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Les cardiaques, premières victimes de la pollution

15 novembre 2003, 20:00

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Une étude française menée du début 2001 à la fin 2002 a montré le lien direct entre la pollution atmosphérique et le nombre de crises cardiaques. Elle montre aussi que la conséquence des pics de pollution est plus dramatique encore chez les fumeurs.

Il faut en effet savoir que les personnes souffrant de maladie cardiovasculaire sont parmi les plus sensibles aux pics de pollution atmosphérique, qui peuvent déclencher une crise cardiaque ou une attaque cérébrale souvent fatale.

Ces études menées en Grèce et en France lient directement l?augmentation du taux de particules fines attribuables au diesel dans l?air au nombre de personnes transportées aux urgences et au nombre de décès associés aux maladies cardiovasculaires.

Pour Demosthenes Panagiotakos, épidémiologiste de la faculté de médecine d?Athènes, « la plus importante découverte est qu?une hausse de 10 microgrammes (par mètre cube) de monoxyde de carbone (CO) est associée à un bond de 46 % des décès de maladie cardio- vasculaire ».

Pics de pollution et hausse des crises cardiaques

Se fondant sur des statistiques, ce chercheur a, de plus, estimé qu?une hausse d?un microgramme de CO par mètre cube se traduit par deux décès supplémentaires par jour à Athènes, où la moyenne des décès des suites maladies cardiovasculaires était de 35 par jour pendant cette étude qui a été menée de 1992 à 1997.

L?étude française a pour sa part lié directement la pollution atmosphérique au nombre de crises cardiaques. La conséquence des pics de pollution est plus dramatique encore chez les fumeurs. En effet, quand la pollution a atteint son niveau le plus élevé, durant une période totalisant 18 jours par an dans la région étudiée en France, les risques de crise cardiaque se sont révélés de 161 % plus élevés dans la population générale et de 250 % plus élevés chez les fumeurs, a expliqué le Dr Yves Cottin au cours d?un entretien.

« C?est encore un argument contre la cigarette, et un avertissement pour les personnes à risque de ne pas sortir et de s?abstenir d?activité intense pendant les pics de pollution », a ajouté le spécialiste de l?université de Dijon. Selon lui, les médecins devraient même envisager d?augmenter le traitement pour les malades du c?ur durant ces périodes de pollution à haut risque.

Réduire la mortalité cardiovasculaire

Le Dr Cottin et ses collègues ont ainsi examiné des statistiques collectées entre janvier 2001 et décembre 2002, portant sur 322 patients hospitalisés pour une crise cardiaque dans la région de Dijon (centre), dont 42 % étaient fumeurs. Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont comparé le nombre quotidien de crises cardiaques à la concentration quotidienne de particules inférieures à 10 microns.

Le chercheur grec a jugé « essentiel que les autorités de santé publique prennent des mesures supplémentaires pour réduire la mortalité cardiovasculaire dans les zones urbaines du monde, particulièrement les jours de pic de pollution atmosphérique. »

Ces études ont été présentées lors des sessions scientifiques annuelles de l?Association américaine de cardiologie, organisées à Orlando (Floride) du 9 au 12 novembre.

2003 Le Monde ? Avec AFP

Distribué par The New York Times Syndicate

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