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Les défenseurs des langues orientales se mobilisent

4 mars 2004, 20:00

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LES LANGUES orientales continuent à mobiliser. Deux autres organisations socioculturelles asiatiques, à savoir le Human Service Trust (HST) et le Hindutva Movement, se sont exprimées sur la question, hier. Cela alors même que le ministre de l?Education, Steven Obeegadoo, donnait la réplique à ses détracteurs. La Government Urdu Teachers Union (GUTU) a, pour sa part, proposé une table ronde en vue de trouver une alternative acceptable à proposer aux enfants qui choisiraient de ne pas étudier une langue orientale.

Dhundev Bauhadoor, leader du HST, a dénoncé ce qu?il considère être ?l?agenda caché de l?Eglise catholique? : Celui de garder les petites gens enfermés dans un ghetto d?ignorance et de petitesse. ?Sinon pourquoi ses hommes seraient-ils aussi réfractaires à l?étude des langues orientales, langues de deux puissances mondiales en devenir ?? s?est-il demandé.

Il a rappelé que la lutte pour le statut des langues orientales remonte à il y a trente ans. Chaque fois, se souvient-il, les autorités catholiques s?y sont opposées et le gouvernement a cédé. Il s?est offusqué de l?invitation lancée par certains à interdire aux enfants catholiques à apprendre les langues orientales. ?Les langues asiatiques sont riches et véhiculent des cultures et valeurs millénaires. Pourquoi devrait-on les ignorer ?? Le leader du HST a évoqué la versatilité des Asiatiques qui s?adaptent avec succès n?importe où dans le monde : ?Si les catholiques adoptaient la même attitude que nous par rapport à l?éducation, ils auraient connu le même développement.?

?Il y a une limite aux insultes?

Il a critiqué les dérapages sectaires venant des opposants à la comptabilisation des langues orientales pour les examens de fin d?études primaires (CPE) et dit revivre le climat anti-hindou des années pré-indépendance. ?Nous sommes tolérants mais il y a une limite aux insultes que l?on peut encaisser. Nous demandons à l?Eglise de changer d?attitude et d?accepter le changement.?

Somduth Dulthumun, président du Hindutva Movement, a tenu des propos similaires. Il a aussi critiqué la position de l?Eglise. Cette institution, dit-il, est de mauvaise foi. Chaque fois que la question du statut des langues orientales vient sur le tapis, elle use de tactiques dilatoires pour en retarder la solution.

Le HST et le Hindutva Mouvement sont tous deux opposés à l?utilisation du créole pour enseigner. Cette politique, disent-ils, appauvrirait l?enfant mauricien et l?enfermerait dans un ghetto.

?Nous ne sommes pas contre le créole. Nous le parlons comme n?importe quel autre Mauricien. Mais pourquoi faut-il perdre le temps de l?enfant avec cette langue alors qu?il devra poursuivre sa formation par le biais d?une autre langue?, dit le leader du HST. Somduth Dulthumun a mis en garde les parents contre la ghettoïsation, évoquant l?échec du créole à l?école ailleurs : ?On veut utiliser vos enfants comme cobayes.?

La proposition de Xavier Duval d?offrir des cours d?informatique comme alternative aux élèves qui n?étudient pas de langue orientale a été commentée. Le HST, le Hindutva Mouvement et la GUTU et le ministre de l?Education sont contre. L?informatique, le Citizenship Education, The Art ou Health Education, sont des sujets essentiels et on ne peut priver l?enfant asiatique de leur étude, rétorque le ministre, ils ne peuvent être réservés à une seule catégorie d?enfants.

Haniff Peerun, président de la GUTU a suggéré une table ronde pour trouver une meilleure solution.

Par ailleurs, Steven Obeegadoo conteste le chiffre de 43 % avancé par les opposants à la comptabilisation des langues orientales au CPE, comme étant le nombre d?enfants n?étudiant pas cette matière. ?Ce chiffre est erroné. Nos statistiques montrent que 70 % d?élèves à Maurice et 68 % dans la République, étudient les langues orientales. Aux examens 2003 de CPE, il y avait 62 % de candidats à Maurice et 60 % pour l?ensemble de la République.?

Commentant les réactions des partis à la comptabilisation des langues au CPE, Steve Obeegadoo a dit que ?l?absence de commentaire du Parti travailliste? équivalait pour lui à un ?soutien? à la démarche gouvernementale pour la comptabilisation de ces matières.

MANIFESTATIONS

Obeegadoo promet ?un second trimestre sans problème?

  • Le ministre de l?Education a concédé que les élèves des nouveaux collèges d?Etat font face à quelques menus problèmes. Il a promis que ceux-ci seront réglés avant le second trimestre, lors d?un point de presse hier matin. Depuis quelques jours, le ministre soigne son image avec son personnel et la population et a entrepris un véritable exercice de ?public relations?. La semaine dernière, il est apparu en solo à la télévision et, avant-hier, il rencontrait les recteurs des collèges d?Etat. Steven Obeegadoo souligne que les cinq manifestations d?élèves depuis la rentrée ont eu lieu dans les nouveaux collèges. Les problèmes, dit-il, sont liés aux infrastructures, aux équipements et au manque de personnel : ?Des problèmes inévitables quand on double le nombre de collèges en trois ans.? A l?heure des questions, le ministre répond qu?il n?objectera pas à la publication de la liste des élèves admis en ?Form I? dans les collèges d?Etat si une telle demande lui est faite.

Il désapprouve cependant Suttyhudeo Tengur, le président de la Government Hindi Teachers Union, qui réclame la suppression des places réservées dans les collèges privés bénéficiant des subventions de l?Etat et qui souhaite aussi un droit de regard de l?Etat dans l?admission dans ces collèges. ?Ce gouvernement n?est pas là pour nationaliser l?éducation. Nous ne voulons pas d?école unique. Mo croire dans le caractère pluriel de l?éducation?, réplique le ministre. ?Aussi longtemps que les établissements privés respectent la Constitution pour le mode d?admission des élèves, il n?y a aucune raison de changer le système.?

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