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Les crimes racistes se multiplient à Moscou
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Les crimes racistes se multiplient à Moscou
Un Ouzbek tué à coups de couteau et un Tadjik battu à mort avec une batte de base-ball, lundi 18 février ; un Ingouche blessé mortellement dimanche 17 ; deux Kirghizes poignardés samedi 16... Six hommes originaires d?Asie centrale ou du Caucase ont été tués dans les rues de Moscou cette semaine, victimes de groupes de skinheads ou néonazis.«Le bilan des cinquante premiers jours de l?année est terrifiant», s?alarme Alexandre Verkhovsky, directeur du Centre Sova de lutte contre la xénophobie, en précisant : «Il y a eu 25 meurtres à caractère raciste contre des étrangers ou des Russes d?apparence non-slave en moins de deux mois en Russie», dont 13 à Moscou. Du Caucase, d?Asie ou d?Afrique, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à venir s?installer à Moscou pour profiter du boom économique de la capitale, toujours en quête de main-d?oeuvre bon marché. «Les nouveaux arrivants sont davantage vulnérables», ajoute Alexandre Verkhovsky. «Il y a dix ans, les ressortissants de l?ex-URSS arrivaient à Moscou en parlant russe. C?étaient, en quelque sorte, encore des citoyens soviétiques. Aujourd?hui, les nouveaux travailleurs étrangers maîtrisent moins bien la langue. Ils sont donc dans une situation de précarité qui les fragilise encore plus.»
Les autorités municipales ont du mal à reconnaître l?ampleur de cette vague de violence anti-étrangers. Cette semaine, Vladimir Pronine, chef du département de l?intérieur de la ville de Moscou, a estimé qu?il s?agit d?un problème que «toutes les grandes capitales multiethniques d?Europe connaissent». «Plutôt que de remercier tous ces travailleurs qui occupent à Moscou des boulots dont personne ne voudrait, on les poignarde à mort dans les rues !», s?insurge, dans la presse, Soyun Sadykov, président d?une association de la diaspora azérie.
Moscou compterait quelques milliers de skinheads, pour la plupart des jeunes de moins de 25 ans. Ils n?appartiennent pas à des organisations hiérarchisées mais se réunissent, souvent par le biais d?internet, pour des soirées de «nettoyage», puis disparaissent avant de se fondre dans un nouveau groupe. Depuis octobre, le nouveau procureur en chef de Moscou semble s?intéresser de plus près aux meurtres à caractère raciste. Plusieurs skinheads ont été arrêtés pour «violence ethnique» ou «propagande haineuse».
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