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Les exportations butent sur les barrières non tarifaires

8 mai 2006, 00:00

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Les exportations des industriels locaux vers la région reculent. Une enquête de conjoncture sur les activités des membres de l?Association of Mauritian Manufacturers (AMM) démontre que les barrières non tarifaires et la contrebande dans certains pays africains pénalisent les exportateurs mauriciens. Plusieurs opérateurs de l?industrie domestique exploitent également des marchés de la région pour assurer la croissance de leur business.

Toutefois, tout n?est pas aussi rose hors de nos côtes. L?enquête commandée par l?AMM et réalisée par Pluriconseil couvre le premier trimestre 2006. Elle révèle que la tendance à la baisse a pris forme depuis octobre de l?an dernier (le sondage précédent couvrait la période d?octobre à décembre 2005).

La baisse dans les activités touche à la fois les biens intermédiaires (bois, papier, plastique, caoutchouc, métallurgie, produits minéraux, composants électriques et électroniques, produits chimiques?) et les biens de consommation (vêtements, alimentation, boissons, imprimerie et emballage, bijoux, équipements ménagers, cigarettes?)

Les producteurs mauriciens souffrent essentiellement des problèmes au niveau des barrières non tarifaires au Kenya, une des plus grandes destinations de leurs produits sur le continent. Il est très coûteux d?obtenir les certificats de la douane kenyane pour attester que les produits importés respectent les normes locales. Selon l?enquête, des opérateurs doivent débourser jusqu?à Rs 40 000 par conteneur pour effectuer les analyses requises par ces standard.

Les règles d?origine du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa) posent aussi problème en raison de certaines rigidités. Elles stipulent qu?un produit fabriqué dans un pays membre doit comporter une valeur ajoutée de 35 % au minimum pour bénéficier de l?accès préférentiel dans les pays du Comesa. Or, certaines marchandises, dont l?huile comestible, parviennent difficilement à respecter ce seuil.

Les exportateurs se disent victimes d?une concurrence déloyale dans des pays de la région. Des produits provenant d?autres pays entrent frauduleusement dans ces marchés ou sont sous-facturés à la douane. Les exportations baissent aussi en raison de la compétition de plus en plus féroce sur les prix. Des opérateurs mauriciens, notamment ceux impliqués dans l?alimentation, se gardent d?augmenter les prix de vente même lorsque les coûts de production deviennent plus élevés. Les entrepreneurs sont contraints d?absorber les majorations dans les intrants, provoquées par un ensemble de facteurs dont la hausse du prix du pétrole, du fret et la dépréciation de la roupie.

Les fabricants de beurre, de margarine et de glace se battent sur des marchés qui sont très sensibles aux prix en raison de la grande variété des substituts disponibles. La concurrence va encore s?accentuer avec l?avènement de la zone de libre-échange au sein de la Southern African Development Community (Sadc) en 2008. Les produits sud-africains sont les plus susceptibles de déstabiliser les fabricants mauriciens.

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