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?Les choses s?arrangeront d?elles-mêmes?
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?Les choses s?arrangeront d?elles-mêmes?
Sur une échelle de 1 à 10, à combien évaluez-vous la performance de vos protégés ?
À sept.
N?estimez-vous pas que sept c?est de la surenchère, vu que les résultats obtenus aux Jeux des îles et aux Jeux d?Afrique étaient en deçà des objectifs ?
Certes, nous avons perdu le titre de la première nation de judo de la région mais les judokas ont également accompli de belles choses. Pour la première fois depuis 85, nous avons obtenu un titre par équipe en féminin. Qui plus est, au tableau des médailles, nous avons terminé à la deuxième place avec seulement trois médailles d?or en moins que la première classée, l?île de la Réunion (NdlR : 10 médailles). Quant aux Jeux d?Afrique, il faut avouer que nous n?y avons pas prêté suffisamment d?attention. Notre préparation était exclusivement axée sur les JIOI.
On a tous été déçus de l?échec des trois pensionnaires mauriciens au Centre international du judo africain (CIJA), Yannick David, Mike Mounawah et Dolly Moothoo aux JIOI. Comment expliquer qu?ils ont été moins performants que les judokas qui s?entraînent à Maurice ?
La préparation qu?ils ont eue au centre n?avait pas pour échéance les Jeux des îles mais les Jeux d?Afrique. C?est ce qui a joué contre eux. En revenant à Maurice à environ un mois des Jeux, ils ont dû passer par une nouvelle phase d?adaptation. Ce qui fait qu?ils ont perdu un peu de leur précieux temps lors de cette période.
Vous disiez que leur échéance était les Jeux d?Afrique. Pourtant, même à ces Jeux, Mounawah et Moothoo n?ont pas été performants ?
Cela a été le cas aussi pour d?autres pensionnaires du CIJA. En comparaison aux Championnats d?Afrique de 2002, beaucoup de pensionnaires du centre ont régressé.
Vous semblez ne pas avoir une bonne opinion du centre. Alors pourquoi avez-vous renvoyé les trois pensionnaires mauriciens poursuivre leur préparation pour les JO d?Athènes ?
Je ne dis pas que la qualité d?entraînement au centre n?est pas bonne. Les judokas qui s?y entraînent n?ont cependant pas à leur disposition les équipements appropriés. Il y a aussi le fait que le centre est isolé et qu?ils manquent de partenaires. La Fédération marocaine de judo s?était engagée à ce que ses judokas s?entraînent avec ceux du centre mais cet engagement n?est pas respecté.
C?est la première fois depuis sa première participation à une compétition continentale en 87 que Maurice n?obtient pas de médaille. Ne serait-ce pas un signe avant-coureur que le judo mauricien est en plein marasme ?
Les pays d?Afrique ont beaucoup progressé. Ils connaissent l?importance de la préparation. Tous les pays investissent beaucoup dans leurs potentiels médaillés. Pour les Jeux d?Abuja, les judokas mauriciens ont manqué de préparation adéquate. Si nous nous étions préparés comme il le fallait, nous serions revenus avec au moins une médaille.
Des conflits ont miné la FMJ pendant toute l?année 2003. Ne pensez-vous pas qu?ils pourraient être à l?origine de cette baisse de résultat ?
Des conflits entre dirigeants et judokas ont toujours existé et nous avons toujours fait avec. Ces conflits n?ont pas eu d?impact direct sur les performances de nos combattants.
Il y a des groupes qui se sont formés avec à leur tête d?anciens judokas. Ces derniers ont essayé de provoquer un déséquilibre. Ce problème a toujours existé au sein de la FMJ ainsi que dans d?autres fédérations. Nous ne pourrons rien changer. Les choses s?arrangeront d?elles-mêmes.
Comment expliquez-vous la présence d?une poignée de seniors sur le tatami après les JIOI ?
Après chaque grand rendez-vous, le nombre de judokas sur le tatami a toujours tendance à diminuer. Par exemple après les JIOI de 1985, il ne nous restait que trois judokas sur une quinzaine.
En 87, nous avons pu augmenter le chiffre à une dizaine et pour les JIOI de 90, nous avions présenté 30 combattants. En 91, à l?arrivée du technicien français Frédérick Feuillet, l?équipe était composée d?une cinquantaine de judokas. Après son départ en 94, seuls 14 ont continué l?entraînement.
Ensuite un autre technicien français, Pascal Tayot, est arrivé et le nombre de judokas réguliers est passé à 33 et quand il est parti en 97, que six personnes ont persévéré.
En 98, nous avons réussi à présenter plus de 35 judokas aux Jeux des îles de la Réunion. Cette équipe est restée jusqu?à décembre 2001, date à laquelle, le maître Akira Kaï a quitté la tête de l?équipe nationale. Après cela, il nous restait que 11 judokas. Nous avons dû beaucoup travailler pour trouver des judokas pour alimenter l?équipe nationale. Nous y sommes arrivés et pour les JIOI 2003, l?équipe était complète. Ce qui fait que nous avons aucune crainte quant à avoir une équipe complète et performante lors des JIOI de 2007.
La présence d?entraîneurs étrangers attire les judokas. Comment expliquez-vous cette tendance ?
Nous n?avons pas de réponse. Cela dépend des judokas. Certains préfèrent les entraîneurs locaux, d?autres les étrangers.
Le mois dernier, la FMJ a soumis un document : ?Stratégie de développement du judo? au MJS. Quelles en sont les grandes lignes ?
