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Les collèges catholiques abattent la carte sociale

1 septembre 2004, 20:00

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L’éducation catholique s’éloigne de l’image élitiste qui lui a été parfois associée. Présentée hier, la formule d’admission en Form I pour les 734 places réservées l’an prochain opte pour une approche plus sociale. Elle intègre la majorité des idées avancées en trois mois de réflexion, tout en mettant en lumière le critère social.

Pour respecter cette “option préférentielle pour les pauvres” , chaque collège s’assurera “autant que possible qu’au minimum la moitié des places soit allouée à ceux répondant au critère social”. Celui-ci comprend les plus pauvres et les hardship cases. Notons que chaque collège aura également une section pré-professionnelle.

L’environnement socio-économique de l’écolier sera déterminé à partir d’un formulaire qui est en cours de préparation. Celui-ci devra être rempli lors de l’inscription par le parent d’un écolier postulant pour une place.

En apparence, les nouveaux critères d’admission sont difficiles à saisir. “Cela paraît compliqué, mais il faut comprendre la logique derrière ces critères. Tout le monde veut qu’on fasse des miracles, ce qui n’est pas aisé”, indique le père Hervé de St-Pern, directeur du Bureau de l’éducation catholique (BEC). Compte tenu de la complexité du sujet, une grande campagne d’information sera lancée en octobre prochain.

Un “aggregate” de 15-20 unités

D’ores et déjà, le BEC a levé le voile sur toute la procédure d’admission. Déjà révélée dans les grandes lignes, elle démarrera après l’allocation des places par le ministère de l’Education.

Le premier critère concerne les points obtenus aux examens du CPE par l’écolier. Pour être éligible à une place réservée, l’élève doit avoir obtenu un aggregate de 15 à 20 unités.

Quatre collèges sont exemptés de ces conditions. Les Lorette Bambous-Virieux, St-Esprit Case-Noyale, St-Mary’s Bambous, et BPS Fatima pourront accueillir des élèves présentant un aggregate inférieur à 15 unités s’il reste des places après l’admission d’élèves répondant au critère des 15 à 20 unités. “Cela existe dans la réalité ”, précise Hervé de St-Pern.

S’il y a trois mois le BEC s’était prononcé pour trois catégories d’unités (15-16, 17-18, 19-20), il change aujourd’hui d’avis pour des raisons pratiques. Pour promouvoir les classes à aptitudes mixtes, les places seront réparties de manière “équitable” entre chacun des 6 aggregates (15, 16, 17, 18, 19, 20).

“Nous voulons que des élèves de toute la zone soient présents dans nos collèges”, ajoute Hervé de St-Pern. Pour soutenir ces propos, le critère suivant de sélection prend en considération la région de l’école primaire dont est issu l’écolier. Pour mieux répartir les places, le pays est divisé en quatre grandes zones par le ministère de l’Education. Chacune de ces quatre zones sera sous-divisée en sous-régions. “L’idée est d’avoir une éducation pour tous. On ne veut pas de rat race ou de star schools”, explique le directeur de l’éducation catholique.

Les postulants ayant le même aggregate seront ensuite départagés par leurs résultats en anglais et en mathématiques.

Malgré cela, certains collèges populaires situés à Port-Louis et dans les Plaines-Wilhems auront toujours plus de candidats que de places disponibles.

En cas de nécessité, le Board of Management d’un collège donné pourra instituer un panel composé de personnes concernées par la vie même de l’établissement: enseignants, parents d’élèves, ONG, etc. Ceux-ci décideront s’il faut départager les écoliers restants à caser par un test d’aptitude, une entrevue avec les élèves et-ou les parents ou encore un tirage au sort.

Le test d’aptitude tiendra notamment en compte l’aspect psychologique de l’enfant. Le panel pourra même, si besoin est, décider de combiner les modes de sélection.

Pour le BEC c’est un véritable test. “Nous verrons comment cela fonctionne. Nous aviserons pour l’ad- mission 2006 et nous pourrions alors réviser nos procédures”, soutient Hervé de St-Pern. Ce mode d’admission ne sera possiblement applicable que pour l’admission 2005, dépendant du bon déroulement de l’exercice qui s’annonce.

Les enfants du personnel employé par les collèges catholiques et par la Roman Catholic Education Authority auront cependant préséance sur tous les autres à condition d’avoir obtenu 15 à 20 unités. Ils représentent 50 à 60 admissions en Form I par an.

L’aspect légal des procedures

Autre grande nouveauté. Les procédures d’admission se feront au niveau des collèges et non plus en passant par le BEC comme auparavant. C’était le souhait du BEC et de la task force de l’éducation catholique.

Reste à savoir comment réagira le ministère de l’Education. Ce dernier cantonnera son rôle à l’aspect légal de ces procédures. Depuis la présentation du projet vendredi dernier par le père Hervé de St-Pern au ministre Steven Obeegadoo, la constitutionnalité du mode d’admission est examinée.

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