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Les députés palestiniens n?ont pas tranché le conflit Arafat-Abbas
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Les députés palestiniens n?ont pas tranché le conflit Arafat-Abbas
Le premier ministre palestinien, qui a demandé aux députés de trancher son conflit avec Yasser Arafat sans solliciter de vote de confiance, a réaffirmé qu?il restait engagé par la «feuille de route», mais a rejeté toute action violente contre les groupes radicaux palestiniens. Quant au débat sur la crise Arafat-Abbas, il devrait se dérouler samedi, lors d?une session à huis clos du Parlement.
La crise subsistait, jeudi 4 septembre, entre le président palestinien, Yasser Arafat, et son premier ministre, Mahmoud Abbas, après le discours de celui-ci devant le Conseil législatif palestinien (CLP), et le processus de négociations avec Israël restait dans une impasse, sans perspective d?en sortir dans l?immédiat. La session du Parlement au cours de laquelle M. Abbas a présenté le bilan de l?action de son gouvernement depuis son arrivée au pouvoir, le 30 avril, n?a pas donné lieu au grand déballage et à la grande explication que certains attendaient.
Comme cela était attendu, Mahmoud Abbas a demandé aux députés palestiniens de trancher son conflit avec Yasser Arafat, dont des partisans ont manifesté contre le premier ministre à Gaza et en Cisjordanie. «Soit vous m?apportez un soutien important pour que j?accomplisse mon mandat, soit vous me démettez», a déclaré le chef du gouvernement palestinien, engagé dans un bras de fer avec le président de l?Autorité autonome pour le contrôle de toutes les forces de sécurité.
Face à un Parlement dominé par les partisans de M. Arafat, le premier chef de gouvernement de l?histoire de l?Autorité palestinienne s?est abstenu toutefois de solliciter un vote de confiance et a opté pour la prudence et l?apaisement. Tout en admettant l?existence de «problèmes» avec M. Arafat, attribués aux «relations administratives entre le gouvernement et la présidence», M. Abbas s?est borné à souhaiter qu?ils soient réglés et a aussi souligné avec force la prééminence de M. Arafat sur le plan constitutionnel, le qualifiant de «président légitime» et de «leader historique» du peuple palestinien. Il a également bien pris soin d?appeler, une fois de plus, les Etats-Unis à revenir sur leur politique de boycottage de M. Arafat, calquée sur celle d?Israël.
DÉBAT AUJOURD?HUI À HUIS CLOS
Bien que plusieurs députés - 18 élus sur un total de 85 - aient déposé une motion de défiance à l?encontre de M. Abbas, il était certain qu?aucun vote n?aurait lieu dans l?immédiat. Celle-ci «passera par les voies légales», a indiqué le président du Parlement, Ahmed Qoreï. En fait, le débat sur la crise Arafat-Abbas devrait se dérouler samedi, lors d?une session à huis clos du Parlement. Les députés ont effet décidé à la majorité de se réunir ce jour-là pour entendre un compte-rendu détaillé de M. Abbas sur ses problèmes avec le raïs, qui entend rester le patron.
Yasser Arafat peut-il se passer de Mahmoud Abbas ? Selon plusieurs observateurs, les deux hommes semblent condamnés à coexister, et donc à trouver un compromis, bien qu?il soit difficile d?en discerner les contours. Se débarrasser d?un premier ministre soutenu par les Etats-Unis constituerait une opération politiquement très risquée pour M. Arafat, lui-même assis sur un siège éjectable, puisque son expulsion est de nouveau à l?ordre du jour au sein du gouvernement israélien, comme le ministre de la défense, Shaul Mofaz, l?a publiquement affirmé cette semaine. «Arafat et Abou Mazen [M. Abbas] dépendent toujours l?un de l?autre comme des frères siamois», résumait jeudi le quotidien israélien Maariv dans un éditorial.
Un départ de M. Abbas constituerait en tout cas le coup de grâce pour la «feuille de route», le plan de paix international lancé en grande pompe par le président George W. Bush le 4 juin à Akaba (Jordanie), mais qui semble déjà moribond, au point que M. Arafat l?a déclaré «mort».
Devant le CLP, M. Abbas a réaffirmé qu?il restait engagé par ce plan, imputant l?impasse au gouvernement israélien d?Ariel Sharon et même aux Etats-Unis, qui, a-t-il dit, «n?ont malheureusement pas déployé suffisamment d?efforts envers Israël pour qu?il cesse ses provocations durant la période de calme» ayant suivi la proclamation, fin juin, par les groupes palestiniens d?une trêve de leurs attentats. M. Abbas a mentionné «les assassinats» d?activistes palestiniens lors de raids israéliens et «le mur raciste», en allusion à une ligne de sécurité qu?Israël construit pour se protéger de kamikazes venant de Cisjordanie.
Une accusation rejetée par Israël pour qui c?est un attentat-suicide palestinien sanglant, le 19 août à Jérusalem, qui a sonné le glas de cette trêve factice. Mais pour l?Etat hébreu, le plus important dans le discours de M. Abbas a sans doute été la réaffirmation de son refus de recourir à la force pour démanteler les branches militaires du Hamas et du Djihad islamique, comme la «feuille de route» lui en fait pourtant obligation. «Nous ne traitons pas l?opposition par des méthodes policières, mais par le dialogue», a affirmé M. Abbas.
Dans son discours, M. Abbas a toutefois assuré qu?il chercherait à rétablir le calme et un climat favorable à la mise en ?uvre de la «feuille de route» pour la paix. «Nous réaffirmons que nous poursuivrons nos efforts pour rétablir le calme dans l?optique de la reprise de la voie politique», a assuré M. Abbas, qui a annoncé que Saëb Erakat, un proche de M. Arafat, allait à nouveau mener les négociations avec Israël. Il a enfin estimé que pour relancer les espoirs de paix, les parties prenantes du Quartet (Etats-Unis, Nations unies, Russie et Union européenne) devaient redoubler d?efforts dans l?optique d?un sauvetage de la «feuille de route».
© 2003 Le Monde News Service
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