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Les exportations de vêtements de Chine explosent
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Les exportations de vêtements de Chine explosent
Les effets de l?abolition des quotas ne se sont pas fait attendre. Dès le premier mois après la libéralisation du marché, les vêtements chinois envahissement les marchés américain et européen.
On s?y attendait mais l?ampleur et la rapidité de la croissance des exportations de vêtements de Chine surprennent et font peur.
Les premières statistiques officielles concernant les exportations de vêtements de la Chine pour le mois de janvier, le premier mois après l?abolition des quotas, peuvent effectivement donner froid dans le dos. Mais l?industrie textile locale minimise les effets de cette soudaine expansion.
Les chiffres démontrent pourtant une croissance de 546 % en moyenne des exportations de vêtements chinois sur le marché américain et de 300 % environ sur le marché européen quand on compare janvier 2004 à janvier 2005. Ces moyennes cachent également des pics de croissance absolument phénoménaux.
Ainsi, dans la catégorie des t-shirts, la croissance des exportations chinoises à la fin de janvier 2005 a été de 1 836 %, comparativement à la période correspondante l?année dernière. La Chine a exporté en janvier 18 millions de t-shirts contre 941 000 seulement en janvier 2004.
Dans la filière des pantalons, la croissance est tout aussi impressionnante. La Chine a exporté 27 millions de pantalons en coton ce janvier, contre 1,9 millions seulement en janvier 2004. La hausse est de 1 332 %. ?On s?y attendait, mais c?est arrivé plus vite que prévu?, commente Maurice Vigier de la Tour, dirigeant de la Mauritius-US Business Association.
<B>Impact sur l?industrie locale minimisé</B>
A Maurice, les industriels et observateurs se disent impressionnés par le phénomène. Mais ils en minimisent l?impact sur l?industrie locale.
Pourtant, les statistiques démontrent que les exportations de Maurice vers le marché américain ne cessent de décliner année après année. En 2004, les exportations de vêtements ont diminué de 16,3 % en valeur et de 15,9 % en volume.
Ceci est surtout attribuable au départ des entreprises hongkongaises, expliquent les industriels. Ils affirment aussi que le marché américain représente une part réduite ? autour de 20 % ? du chiffre d?affaires des entreprises de textile mauriciennes. Seules des entreprises comme Textile Industries ? à capitaux hongkongais ? se concentrent à 100 % sur le marché américain. Textile Industries exploite les short supply fabrics, tissus rares, même aux USA. Elle n?est donc pas menacée par la Chine.
La relative sérénité des industriels locaux face à la montée en puissance de la Chine est liée au fait que cette croissance ne concerne pas les catégories de produits qui sont confectionnés à Maurice.
Pratiquement, seul le t-shirt est concerné. Mais ceux qui sont engagés dans cette production ne sont pas inquiets. Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear et, depuis la semaine dernière, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza), estime que ce sont surtout des pays comme l?Inde et le Bangladesh qui sont les plus affectés (voir interview en p12). François Eynaud, directeur de Tropic Knits, ajoute la Turquie à cette liste.
A Maurice, les producteurs de t-shirts disent qu?ils ne sont pas affectés. ?Je n?ai perdu aucune commande au profit de la Chine?, rassure François Eynaud.
Ahmed Parkar fait ressortir que le t-shirt est la filière qui marche le mieux localement. La production a connu une croissance moyenne annuelle de 10 à 15 % ces dernières années.
Il ajoute que Maurice arrive à faire la différence grâce notamment à des délais de livraison plus courts que ceux des entreprises de Chine.
Par ailleurs, François Eynaud relativise aussi les chiffres publiés. D?une part, de nombreux exportateurs de Chine ont reporté à janvier l?envoi des marchandises pour bénéficier de l?abolition des quotas en janvier. Il se pourrait donc qu?il y ait eu une accumulation exceptionnelle, estime-t-il.
François Eynaud souligne également que les chiffres sont surtout repris par des groupes de pression de l?industrie textile américaine. ?Il peut y avoir une exagération pour noircir le tableau?, dit-il. Ces groupes de pression disent, eux, qu?ils ont obtenu leurs chiffres des douanes chinoises.
Toujours est-il que même à Maurice on ressent l?expansion de l?industrie d?exportation de Chine, et pas seulement dans le textile-habillement. En 2004, La Chine est devenue le deuxième plus important fournisseur du pays. Les importations qui en proviennent sont passées de Rs 5,5 milliards en 2003 à Rs 7 milliards l?année dernière. Ce qui représente une hausse de 27 %.
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