Publicité

Les chancelleries occidentales au secours de l?Afghan chrétien

25 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Affaire d?un Afghan encourant la peine de mort pour s?être converti au christianisme continue de susciter les réactions les plus vives aux États-Unis.

Des groupes conservateurs chrétiens américains se sont indignés de cette affaire, qui met en cause les progrès de la démocratie avancés par l?administration Bush pour justifier sa «guerre contre le terrorisme», en Afghanistan mais aussi en Irak.

<B>Liberté de culte et d?expression</B>

Après les déclarations du président Bush qui s?est dit, mercredi, «profondément troublé d?apprendre qu?une personne qui s?est convertie et a abandonné l?islam pourrait avoir à en rendre compte», c?est au tour de Condoleezza Rice d?exprimer son mécontentement.

La secrétaire d?État a téléphoné, jeudi, au président afghan, Hamid Karzaï, pour lui rappeler combien «il est important que ces questions sur la liberté de culte et la liberté d?expression, qui sont partie intégrante de la Constitution afghane, soient réaffirmées», a indiqué à la presse le département d?État.

Comme les États-Unis, l?Allemagne, l?Italie, la France, l?Australie, le Canada et les Nations unies ont protesté.

Abdul Rahman serait le premier converti à être jugé pour apostasie depuis l?éviction des talibans en 2001.

La charia interdit à tout musulman de se convertir à une autre religion, sous peine d?être exécuté.

Âgé de 41 ans, l?accusé a abandonné l?islam pour le christianisme il y a 16 ans, alors qu?il travaillait pour une ONG chrétienne à Peshawar (Pakistan). Il a ensuite vécu 9 ans en Allemagne, avant de rentrer dans son pays en 2005, selon la presse allemande.

Ayant des relations conflictuelles avec sa famille, il aurait été dénoncé par des proches, selon des sources judiciaires.

<B> «UNE RELIGION DE TOLÉRANCE» </B>

«Nous suivons cette affaire de très près, nous l?avons dit au gouvernement afghan», a déclaré Scott McClellan, le porte-parole de la Maison Blanche. «Nous avons été en contact constant avec le gouvernement afghan pour exprimer notre mécontentement», a-t-il dit.

Surprises par l?ampleur des protestations soulevées par cette affaire, les autorités afghanes ont réaffirmé jeudi leur volonté de compromis.

«Nous tentons de traiter cette affaire rapidement et de trouver une bonne solution», a déclaré le juge chargé de l?affaire, Ansarullah Mawlavizada, en soulignant que «l?islam est une religion de pitié, de tolérance et de pardon».

Mercredi, le juge avait déclaré qu?Abdul Rahman avait peut-être un «problème psychologique» qui, «s?il est prouvé», pourrait lui éviter d?être jugé.

La presse allemande a, de son côté, rapporté que M. Karzaï avait assuré jeudi par téléphone à la chancelière allemande, Angela Merkel, que le cas d?Abdul Rahman «pourrait être réglé rapidement» et «en accord avec les obligations internationales» de l?Afghanistan, qui incluent en théorie le respect de la liberté de culte.

Publicité