous l?y avez peut-être oublié. Erreur : souvenez-vous qu?on n?arrête ni le progrès ni l?évolution de la technologie.
Aujourd?hui, à l?aide d?un matériel plus que sophistiqué, certains faux-monnayeurs arrivent à fabriquer de faux billets plus vrais que nature. «Il y a des connaisseurs qui savent quels sont les attributs d?un billet authentique et qui arrivent à les reproduire, avance-t-on du côté de la State Bank of Mauritius (SBM). Peut-être pas tous les attributs mais la plupart, rendant ainsi plus difficile la détection de faux billets.»
Deux cas récents ont été rapportés à la police. S?il arrive que les commerçants ne les détectent pas, en général, ils n?échappent pas à la vigilance des banques. Du côté de la SBM, on explique qu?à chaque changement de main, les billets sont vérifiés et contre-vérifiés. «C?est un système bien établi comme il existe dans toutes les banques ou presque.»
Lorsqu?un client vient faire un dépôt au comptoir de la SBM, les billets sont comptés manuellement. Ensuite, un à un, les billets sont passés sous une lampe ultraviolette pour s?assurer de leur authenticité. Tous les caissiers disposent d?une machine de ce genre. Vient ensuite le «parcelling» des billets (les billets sont rassemblés en petits paquets).
Ultime vérification
A la fermeture des caisses, vers 15 heures, un superviseur vérifie chaque «paquet» pour s?assurer que le compte y est de même que l?authenticité. S?ensuit l?empaquetage. Les paquets de billets sont scellés dans des conteneurs en plastique. Des conteneurs qui sont ensuite entreposés dans la chambre forte de la succursale.
S?il arrive qu?il y ait un surplus d?argent dans la succursale, celui-ci est envoyé vers le headquarter de la banque à Port-Louis afin qu?il soit gardé dans la chambre forte. Là encore, les billets sont vérifiés. Une ultime vérification a lieu avant que les billets ne soient distribués aux guichets automatiques. Des guichets fort sensibles. «Il suffit que le billet ne soit pas de la bonne épaisseur ou taille ou qu?il soit trop sale pour que la machine le rejette.» Si les billets comportent des fautes successives, les machines se mettent en panne.
Du côté de la Mauritius Commercial Bank (MCB) et depuis octobre 2007, il n?y a plus de transactions manuelles. Les caisses sont automatisées grâce à des machines dont la MCB a l?exclusivité sur Maurice pour quelques années encore. Elles comptent les billets tout en vérifiant leur authenticité. C?est dire que les caissiers ne font que récupérer l?argent des clients et les machines font le reste.
Les succursales de Port-Louis ? qui compte un tiers des transactions de la MCB ?, Rose-Hill et Curepipe en sont équipées. Un gros investissement certes mais judicieux, compte tenu de l?efficacité de ces machines car «s?il y a quelque chose de suspect, la machine rejette le billet». Petit à petit, toutes les succursales en seront pourvues.
«Hors du circuit officiel»
La SBM ne dispose pas de ce genre de machines mais elle affirme qu?en général et dès la première étape de vérification, les billets contrefaits sont repérés. Mais l?erreur est humaine. Si le caissier oublie de vérifier les billets, remettant cette tâche à plus tard, le deuxième palier de vérification ne manquera pas de le remarquer.
«Cela dépend aussi de la qualité du faux billet, indique une source de la SBM. Ces derniers temps, il y a des billets de très bonne qualité. S?il n?y avait pas autant de vigilance au niveau des banques, ils auraient pu se retrouver dans le circuit bancaire.»
Selon leurs statistiques, la propagation de faux billets dans ce circuit est «presque inexistante» du fait que «les faussaires essayent d?écouler leurs billets hors du circuit officiel». Difficile donc de définir le nombre de faux billets en circulation?
La Banque de Maurice travaille actuellement sur une nouvelle famille de billets. Le lot actuel a été émis en 1998. «Le temps raisonnable pour l?émission d?une famille de billets, c?est entre cinq et dix ans.»
Cela sert de précaution contre la prolifération des faux billets mais pour être efficace, elle doit avoir lieu régulièrement car les imprimeurs officiels ne sont pas les seuls à l?affût des dernières technologies. Les faussaires le sont aussi.
PARLEMENT
Le PM : «La police doit agir judicieusement»
■ Répondant à une interpellation de Rajesh Bhagwan, le Premier ministre (PM) Navin Ramgoolam a rappelé à l?Assemblée nationale, hier, que selon la section 100 (2) du code pénal, toute personne trouvée coupable d?avoir contrefait des billets de banque ou introduit de faux billets à Maurice est passible d?une peine de prison n?excédant pas 30 ans. En vertu de la section 42 du «Bank of Mauritius Act 2004», toute personne trouvée en possession de faux billet est passible d?une amende n?excédant pas Rs 1 million ainsi que d?une peine de prison.
Le PM a souligné que si la police ne prend aucune action, elle peut être taxée de favoritisme et si elle prend des actions, d?en faire trop. C?est pourquoi il a suggéré que la police agisse «judicieusement». Il a aussi insisté sur le fait que les citoyens et les employés de banque doivent être vigilants et, plus particulièrement, en cas de montants importants.
DETECTION
Trucs et astuces
Vous êtes de nature suspecte et vous voulez être certain que le billet de banque que vous tenez entre vos mains est bel et bien un vrai ? Les trucs les plus faciles et les plus visibles à l??il nu sont le toucher, la tête de dodo en filigrane et le fil magnétique. Voici une dizaine d?astuces, répertoriées par la Banque de Maurice sur son site Web :
● Le filigrane à trois dimensions en forme de tête de dodo visible contre la lumière.
● La représentation stylisée d?une conque est imprimée au recto et au verso avec des motifs formant un cercle complet lorsqu?ils sont vus contre la lumière.
● Le fil «à fenêtre» sur lequel on peut lire «Bank of Mauritius». Vu contre la lumière, le fil est continu, vu à plat, il est discontinu.
● L?image cachée : vue à la hauteur des yeux, les lettres BM sont visibles.
● Le texte en miniature : les lettres «BM» deviennent visibles à la loupe.
● Les éléments fluorescents: sous une lumière ultraviolette, les chiffres qui correspondent à la valeur faciale de chaque coupure sont visibles.
● La bande «iridescente» dorée: vue sous la lumière, cette bande est visible. Vue sous d?autres angles, elle disparaît.
● L?encre métallisée argent : bande métallisée argent terne, dans la partie gauche au recto, de haut en bas du billet. Bande métallisée argent terne entourant le chiffre de valeur dans la partie droite du haut au recto.
● La feuille d?argent (billets de Rs 500 et de Rs 1000), deux images différentes de la valeur en chiffres ou des formes géométriques sont visibles sous des angles différents
● Sur le billet de Rs 2 000, un hologramme réunit les images du dodo et de la valeur en chiffres.
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