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Les défis de Nirvan Veerasamy
Le successeur de Megh Pillay à la tête d?Air Mauritius devra faire face, dès lundi, à des défis et sera jugé sur sa capacité à les relever.
Homme discret, Nirvan Veerasamy n?était jusqu?ici connu que des familiers des milieux aéronautiques. Après des études en gestion du transport aérien en Grande-Bretagne, il travaille chez Airbus Industries, où il est responsable des ventes pour l?Asie du Sud-Est. De retour à Maurice en 1993, il fonde une société, Aero Services, chargée du montage financier lié à l?achat, la vente ou la location d?avions. Il fonde ensuite Airline Partners pour agir comme agent de LTU et Air Sahara et crée General Aviation Mauritius, pour la location d?avions.
Les proches du nouvel homme fort d?Air Mauritius le décrivent comme « une force tranquille », celui qui agit fermement, mais dans la discrétion. Tous soulignent qu?il doit sa réussite professionnelle à son flair et à la rigueur de sa gestion et se disent persuadés qu?il arrivera à deliver the goods.
Megh Pillay laisse derrière lui une société aérienne florissante, mais à l?avenir incertain, si certains défis ne sont pas rapidement relevés. D?abord, le prix du carburant (Jet-A1) qui ne cesse de grimper. Ne pouvant intervenir sur cette composante essentielle de ses coûts d?opération, Air Mauritius a choisi, comme presque tous les transporteurs aériens, d?imposer une surtaxe-carburant, qui se veut temporaire, sur le prix du billet.
Autre dossier important à gérer pour Nirvan Veerasamy : l?ouverture prochaine de l?accès aérien et la fronde des hôteliers, qui accusent Air Mauritius de pratiquer des tarifs élevés au détriment de la destination. Il devra savoir gérer cette arrivée de concurrents tout en maîtrisant ses coûts d?opération.
La question de renouvellement de la flotte d?Air Mauritius sera également un dossier important à gérer au cours des prochains mois. En effet, les Airbus A-340 et A 319 devront être remplacés dans les cinq prochaines années et, là encore, la bataille sera rude entre Boeing et Airbus.
Les conditions d?emploi du personnel d?Air Mauritius sont régies par des accords avec les différentes catégories d?employés ? accords qui arrivent à terme sous peu. Rappelons que les pilotes, tant étrangers que locaux, viennent de déclarer litige sur leurs conditions d?emploi. Des études internes menées ces dernières années ont souligné « la fierté du personnel » à travailler pour Air Mauritius. Cependant, la décision de la compagnie de recourir de plus en plus à du personnel navigant commercial sous contrat fait grincer des dents.
Dès demain matin, après avoir fait un rapide tour du Paille-en-Queue Court et salué ses collaborateurs, Nirvan Veerasamy devra s?atteler à ces dossiers urgents. L?obligation de résultats est le seul critère justifiant leur nomination, avait rappelé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, peu après les élections.
Airbus A 340-300E : débat sur le « timing »
L?achat de l?Airbus A 340-300E a dominé les échanges lors de l?Assemblée générale des actionnaires d?Air Mauritius, vendredi. Le conseil d?administration de la compagnie aérienne a expliqué les motivations techniques, financières et commerciales de ce choix, même si certains actionnaires ont tenté de lier le moment de l?annonce de la commande ferme avec la période électorale. Si les commandes avaient été retardées, a expliqué Megh Pillay, les avions n?auraient été livrés qu?en 2008. Pillay a également souligné que d?autres avions, des A 350 ou des Boeing 787, seront acquis pour remplacer les Airbus actuellement utilisés. Ceux-ci arrivent à la fin de leur période d?exploitation, dans trois ans.
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