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Les délaissés d?une cité sans lumière
Douloureux paradoxe que celui de vivre dans l?obscurité quand on habite? cité La Lumière. C?est pourtant le quotidien d?Hilaire Frédéric. Celui-ci ne fait pas de jeu de mots. Ce n?est pas son genre. Depuis le passage du cyclone Hennie, sa femme et leurs sept enfants ont trouvé refuge au Centre social de Grand-Baie.
« Mo lakaz sek andan . Me lakoz dilo ki finn akimile, mo pa kapav rentre sorti. » Une visite sur le site situé à proximité du centre de conférences de Grand-Baie confirme les dires d?Hilaire. Là-bas, point d?eau courante ni d?électricité. Pis encore, les 70 résidents de cette localité sont pour la plupart des squatters.
Et les problèmes sont légion : la cité La Lumière, constituées de maisonnettes en tôle et en bois, a été aménagée sur un terrain marécageux. Dès qu?il pleut, le niveau de l?eau monte. Et comme les maisonnettes n?ont pas de soubassement solide, l?eau entre. Faute de système d?évacuation, l?eau s?accumule, et les moustiques foisonnent.
La plupart de ces masures sont reliées entre elles par des passages de fortune composés de matériaux aussi hétéroclites que des morceaux de grillage récupérés sur des chantiers, ou encore des structures en bois recouvertes de morceaux de tôle. Là où ces passerelles de fortune n?existent pas, les résidents utilisent la structure rectangulaire de vieux réfrigérateurs en guise d?embarcation. Et au moindre faux mouvement, les occupants de la barque se retrouvent à coup sûr dans une eau aussi nauséabonde et verdâtre.
Les autorités ne sont pas restées insensibles aux problèmes d?inondation dans cette région. « Nous procéderons au nettoyage des drains existants et nous pomperons l?eau accumulée », a indiqué Rajesh Bhagwan, le ministre de l?Environnement. Il répondait à une question parlementaire. « La National Development Unit (NDU) travaille déjà à l?élaboration d?un plan pour trouver une solution à long terme à ces problèmes d?inondations. Cette situation est le résultat de l?octroi de permis de construction dans des endroits marécageux. Les plans concernant Camp-Carol ont déjà été élaborés. Il n?a jamais pu être mis en application en raison de la présence de squatters sur ce site. Dès que ces derniers seront déplacés, les travaux démarreront. Ils coûteront Rs 25 millions. Deux sites on été repérés à Sottise, Grand-Baie pour reloger ces squatters. »
Mais entre-temps, Hilaire doit se contenter d?une place au Centre social de Grand-Baie aux côtés de onze autres familles qui manquent de tout : matelas, nourriture, facilités pour préparer les repas. Elles partagent un seul four à gaz. « On aurait tort de croire qu?à Grand-Baie, il n?y a que des gens riches. La misère existe également, loin des palaces, et nous ne pouvons pas rester indifférents à cette souffrance », explique Mala Chetty animatrice de Grand Bay Watch.
Un appel qui, on l?espère, ne restera pas sans écho?
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