Notre premier objectif est de former les jeunes pour remplacer les judokas qui ont pris leur retraite après les JIOI 2003. Nous espé-rons que l?organisation des 3es Championnats d?Afrique chez nous en août prochain motivera les jeunes.
Pour le développement de haut niveau, nous prévoyons d?énormes changements au niveau de l?encadrement technique. Nous attendons la nomination d?un technicien supérieur mauricien, dont moi, et de deux entraîneurs nationaux. Ces tâches, nous projetions de les distribuer entre Priscilla Chery-Lebon pour la sélection féminine et Anom Petrapermal pour les hommes.
Il y a aussi la création de plusieurs centres de formation qui seront sous la responsabilité de différents entraîneurs afin d?éviter la concentration de compétence. Ensuite, ce plan tient en compte les lois de la régionalisation.
Priscilla Chery a déjà refusé votre offre d?entraîneur national. Quelle autre alternative avez-vous choisie ?
Si elle reste sur sa position, nous fonctionnerons comme par le passé. Les équipes féminine et masculine s?entraîneront ensemble. J?assumerai le poste d?entraîneur national et Anom Petrapermal sera mon assistant.
Dans le projet de restructuration, la FMJ propose qu?en sus de leurs licences, les judokas de clubs paient des frais d?entrée et une cotisation mensuelle. N?êtes-vous pas plutôt en train de décourager les adeptes ?
Je ne crois pas. Les clubs de karaté de l?île fonctionnent grâce aux cotisations. L?Association mauricienne de karaté compte 3000 licenciés. Le chiffre est trois fois plus conséquent que le nôtre ce qui fait que je suis optimiste.
Ce nouveau mode de fonctionnement permettra également de responsabiliser les pratiquants ainsi que leurs parents. Comme le judo est gratuit, certains judokas s?entraînent quand cela leur chante. Le fait qu?ils paient pourrait les pousser à être plus réguliers.
Comme ces cotisations se partageront entre les entraîneurs et la trésorerie du club, cela motiverait aussi les entraîneurs.
Dans ce même document, la FMJ prévoit des mesures pour limiter l?accès des dojos aux journalistes. Serait-ce une tentative de museler la presse ?
Certainement pas. Nous stipulons simplement qu?avant de nous rendre visite, les journalistes devront nous en aviser préalablement. Cela s?applique plus particulièrement à la presse étrangère qui, auparavant, venait pour nous filmer à l?entraînement.
Toutefois, avant de faire toute déclaration à la presse, un judoka devra avoir l?accord de la FMJ.
Que se passera-t-il si le judoka ne tient pas compte de ce règlement ?
Bien souvent les judokas se contredisent dans les journaux. Ils devront assumer les conséquences de leurs actes.
Est-ce à dire que la FMJ les sanctionnera ?
Nous ne sommes pas là pour punir quiconque.
Pendant la saison écoulée, plusieurs judokas se sont plaints d?être lésés. Ce plan prévoit-il des critères spécifiques pour la sélection des judokas pour les déplacements à l?étranger ?
Comme nous l?avons toujours fait, les critères resteront les mêmes : la régularité à l?entraînement et les résultats.
À l?exception d?une performance assez remarquable en février au Tournoi de Paris où il a été le premier Mauricien à faire quatre combats, Mike Mounawah n?a réalisé aucun autre résultat frappant. Pourtant, il continue de voyager?
Mike Mounawah participe à des tournois internationaux grâce à une bourse de la Solidarité olympique dans le cadre de la préparation pour les JO d?Athènes. Cette bourse lui a été adjugée en 2001 après sa performance au tournoi inter-villes et après qu?il a obtenu le titre du meilleur judoka lors du tournoi par équipes de Trappes.
2004 sera l?année olympique. Jusqu?ici seuls les trois pensionnaires du CIJA s?y préparent. Qu?en est-il des autres potentiels comme Laval Collet, Dolly Namasivayen et Antonio Félicité ?
Nous ne pouvons promettre à quiconque des déplacements que ce soit pour les tournois qualificatifs pour Athènes ou pour d?autres stages car nous sommes nous-mêmes dans le noir. Nous ne savons pas quel budget nous sera alloué par le MJS. Donc, il nous faudra attendre.
L?année 2004 sera également un défi pour Maurice sur le plan organisationnel avec les Jeux d?Afrique Juniors ?
Avec l?expérience que nous avons eue avec les Jeux des îles, je ne pense pas qu?organiser ces Championnats d?Afrique constituera un problème.
Au niveau des résultats, à combien évaluez-vous nos chances de médailles ?
? Pour l?instant, je n?ai aucune idée. Il faudra attendre que la sélection soit finalisée avant de faire de pronostics. La sélection sera faite le 15 juin au plus tard.
Qu?en est-il pour les Jeux de la Commission Jeunesse et Sport de l?océan Indien ?
? Pour cette compétition, nous visons au minimum quatre médailles d?or. La meilleure performance mauricienne date de 96 où nous avions obtenu trois médailles d?or par l?entremise de Yannick David, Tania Mounawah et Valérie Georgin.
Mike Mounawah participe à des tournois internationaux grâce à une bourse de la Solidarité olympique dans le cadre de la préparation pour les JO d?Athènes. Cette bourse lui a été adjugée en 2001 après sa performance au tournoi inter-villes et après qu?il a obtenu le titre du meilleur judoka lors du tournoi par équipes de Trappes.
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