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Les débuts politiques de Navin Ramgoolam
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Les débuts politiques de Navin Ramgoolam
Les détracteurs de Navin Ramgoolam allèguent volontiers que, sur son lit de mort, son père et celui de notre nation, exhortait prétendument des confidents auto-proclamés en leur demandant de veiller à ce qu?après sa mort son fils ne s?engage pas dans la politique active. Seewoosagur Ramgoolam n?a pas la possibilité, en dépit de ses multiples charismes même posthumes, de faire la moindre mise au point à ce sujet. Un article de l?express de la mi-janvier 1981, faisant état de la possibilité que le fils, Navin, mette ses pas dans ceux politiques de son père, Seewoosagur, prend à contre-pied ceux soutenant la thèse que papa Ramgoolam était hostile à toute prétention ou vocation politique de la part de son fiston. Voici ce que contient cet article intitulé : ?Le Dr Nuvin Ramgoolam sur les traces de son père?. Il fait état de la possibilité que ledit Navin fasse son entrée dans l?arène politique à l?occasion des prochaines législatives. L?article précise que Navin accompagne Seewoosagur dans plusieurs réunions publiques. Et l?on sait que ce dernier passait ses week-ends, qu?on soit ou non en pleine campagne électorale, à sillonner l?île, répondant à la plupart des invitations qui lui étaient faites et rencontrant ainsi le maximum de personnes et d?électeurs potentiels, conquis par sa bonhomie et son amabilité coutumières. Sa défaite retentissante peut être attribuée à nombre de facteurs mais certainement pas au fait qu?il n?occupait pas chaque pouce de terrain et pas seulement dans sa circonscription, n° 5.
L?article indique qu?il est possible que Navin brigue les suffrages de la circonscription n° 13 de Souillac-Rivière-des-Anguilles, une région où sa mère possédait des terres plantées en cannes à sucre. Il est question que son colistier soit M. B. Teeroovengadum. Il ne semble pas que ce dernier ait finalement obtenu le ticket travailliste ainsi annoncé. Il fera certes acte de candidature mais en tant qu?indépendant et obtiendra, le 11 juin 1982, 514 voix, soit 2,45 % des voix exprimées, faisant mieux que les trois candidats du PMSD (Roheeman, Bholah et Vencatapillay : 309 à 403 voix) mais moins bien que les trois du P.A.N., PTr compris (Mootien Pillay, Moorba et Woodun? 4 776 à 5 200 voix et 22.76 à 25.30% des suffrages). Les trois élus de l?alliance MMM-PSM sont connus de Navin Ramgoolam car ils sont :- Harish Boodhoo, ancien candidat travailliste en 1991 (16 204 voix et 77,23 % des suffrages et meilleur score après les 78.30% d?Anerood Jugnauth au n° 7 mais mieux que les 73.67 % d?Osman Gendoo au No 3 et des 73.39 % d?un certain Dharam Gokhool au n° 7), Vishnu Lutchmeenaraidoo, ancien candidat travailliste de 1991 (15 366 voix et 73.24 %) et Swalay Kasenally, frère de notre ministre des Services publics (14 802 voix et 70.55%).
L?article fait état des appréhensions de Seewoosagur Ramgoolam. Ce dernier s?irrite quand ses ministres et ses back-benchers l?invitent à tenir des élections anticipées. ?Ki zotte pressé. Zotte lé gagne batté avant l?hère ?? leur répond-il. Il s?insurge contre ceux qui braconnent d?autres circonscriptions que la leur, en supposant que l?herbe sera plus verte pour eux le jour du scrutin. Un vent de changement souffle alors sur le pays après deux décennies de règne travailliste, sinon ramgoolamien. Cela n?empêche pas pléthore de prétendants à prospecter les différentes circonscriptions, surtout rurales ou semi-urbaines, dans l?espoir de figurer sur la liste définitive des candidats rouges. Ils savent mieux que personne que ces fameux tickets électoraux seront distribués sur une base ethnique scientifiquement éprouvée.
Ce vent de changement n?épargne pas le MMM en tout cas car Navin et papa Seewoosagur doivent partager la une, du 17 janvier 1981, avec les ténors mauves dont Anerood Jugnauth et Paul Bérenger, tout souriants en compagnie de l?ambassadeur états-unien Samuel Gammon et Curtis W. Kamman du ministère américain des Affaires étrangères. Le titre de l?article est particulièrement significatif : ?Le MMM avoue être séduit par Curtis Kamman?. Ce dernier courtise le parti des Mauves (et des anti-impérialistes, en principe) en lui fournissant ?une masse d?informations sur Diego Garcia? et en lui promettant (Bérenger dixit) qu?il n?y aura pas de réaction yankee négative en cas de victoire électorale du MMM (et donc de défaite des Ramgoolam, père et fils).
Le MMM se déclare ?agréablement surpris? par les informations données sur les travaux en cours à Diego Garcia. Ceux, qui excellent dans le décodage des expressions bérengéristes, savent que nous sommes là au seuil de l?euphorie universelle. Le MMM semble se réjouir que les travaux états-uniens menés à Diego Garcia pourraient être une aide précieuse à l?économie mauricienne. Il s?agit pourtant de l?extension de cette base militaire et peut-être même de sa nucléarisation. Pour moins que cela, un Gaëtan Duval a été voué aux gémonies par le politburo. Paul Bérenger confirme certes l?existence de divergences entre son parti et les Etats-Unis au sujet des Chagos. Elles ne semblent pas peser lourd comparées au possible apport des travaux en cours à l?économie mauricienne. Le MMM profite de l?occasion pour affirmer qu?il n?est pas plus pro-soviétique qu?il n?est pro-américain. Avec son insolence habituelle, l?express fait dire à Bérenger, en guise de légende à un cliché le montrant en train de téléphoner en compagnie d?Anerood Jugnauth et de Curtis Kamman : ?Allo ! Moscou, ici le camarade Bérenger. Je suis avec le camarade Kamman. Tout ce que vous nous avez raconté au sujet de Diego Garcia n?est que balivernes !?
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