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Les entreprises manufacturières se sentent négligées par le gouvernement
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Les entreprises manufacturières se sentent négligées par le gouvernement
«Nous avons besoin d?un cadre de concertation public-privé », affirme Patrick Rivalland, président de l?Association des manufacturiers mauriciens (AMM) à l?occasion de leur 13e assemblée générale, hier, au Labourdonnais Waterfront Hotel. Ce dernier a d?ailleurs été réélu après validation de son rapport d?activités, du budget prévisionnel, et des principaux objectifs de l?association pour le prochain mandat.
Cette assemblée s?est déroulée en présence du ministre du Commerce et de l?Industrie, Rajesh Jeetah, qui a clairement affiché la volonté du gouvernement d?accompagner les entreprises manufacturières, en mettant un accent particulier sur les critères de créativité, d?innovation et de compétitivité.
Patrick Rivalland a mis en exergue la contribution des industries manufacturières locales dans l?économie nationale.
Le nombre d?emplois directs dans les industries manufacturières hors zone franche est évalué à 54 000 personnes, soit 10,4 % des emplois du pays. Rs 2,6 milliards ont été investies en 2007 dans ce secteur d?activité, qui se positionne comme le second secteur pourvoyeur de ressources pour l?économie, derrière la zone franche.
Les membres de l?AMM ont fait part de leur perception du regard des autorités à l?égard de leur secteur d?activité. «Malheureusement, malgré ces impressionnants résultats, nous avons la perception, aujourd?hui, que les autorités voient ce secteur comme un secteur sans lendemain, et focalisent leur attention sur d?autres secteurs tels que le tourisme, les Integrated Resorts Scheme, les technologies de l?information et de la communication, etc., déplore Patrick Rivalland. Cette perception se justifie par le fait que nos multiples requêtes pour, au moins, être traités de la même manière que les autres, sont restées sans suite depuis plusieurs années », insiste-t-il.
Se référant à la perception que les membres de l?AMM affirment avoir de la manière dont ils sont traités, Rajesh Jeetah rappelle que le gouvernement ne néglige aucun secteur. Mais il précise que Maurice évolue dans de grands ensembles régionaux tels que la SADC, le COMESA, etc., dont l?appartenance impose une certaine ouverture du marché local. Et vu la petitesse de notre marché, les entreprises mauriciennes doivent prioritairement exporter leurs produits.
Mais si cette situation présente des contraintes, elle offre également d?énormes opportunités. Pour faire face à cette transition, le ministre propose aux entreprises de revoir leurs procédures et de réorienter leurs stratégies vers la conquête de nouveaux marchés.
Meilleure cohésion</B>
En ce qui concerne la fixation des prix, le ministre a déclaré que le contrôle des prix n?est pas le rôle du gouvernement. Ce rôle serait plutôt dévolu à la Commission sur la concurrence, qui sera bientôt opérationnelle. Il précise que d?éventuelles actions sur les prix des produits de première nécessité pourraient parfois s?imposer. «Nous devons laisser agir les forces du marché.»
Abondant dans le sens de la proposition de Patrick Rivalland, le ministre a reconnu la nécessité d?un cadre de concertation périodique entre le gouvernement et les acteurs du secteur privé afin d?échanger les points de vue pour une meilleure cohésion.
L?AMM a souhaité que le gouvernement se penche prioritairement sur la mise en place d?un environnement équitable d?actions mettant toutes les entreprises locales sur un pied d?égalité, la mise en ?uvre d?une loi anti-dumping, la révision des législations pénalisantes pour la production locale, mais favorables aux exportations.
Le ministre a annoncé la création du Business Council Award, pour distinguer les meilleures entreprises, la réorganisation des stratégies d?actions d?Entreprise Mauritius pour un meilleur impact des actions de cette institution sur les bénéficiaires. Ces stratégies aideront les entreprises manufacturières à travers l?exploration des opportunités de nouveaux marchés, la conduite d?études de marché dans la SADC et le COMESA, la communication dans les médias sur les opportunités existantes.
Les critères d?appui d?Enterprise Mauritius seront entièrement revus, surtout en ce qui concerne l?Enterprise Development Fund pour favoriser l?accès des petites entreprises à ce fonds.
<B>Fidèle HONVOU</B>
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