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Les Bleus n?ont pas peur de La Rose
A l?image des cadres comme Serge Betsen ou Raphaël Ibanez et du jeune Frédéric Michalak, les Bleus n?ont pas peur d?affronter les Anglais en demi-finale de la Coupe du monde.
A cinq jours de cette demi-finale choc, dimanche à 13 heures (heure de Maurice), au stade olympique de Sydney, ils ne tiquent absolument pas à l?idée de croiser le XV de la Rose.
?Personnellement, je ne vois pas de plus belle affiche pour cette demi-finale, qu?une rencontre entre la France et l?Angleterre. Nous, nous allons représenter l?hémisphère nord. De l?autre côté, Australiens et Néo-Zélandais vont se disputer le ?leadership? de l?hémisphère sud?, se satisfait Betsen.
Homme de l?ombre de la troisième ligne aux côtés d?Imanol Harinordoquy et d?Olivier Magne, auteurs d?un essai chacun face aux Irlandais, Betsen considère que le XV de la Rose est à la portée des Français.
?Les Anglais, même si nous considérons qu?ils représentent la meilleure équipe du monde, ne sont pas imbattables. Leur quart de finale difficile contre le Pays de Galles en est la preuve?, dit-il.
?Comme toutes les autres équipes, les Anglais ont des failles. Face à eux, si nous sommes déterminés et bien organisés, il n?y aura pas à se poser de question?, ajoute le Biarrot.
Pas imbattables
Talonneur des Saracens, Raphaël Ibanez, qui fêtait dimanche sa 70e sélection internationale face aux Irlandais, comme Olivier Magne, connaît bien le jeu anglais. Le Castrais le loue. Mais ne le redoute pas.
?Le jeu anglais m?inspire du respect et de la méfiance. Il est puissant, s?appuie sur des individualités exceptionnelles et sait compter sur des coups de pied précis, notamment ceux de Wilkinson. Toutefois, comme nous connaissons leur jeu, nous ne devrions pas être trop surpris. Et comme, en plus, les Anglais offrent un jeu sans réelle surprise, un jeu plutôt classique, nous ne devrions donc doublement pas être surpris?, remarque-t-il en souriant.
Quant à Frédéric Michalak, 21 ans, auteur dimanche de 23 points et d?un 100 % de réussite au pied, il semble peu troublé par les Anglais. ?Pour l?instant, j?éprouve juste du bonheur à affronter en demi-finale de la Coupe du monde la meilleure équipe du moment. Et le plaisir, aussi, de jouer contre Jonny Wilkinson, le meilleur joueur du monde?, se contente tout simplement de commenter le demi d?ouverture de Toulouse, meilleur marqueur actuel de la Coupe du monde avec 101 points dont 91 au pied.
Après avoir reconnu ?ne pas beaucoup aimer les Anglais, mais les respecter?, Bernard Laporte, l?entraîneur national, n?affiche aucune inquiétude à l?idée de les rencontrer en demi-finale.
?Depuis le début de cette Coupe du monde, notamment grâce à notre vitesse de déplacement, nous avons trouvé la clé du succès. Nous allons continuer sur cette voie, peu importe si ce sont les Anglais qui se trouvent à la prochaine étape. Pour l?instant, j?estime que notre rencontre la plus pétillante, notamment dans ce domaine du déplacement, demeure (...) notre première rencontre de poule contre les Fidji?, souligne-t-il, après une cinquième victoire en cinq rencontres de Coupe du monde, encore acquise avec plus de quarante points.
Aujourd?hui, Laporte, 39 ans, 28 victoires sur 49 rencontres à la tête du XV de France depuis le 5 février 2000, ne veut entendre parler que du discours et pas de la méthode.
?Nous sommes venus en Australie pour gagner cette Coupe du monde. Aujourd?hui, je certifie que le XV de France a les moyens de la gagner. Pour réussir, il n?y a pas de méthode, un mot que je n?aime pas. Il y a juste une aventure, un groupe, une équipe qui y croit. Ce groupe de trente joueurs y croit comme on peut croire un jour en une femme. Belle ou pas belle, on croit en elle et on a envie d?aller au bout du monde avec elle. Aujourd?hui, notre groupe se trouve dans ce cas de figure?, résume Laporte.
Sophie Greuil (Reuters)
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