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Les exportateurs mauriciens face à l?arnaque en Afrique

21 mars 2007, 20:00

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Des arnaqueurs sont à l??uvre dans les pays africains et utilisent plusieurs astuces pour subtiliser de l?argent aux fournisseurs étrangers, dont ceux de Maurice. Des opérateurs mauriciens avisés ont découvert le pot aux roses. Ils veulent mettre en garde leurs confrères contre ces dangers. La Chambre de commerce et d?industrie de l?île Maurice (CCIM) appelle à la vigilance.

Aslam Kathrada, directeur de Nak Enterprises, une société du port franc, est de ceux qui ont vécu une tentative de tromperie. Il nous raconte le modus operandi de son partenaire imposteur.

Nak Enterprises est approché par un ?importateur? du Bénin qui veut acheter quatre conteneurs de sardines en boîte. L?entreprise mauricienne accepte le marché et chiffre la commande à $119 000 (environ Rs 6,6 millions).

Le contact béninois se présente comme un certain Robert Agwu. Son entreprise se nomme la Société AMES SARL dont le siège se trouve à Cotonou.

La société mauricienne envoie la facture pour la cargaison. Le correspondant promet d?effectuer le paiement dans les 72 heures qui suivent. Entre-temps, Nak Enterprises expédie un échantillon du produit à la demande de l?importateur.

Dans une correspondance au fournisseur mauricien, la Société AMES SARL confirme que la qualité du produit répond à ses attentes. Cependant, l?importateur affirme que sa banque exige un certificat de l?autorité de la santé alimentaire béninoise, qui est présentée comme la Benin Food & Drugs Administration Control Authority (BFDCA), avant d?effectuer le paiement en faveur de Nak Enterprises.

C?est là qu?intervient la tromperie. Pour obtenir ce certificat, il faut débourser un frais d?enregistrement de 1 950 euros (environ Rs 89 000) en faveur de l?organisme de la santé.

L?entreprise béninoise communique les détails de l?institution à son correspondant mauricien et demande que l?argent soit versé sur le compte d?un certain Udo Michael Chigoziri.

Selon Aslam Kathrada, c?est le seul personnage qui n?est pas fictif dans toute l?histoire. ?Udo Michael Chigoziri, lui, existe bel et bien puisqu?il est le bénéficiaire de l?argent. Tout le reste est fictif, y compris le nom de la supposée compagnie béninoise et l?autorité de santé du pays. Il y a une seule personne qui opère sous plusieurs identités et à travers des adresses électroniques différentes pour faire croire à ses correspondants qu?ils sont en train de traiter avec des personnes différentes dépendant de l?étape de l?opération?.

Commandes alléchantes

Une fois que l?argent est transféré, le récipiendaire disparaît dans la nature. Notre interlocuteur indique que dès les premiers échanges de correspondances il s?est rendu compte que l?affaire sentait le brûlé. Mais qu?il a néanmoins voulu ?jouer le jeu pour connaître les dessous de l?affaire?.

?Les sommes escroquées ne sont certes pas énormes pour les grosses entreprises, mais c?est suffisant pour démotiver les petits entrepreneurs qui commencent à explorer les marchés africains?, estime-t-il. Le piège vise surtout les novices dans l?import-export.

La tentation est grande puisque les arnaqueurs passent des commandes alléchantes. Ceux-ci utilisent des interfaces reconnues pour se faire passer comme des businessmen sérieux auprès des exportateurs mauriciens. ?Le client du Bénin m?a été suggéré par le Board of Investment. On peut facilement se faire avoir, vu la ruse utilisée?, souligne Aslam Kathrada qui n?est d?ailleurs pas à sa première surprise. Sa société a été approchée par une autre ?entreprise? du Bénin pour une commande de serviettes d?une valeur de $2 millions (environ Rs 66 millions) pour le compte du ministère des Sports du Cameroun.

Contactée par l?express, la CCIM dit être au courant des risques de tricherie auxquels sont exposés les opérateurs mauriciens dans les échanges en Afrique. ?Il faut toujours être perspicace en traitant avec des étrangers. Les opérateurs peuvent toujours prendre contact avec nous pour vérifier l?existence des sociétés avec qui ils veulent faire du business. Nous pouvons demander des informations auprès de nos homologues étrangers. Nous recevons aussi des requêtes d?entreprises étrangères qui veulent savoir plus sur leurs éventuels partenaires mauriciens?, indique un porte-parole de la CCIM.

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