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Les Belges succèdent aux Williams
Il y a eu les Williams. Maintenant, dans le tennis féminin, il y a les Belges. Ce changement de régime a été confirmé à Melbourne. Justine Hénin et Kim Clijsters disputent aujourd?hui leur troisième face-à-face dans une finale du Grand Chelem?
En l?absence de Serena Williams, tenante du titre et blessée au genou, et après la chute de sa s?ur Venus au troisième tour, il y a eu quelque chose d?inéluctable dans la progression de Justine Hénin-Hardenne, tête de série n° 1, et sa compatriote Kim Clijsters (2), qui se sont qualifiées toutes deux jeudi pour la finale de l?Open d?Australie.
Et cette impression a été renforcée par la malheureuse déchirure intercostale empêchant la Française Amélie Mauresmo (4) de se mêler à la lutte finale. Et aucune autre joueuse des top 10 ? l?Américaine Lindsay Davenport (5) n?étant pas revenue à son meilleur niveau, surtout dans le domaine physique ? ne paraissait en mesure de leur porter sérieusement la contradiction.
Le progrès de chacune des Belges à travers le tableau semblait aussi parfaitement synchrone, aucune n?ayant laissé tomber le moindre set en chemin. Pourtant, leur domination semble moins forte que celle des Williams de la meilleure époque, car elles n?inspirent pas la même crainte.
Les nerfs fragiles
Leur succès majeur est récent ? le premier titre en Grand Chelem de Hénin-Hardenne venant il y a quelques mois à Roland-Garros ? et jusqu?ici, elle est la seule des deux à avoir démontré une capacité à fournir son meilleur tennis lors des grands rendez-vous.
L?avance qu?elle est en train de prendre sur sa compatriote ? elle a remporté quatre des six dernières rencontres les opposant ? est également, comme la domination belge, toute récente.
Et Clijsters mène encore par 9-8 dans leurs tête-à-tête, statistique devenue trompeuse car le redoutable renforcement physique de Hénin-Hardenne, bâti pendant l?hiver 2002-2003, et les nerfs encore étrangement fragiles de Clijsters lors des rendez-vous importants, ont nettement renversé cette tendance.
C?est pourtant Clijsters, dont la puissance était nettement plus imposante lors de son adolescence, qui devançait légèrement Hénin-Hardenne lors de certains premiers rendez-vous : à tout juste 18 ans, elle a été finaliste à Roland-Garros en 2001, Hénin la talonnant à Wimbledon la même année.
Et lors des finales en Grand Chelem, elles ne se sont plus quittées, leurs premiers rendez-vous majeurs en commun étant la finale de Roland-Garros l?an dernier, le deuxième étant à l?US Open 2003 et enfin le troisième se déroulera aujourd?hui à Melbourne Park.
Hénin-Hardenne a gagné les deux précédentes, son esprit d?acier imposant une volonté supérieure à celle de Clijsters, la qualité de son tennis restant plus constante, plus pointue alors que Clijsters, plus physique, moins vigilante, perd trop facilement le fil de ses propos.
Au classement mondial, c?est également Clijsters, de justesse, la plus rapide. Elle a atteint le sommet du classement le 11 août dernier, Hénin-Hardenne la remplaçant le 20 octobre.
Quand Clijsters trônait au sommet, Hénin-Hardenne se trouvait au deuxième rang, juste après l?US Open 2003. C?était la première fois de l?histoire du classement mondial féminin que deux joueuses appartenant à un seul pays autre que les États-Unis, monopolisaient ainsi les deux premières places.
Car ce qui est frappant dans cette histoire tennistique bicéphale, c?est que tout arrive à un pays sans palmarès majeur précédent, sans championne passée à l?envergure mondiale. Et cette histoire n?est pas prête de se terminer. Ni de tourner court. Les deux finalistes du jour n?ont que 21 ans chacune.
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