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Les faiblesses de la formation

4 juin 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN </B>

Nos gouvernants ont l?intention de transformer le pays en un centre du savoir de classe mondiale. Mais, en attendant de réaliser ce rêve, c?est vers l?Afrique, notamment en Ouganda, qu?ils se tournent pour recruter des spécialistes de l?informatique. Car, nous n?avons pas su développer ici l?expertise nécessaire pour accompagner l?expansion de l?industrie des nouvelles technologies. Manifestement, le renforcement des capacités demeure un vain slogan à Maurice.

A tel point que les patrons du secteur privé pensent qu?une mauvaise politique de formation reste un des principaux freins au développement. Il ressort d?une enquête effectuée par l?organisation patronale, la MEF, que 60 % des employeurs jugent que la formation est un problème sérieux auquel le budget devrait accorder une attention spéciale. Seule l?inflation s?avère un souci plus préoccupant pour les employeurs.

«Investment in education, training and skills development is necessary for developing a competent and trained workforce in order to raise productivity and growth and reduce the current mismatch between the demand and supply of skills in the labourmarket», avertissent les analystes de la MEF dans un document rendu public hier. Ils ne croyaient pas si bien dire ! La preuve, c?est que déjà le pays est contraint de se tourner vers l?«université de Makerere en Ouganda pour trouver 300 spécialistes en informatique.

Ce n?est pas dans un proche avenir que les autorités vont résorber le déficit de formation. Newrajlall Burton, président du «National Computer Board» admet, avec candeur, que «débaucher des gens en Afrique est dans la lignée du plan stratégique national 2007-2012 pour le secteur des Tics».

Cette triste réalité est avant tout le résultat de l?échec de la politique de l?enseignement supérieur. Non seulement l?université de Maurice est plombée par sa lourdeur mais le régulateur, la «Tertiary Education Commission», n?a pas su se montrer dynamique et proactive pour répondre aux besoins du marché du travail. Il manque un cadre approprié pour accueillir des institutions étrangères disposées à dispenser chez nous une formation moderne.

En fait, il y a un double problème. D?une part, il existe une inadéquation entre la formation délivrée par le système éducatif et les emplois offerts sur le marché du travail. De l?autre, la capacité d?accueil des établissements de formation professionnelle est trop faible. Le nombre de personnes formées chaque année est en deçà des besoins de l?industrie. Il n?y a pas que les Tics qui souffrent de cette carence. Récemment, les opérateurs déploraient le fait que l?Ecole hôtelière ne peut former que 2 000 jeunes chaque année alors que l?activité hôtelière créera 8 000 emplois par an.

Jean Suzanne, patron d?une entreprise engagée dans le secteur des Tics, avoue à «l?express» que les trente ingénieurs qu?il emploie ne proviennent pas de l?université de Maurice. Il doit le signaler au Premier ministre, dont il est le conseiller. Cela aidera le gouvernement à prendre conscience du problème.

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