Publicité
Les deux blocs politiques prônent une économie plus ouverte
Par
Partager cet article
Les deux blocs politiques prônent une économie plus ouverte
Les deux principales alliances promettent chacune la création de 50 000 nouveaux emplois dans un contexte où les principaux moteurs de croissance dont le textile-habillement et le sucre s?essoufflent. Et le Mouvement militant mauricien-Mouvement socialiste mauricien (MMM-MSM) et l?Alliance sociale excluent déjà ces deux secteurs comme des sources majeures de jobs.
Les travaillistes et leurs alliés estiment que c?est le tourisme qui est plus à même d?absorber le chômage en masse en attendant le (véritable) décollage des technologies de l?information et des communications et d?autres nouveaux pôles industriels comme des activités d?exportation de grande envergure.
Le MSM-MMM estime lui qu?en sus du tourisme, d?autres activités tel le commerce parviendront à embaucher en grand nombre notamment, sous l?impulsion du duty free. L?alliance au pouvoir propose la création de 10 000 jobs directs dans l?hôtellerie et fonde de gros espoirs sur le sea-food hub émergent.
Mais pour retourner à la situation de plein-emploi, il faudra redoubler d?efforts pour stimuler l?investissement privé. Les promoteurs ne se sont pas bousculés avec leurs projets ces dix dernières années. Le taux d?investissement privé est de 14,6 % pour 2004. Les investissements publics ont représenté plus d?un tiers des investissements globaux ces dernières années. Il est grand temps de galva- niser les initiatives privées pour que l?économie puisse se propulser sur une trajectoire de croissance ascendante (un taux de 8 % annuellement au moins) susceptible de relancer l?emploi.
L?Alliance sociale entend réaliser cet objectif en accordant une attention accrue à l?entrepreneuriat. Les petites et moyennes entreprises (PME) auront plus d?opportunités à exploiter et plus d?espace pour évoluer. L?empowerment des PME, suggéré par les travaillistes, passe par un certain démembrement des conglomérats. Le manifeste de l?Alliance sociale introduit le concept de unbundling des grands groupes diversifiés. Cela devrait en principe permettre aux opérateurs indépendants d?accéder à des marchés autrement captifs.
Les promoteurs de cette idée proposent un mélange de régulations et de négociations pour pouvoir traduire ce nouveau modèle de business dans la réalité. Le risque d?une intervention un peu encombrante de l?Etat dans l?allocation des marchés et des ressources n?est toutefois pas à négliger même si l?idée demeure séduisante dans l?optique d?une intégration industrielle plus étendue.
Les deux camps laissent la porte ouverte pour une meilleure participation des PME dans les nouveaux pôles de croissance. L?Alliance sociale affirme qu?elle encouragera même les opérateurs locaux à s?allier avec des entreprises étrangères afin d?accéder au savoir-faire, aux capitaux et aux marchés extérieurs.
<B>Dans la ligue des ?high income countries?</B>
Aider à rehausser le niveau des prestations des PME devrait être une priorité de la politique industrielle du prochain gouvernement. Le unbundling finira par devenir un slogan creux si les entrepreneurs ne parviennent pas à opérer à un niveau professionnel. Les manifestes des deux prétendants au pouvoir contiennent toute une série de mesure d?accompagnement des PME. Toujours est-il que de nombreuses initiatives de support et d?incubation existantes n?ont pas toujours donner les résultats escomptés.
Plusieurs propositions des camps adverses se rejoignent dans les grandes lignes. L?un parle de continuité et l?autre de rupture dans le modèle de croissance. Dans tous les cas de figure, il s?agit de multiplier les sources de richesses et le nombre d?acteurs économiques qui puissent faciliter la transition du pays vers la ligue des high income countries.
Publicité
Publicité
Les plus récents