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Les collèges privés seraient délaissés par les élèves
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Les collèges privés seraient délaissés par les élèves
Ce qu?ils avaient prédit il y a quelques années est en train de se réaliser. C?est du moins ce qu?affirment les responsables des collèges privés. L?exercice d?admission 2005 serait en train de se transformer en véritable fiasco pour eux. Une baisse ?importante? d?étudiants demandeurs de place a été notée dans bon nombre de collèges privés. Cela rend la profession très critique envers l?establishment.
?La situation est grave dans plusieurs collèges. Même les établissements dits populaires admettent de moins en moins d?étudiants depuis quelques années. Et cette année est particulièrement difficile pour nous?, s?insurge Rajen Chumroo, secrétaire de la Fédération des managers des collèges privés.
Son collègue, Harush Bachwa, porte-parole de la Fédération, tient un discours similaire. ?Il est flagrant que le nombre d?admissions a baissé dans beaucoup de collèges. Personne ne peut nous contredire. Si le ministre de l?Education prétend le contraire, qu?il nous montre les statistiques des admissions dans les collèges privés depuis 2000.?
?Pas de problème général?
Rien ne va plus... ou presque. Selon les premiers constats de l?association, une dizaine de ses membres (elle en compte environ 80, soit la très grande majorité des établissements secondaires privés) ne parvient plus à atteindre le nombre critique établi par la Private Secondary Schools Authority (PSSA) pour former une classe en Form I. Seuls les collèges très cotés et ceux gérés par le Bureau de l?éducation catholique ne se sentent pas concernés par la tendance.
La campagne de construction massive de collèges publics par l?Etat initiée en 2001 aurait-elle nui au privé ? Le ministère de l?Education répond par la négative. ?Le problème ne devrait pas se poser en général.?, avance le ministre, Steven Obeegadoo.
Reste qu?en quatre ans, le chiffre record de 36 nouveaux collèges d?Etat a été établi. A titre comparatif, entre l?an 1800 et 2000, l?Etat en a construit 34. Afin de rendre la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans, il fallait impérativement passer par cette campagne. ?Sans ces nouveaux collèges, il n?y aurait pas eu suffisamment de places pour caser tout le monde?, affirme un haut responsable du ministère de l?Education. La Fédération, elle, ne partage pas cet avis.
Les managers des collèges privés estiment que les nouveaux collèges d?Etat ont eu un impact négatif sur leurs admissions. Le raisonnement serait sans doute exact si le nombre d?étudiants admis n?avait pas connu une hausse. Or, si le pays a connu une augmentation très importante d?établissements secondaires d?Etat, le nombre d?admis en Form I a également connu un boom. C?est l?argument avancé par les hauts cadres du ministère. En 2000, soit avant la campagne de construction, 15 200 étudiants ont fait leur entrée en Form I dans le mainstream. En 2004, ils étaient 17 500. En 2005, ils devraient être 17 700 sur les 29 600 participants aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) tombant dans la catégorie 12-15 ans à faire leur entrée dans la filière ?normale?. Rien que pour les collèges d?Etat, le nombre d?admis au secondaire ( mainstream + prévocationnel) passe de 3 700 en 2000 à 9 000 cette année. Pour la Fédération, cette hausse importante prouve que le secteur public grignote des élèves qui auraient été scolarisés dans ses établissements.
Autre accusation formulée contre le ministre : son souhait allégué de transformer les collèges privés en départements pré-professionnels. ?Nos établissements vont se transformer en garderies pour les recalés du CPE ?, lance le propriétaire d?un collège privé populaire du Nord en guise de boutade.
Reste que là aussi, le constat est alarmant aux yeux de la Fédération. Plusieurs de ses membres estiment que même les filières pré-professionnelles, destinées à capter les recalés du CPE, ne se remplissent pas dans certains collèges privés. ?Plusieurs établissements ne comptent que quatre ou cinq élèves dans cette filière, alors qu?il doit y en avoir au minimum 17 pour prétendre aux subventions de la PSSA?, s?indigne Harris Bachwa.
Le ministre Obeegadoo avait pourtant bataillé ferme il y a quelques semaines pour convaincre tous les établissements privés à ouvrir une filière pré-professionnelle en plus de celle qui fonctionne déjà, de peur d?être confronté à un manque de places pour permettre le respect de la nouvelle loi sur la scolarité obligatoire. Y a-t-il eu un mauvais calcul de la part du ministère ?
?Non?, répondent des sources au sein de cet organisme. Une fois de plus, des chiffres sont avancés pour prouver qu?il fallait un maximum de places dans la filière pré-professionnelle En 2000, 1 872 élèves étaient admis dans les State Secondary Schools Vocational (SSSV). En 2004, ils étaient 3 700 dans les filières pré-professionnelles. Cette année-ci, ils seront bien plus nombreux, environ 4 500.
Il fallait donc s?assurer qu?il y ait suffisamment de places disponibles pour accommoder tous les étudiants. Si en novembre, la peur du manque de places pour cette filière était présente, ce n?est plus le cas aujourd?hui.
Boulimie constructive
?Il y a de la place pour tout le monde?, dit un porte-parole du ministère, grâce au concours du privé qui a accepté de mettre en place un département dans chacun de ses établissements. Et dire qu?à un certain moment, le privé envisageait d?arrêter de jouer le jeu. Reste à savoir si ce soutien général du privé ne se retourne pas contre lui aujourd?hui.
Pour le ministre Obeegadoo, la situation est loin d?être critique et les conclusions hâtives devraient être rangées au vestiaire. ?Il est encore trop tôt pour s?alarmer. Il faut attendre que l?exercice d?admission soit totalement achevé... De nombreux collèges privés n?ont plus de places et ne veulent plus prendre d?élèves en Form I.? A la Fédération, on affirme que si tel est le cas, il représente d?avantage l?exception que la norme.
Une analyse précise devrait se faire après la rentrée. La question de fermeture de certains collèges, à cause de la boulimie constructive de l?Etat, se pose toujours.
Au ministère et à la PSSA, certains avouent du bout des lèvres que quelques établissements privés, les moins cotés, disparaîtront sans doute pour cause d?un nombre inférieur d?élèves pour être éligibles aux subventions de la PSSA. ?Tout au plus quatre ou cinq dans un avenir proche?, avance un cadre de la PSSA. Pour Harris Bachwa et ses collègues, ces constructions massives de nouvelles écoles secondaires d?Etat prédisent ?la mort lente du secteur?.
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