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Les différentes manières de lire le monde
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Les différentes manières de lire le monde
Le monde n?est plus linéaire. La création l?est encore moins selon les nouvelles dynamiques de la cyberculture.
C?est un nouvel espace. C?est de nouvelles vitesses. Le rapport au savoir a changé avec la cyberculture. C?est le temps de l?acquisition de ce savoir et, de manière plus générale, le rythme des échanges qui se sont métamorphosés. Il y a ainsi d?autres champs d?interaction. C?est une caractéristique essentielle de la virtualisation. Les notions de spatialité et de temps ne se déclinent plus comme une étendue rigide. Il y a une démultiplication et une explosion des possibilités. C?est ainsi que la cyberculture invente de nouveaux modes de vie.
L?outil indispensable pour man?uvrer habilement dans ce nouvel espace est la recherche. Le champs de la connaissance est partout sur le réseau et nulle part à la fois. Sans une maîtrise des techniques de recherche le web reste une toile d?araignée qui sert à faire gagner des sous à des moteurs de recherche et aux aventuriers de la machine fictionnelle. Le produit est vendu selon les règles des hypermarchés. La promotion concerne un produit et l?achat s?étend à d?autres produits parce qu?on résiste mal à la séduction qu?exerce l?offre des étagères. Sur l?océan du réseau également, il y a une tentative continue à provoquer le naufrage de l?internaute. Il importe donc de savoir exactement ce qu?on cherche. Développer ce réflexe implique une maîtrise préalable de son sujet.
?La page Web est un élément, une partie du corpus insaisissable de l?ensemble des documents du World Wide Web. Mais par les liens qu?elle lance vers le reste du réseau, par les carrefours ou les bifurcations qu?elle propose, elle constitue aussi une sélection organisatrice, un agent structurant, un filtrage de ce corpus. Chaque élément de cette pelote incirconscriptible est à la fois un paquet d?information et un instrument de navigation, une partie du stock et un point de vue original sur le dit stock. Sur une face, la page web forme la gouttelette d?un tout fuyant, sur l?autre face, elle propose un filtre singulier de l?océan d?information?, explique, à cet effet, Pierre Lévy, professeur à l?université Paris-8 St Denis. Développer le sens de la sélection devient dans ce contexte un impératif. Le navigateur est, en ce sens, maître de son univers, maître de son choix, consacrant à son point ultime le principe du libre arbitre.
Cependant, il ne s?agit plus de cette forme de libre arbitre qui se définit selon les règles religieuses. Celles qui énoncent une liberté surveillée. Celles qui consacrent la liberté de l?homme dans l?emprisonnement à dieu. C?est la dimension philosophique de la grande toile. Face à son infini, la parole coercitive de dieu subit un dérèglement qui met à mal les croyances anciennes. L?internaute est un être anonyme. Sur la grande toile, il évacue ses fantasmes et ses pulsions. Il n?est plus redevable à la société telle que la notion de responsabilité sociale se définissait selon les paramètres classiques.
C?est en cela qu?il y a une tentative désespérée de réguler ce nouvel univers. Cette dimension didactique s?appuie sur les techniques conventionnelles de la censure et de la sélection. On veut réguler. Interdire. C?est déjà pourtant un débat qui commence à se faire vieux. Reflet d?une mentalité conservatrice. On ne brouille pas les repères sans encourir la colère de ceux et celles qui sont garants de l?ordre établi.
Une saisie rationnelle de ce nouveau rapport qui s?engage entre les hommes, entre l?individu et le spirituel, entre le chercheur et le savoir évitera des interprétations erronées et une meilleure prise en compte des risques de déconnection aux valeurs traditionnelles.
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