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Les bateliers tempêtent?

14 juin 2004, 20:00

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Les 70 bateliers, regroupés au sein de la Pleasure Craft Association (PCA) de Trou-D?Eau-Douce, protestent contre la décision de la Tourism Authority d?octroyer deux trade licenses différentes, l?une pour les opérateurs de Le Maho et l?autre pour ceux de Belle-Isle, où se trouve le débarcadère. Ils estiment que cette décision les pénalise parce que, depuis ces quinze dernières années, ils ont toujours opéré avec des permis couvrant tout le village.

?Dépendant de la brise, nous avions le choix d?opérer à partir de Le Maho ou du débarcadère. Mais désormais, les opérateurs détenant des permis pour Belle- Isle, ne pourront pas opérer à partir de Le Maho. Nous avons des clients sur les deux bases d?opération. Par exemple, nous ne pouvons pas leur demander de faire le déplacement de Le Maho pour venir au débarcadère pour la traversée jusqu?à l?île-aux-Cerfs ou à la cascade de Grande-Rivière-Sud-Est?, explique Prem Beerbul, président de l?associaition.

Nombre insuffisant de clients pour la croisière

Selon Kaviraj Bhugeloo, secrétaire de la PCA, les opérateurs des deux bases opération accuseront un manque à gagner, surtout en hiver, considéré comme une période creuse. ?Par exemple, lorsque j?ai des personnes du troisième âge à transporter du débarcadère à l?île-aux-Cerfs, je peux solliciter l?aide d?un ami batelier de Le Maho pour s?occuper du surplus des passagers. Mais avec la nouvelle trade license, cela ne sera pas possible?, dit-il.

Les bateliers soutiennent aussi qu?en période d?hiver, il y a une collaboration entre les opérateurs du débarcadère et ceux de Le Maho pour le transport des clients. En effet, il arrive aux opérateurs des deux bases d?opération d?avoir un nombre insuffisant de clients pour la croisière, soit seulement deux passagers pour un bateau de vingt places. ?Dans de tels cas, les opérateurs du débarcadère s?informaient auparavant auprès de ceux de Le Maho pour savoir s?ils avaient eux- aussi quelques clients à transporter en même temps. Mais maintenant, cette pratique ne sera plus possible?, soutient le secrétaire de la PCA.

?Kan nou met clients Le Maho ek debarcader ensam dan mem bato pou transport zot l?île-aux-Cerfs, sa permet nou reduir nou kou loperation?, ajoute un autre membre de l?association. Les opérateurs reprochent à la Tourism Authority de ne les avoir pas consultés avant de prendre une telle décision. ?Il y a des opérateurs de Belle-Mare, Palmar, Pointe-Maurice et de Grande-Rivière-Sud-Est qui effectuent la traversée jusqu?à l?ïle-aux-Cerfs. Pourquoi ne sont-ils pas touchés par une telle décision ? Nous ne sommes pas contre le développement, mais le gouvernement n?a pas le droit de s?ingérer dans les affaires des bateliers?, soutient Prem Beerbul.

Les bateliers affirment que leur période de pointe ne dure que trois mois par an. ?Nous maintenons une présence régulière pour ne pas perdre le peu de clients que nous avons pendant les autres mois de l?année?, explique le président de la PCA.

Les opérateurs se plaignent que les frais d?opération sont trop élevés. Pour chaque bateau, ils ont à payer Rs 5 000 pour la trade license, Rs 2 000 pour le government permit, Rs 10 000 pour l?assurance et Rs 1 500 pour avoir le certificat de navigabilité. ?Avant, nous payions la trade license au conseil de districts de Moka-Flacq en deux tranches, mais maintenant, on nous oblige à le faire en une seule tranche?, précise Kaviraj Bhugeloo.

Pour avoir des revenus supplémentaires, les opérateurs souhaitent aussi disposer d?une barbecue place à l?île-aux-Cerfs. Ils ont sollicité une rencontre avec le ministre du Tourisme, Anil Gayan, afin d?évoquer tous ces problèmes.

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