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Les cadeaux Empoisonnés
Profitez des cadeaux que vous recevrez à Noël et des étrennes du jour de l?an. Car dès le début de 2006, ce sont plutôt des cadeaux empoisonnés que vous allez recevoir. Une série d?augmentations de prix paraît désormais inévitable.
Vous paierez sans doute plus cher le carburant, l?électricité et même le gaz dans les semaines à venir. Et malheureusement, ces hausses entraîneront un effet domino. Le prix du ticket d?autobus mais aussi celui du pain, par exemple, risqueront de grimper en conséquence.
Inutile d?accuser le gouvernement. Pour une fois, on devra les croire quand ils nous diront que la hausse est inévitable. La première claque arrivera très tôt. C?est une augmentation de près de 15 % du prix de l?essence et du diesel qui fera s?envoler nos gueules de bois dès le 4 janvier. En effet, c?est à cette date que l?automatic pricing mechanism (APM) réglera le nouveau prix des carburants. Début octobre, les deux carburants avaient subi une hausse d?un peu moins de 15 %. Avec le prix du brut qui ne veut toujours pas descendre en deçà des 60 dollars, inutile de se faire d?illusion.
C?est une hausse de 15 % qui nous attend encore une fois. Le litre d?essence sera facturé à environ Rs 33 et le diesel à Rs 22.
Une personne souhaitant faire le plein d?essence déboursera ainsi un peu plus de Rs 1 500 à la pompe.
Et inutile de demander à la State Trading Corporation (STC) de faire un effort. À peine arrivé au pouvoir, le Premier ministre Navin Ramgoolam annonçait que les pertes accumulées de la STC se chiffraient à Rs 1,2 milliard. En ne répercutant pas une deuxième hausse de 15 %, la corporation pourrait alourdir son déficit de plus de Rs 100 millions.
L?effet direct de l?augmentation des prix du diesel se fera invariablement sentir sur le prix du ticket d?autobus. La dernière hausse datait de septembre 2004. Le ministère des Transports avait alors avalisé une hausse d?une à deux roupies selon les trajets. Mais avec une hausse de 30 % du prix du diesel en seulement 6 mois, les opérateurs de bus disent être asphyxiés.
« Je suis conscient qu?une hausse du prix du billet va pénaliser le public. C?est bien pour cela que nous réclamons plutôt une subvention du gouvernement pour nous aider à surmonter ces hausses. Si nous n?obtenons pas de subventions et si le ticket d?autobus n?augmente pas non plus, il va falloir penser à arrêter d?opérer sur certaines routes », explique Sunil Jeenarain, secrétaire de la Mauritius Bus Owners Federation. Sauf que le gouvernement ne serait pas trop enclin à subventionner davantage. La hausse du prix du ticket est donc pour bientôt.
Malheureusement, la liste des augmentations ne s?arrête pas là. Patrick Assirvaden, le président du conseil d?administration du Central Electricity Board (CEB) a révélé, cette semaine, la précarité financière de l?institution. La dette accumulée par le CEB atteint Rs 2 milliards en cette fin d?année.
Et celle-ci se creuse davantage avec la hausse de l?huile lourde qui sert à générer près de 50 % de l?électricité dans le pays. Et la facture de ce carburant s?alourdit chaque année pour le CEB.
Répercussions sur certains commerces
L?achat de l?huile lourde représentait 30 % des coûts d?opération du CEB en 2004. Avec la hausse de ce carburant la facture de l?huile lourde gonfle chaque année. « Nous avons en ce moment un surplus de Rs 740 millions à payer sur l?huile lourde », commente Patrick Assirvaden.
Mais pour le moment, parler d?une hausse du prix de l?électricité relève du tabou. « Nous avons plusieurs options devant nous », répond Assirvaden quand on l?interroge sur l?imminence d?une hausse du prix de l?électricité.
En juillet 2004, le CEB avait augmenté ses tarifs de 5 %. Mais nous avions été prévenus, dans son plan d?ensemble de 2004, que le CEB avait prévu que le prix de l?électricité allait connaître une hausse de 14 % d?ici 2008. Entre-temps, ce serait plutôt une deuxième hausse de 5 % qui serait prévue dès le premier trimestre de 2006.
Avec cette double hausse du carburant et de l?électricité, les répercussions sur certains commerces ne se feront pas attendre. Ainsi les boulangers déterrent la hache de guerre. Ils avaient menacé de faire grève pour protester contre le gel des prix du pain avant de redevenir conciliants la semaine dernière. Mais désormais c?est presque la guerre.
Un mécanisme pour gérer la hausse des prix
« Avec ces hausses, il faudrait que le prix du pain maison augmente d?au moins 90 sous. Je m?attends à ce que le gouvernement prenne une décision dans ce sens dans les jours à venir », affirme Nazir Hosany, président de l?association des propriétaires de boulangerie. Si les prix sont revus, la baguette de 400 grammes pourrait passer de Rs 6 à plus de Rs 9. Une hausse qui va faire mal dans les ménages.
Les hausses ne vont pas s?arrêter là. Après une récente majoration de 17 % du prix du gaz ménager, la STC va devoir remettre le couvert en début d?année. Car le prix de la bonbonne est largement subventionné. Si celui-ci devait refléter le coût réel du produit, le consommateur devrait payer environs Rs 350 au lieu de Rs 250 pour une bonbonne de 12 kg. C?est la STC qui comble actuellement la différence.
Mais cette politique n?est plus viable car elle ne fait qu?alourdir la dette de la corporation, comme pour les carburants. Le prix du gaz devra donc connaître une hausse.
La cascade de hausse des prix prend une telle ampleur que le gouvernement songe à créer un mécanisme pour les gérer. L?APM qui régit le prix du carburant ayant fait ses preuves, certains ministres ont donc souhaité qu?il couvre également les prix de l?électricité et du gaz. Cette nouvelle approche permettrait de « dépolitiser » les hausses des prix. Car toute majoration serait alors déterminée par un calcul déjà formulé au préalable et sans intervention du gouvernement.
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