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?Les banques n?ont pas toute la flexibilité pour aider les compagnies à se restructurer?

12 septembre 2007, 00:00

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● <B>Vous êtes spécialiste en ?Corporate Finance? (il vient d?obtenir une distinction professionnelle dans ce domaine auprès de l?Institute of Chartered Accountants in England & Wales). Pourquoi une entreprise se retrouve-t-elle en situation de liquidation judiciaire (receivership) ? </B>

Une liquidation judiciaire est un moyen de dernier recours pour les banques. Celles-ci tentent d?éviter une telle situation. Nous n?avons pas de législations appropriées pour protéger les créanciers et les compagnies dans une restructuration. Un Solvency Bill, un projet de loi qui traitera de la question, est en préparation. Aux Etats-Unis, par exemple, il y a beaucoup de compagnies qui ont une demande pour un régime de Chapter 11. Cela aide à restructurer une compagnie.

Lors d?une liquidation judiciaire, les unsecured creditors souffrent le plus. Imaginons une entreprise qui a un marché en croissance, qui assure une production satisfaisante, qui réalise une marge confortable et qui a un bon management. Toutefois, pour des raisons de déclin dans le marché dans le passé, la compagnie se retrouve dans une situation financière difficile. Une restructuration dans un cadre légal convenable peut aider à sauver cette entreprise.

● <B>Quelles sont les difficultés avec le cadre légal présent ? </B>

Le problème principal avec le régime actuel est que lorsqu?une compagnie est dans une situation de liquidation judiciaire, elle se dirige davantage vers une liquidation que vers une reprise. Même lorsqu?il y a une reprise, les unsecured creditors sont souvent perdants. Les banques le sont aussi et elles ne récupèrent qu?une partie des sommes prêtées. Les actionnaires perdent tout leur argent. Les salariés, dans beaucoup de cas, perdent leurs années de service s?ils sont repris. C?est le cas typique devant lequel nous nous retrouvons aujourd?hui et qu?il incombe d?éviter.

Un régime similaire au Chapter 11 donnera une certaine protection à la compagnie pour qu?elle puisse se réorganiser en accord avec les créanciers. Une entreprise sous contrôle judiciaire ne peut pas trouver un arrangement avec les créanciers car elle est gouvernée par certaines lois et la banque, dans beaucoup de cas, n?a pas d?autres choix que de vendre les biens de la compagnie pour récupérer son argent. On ne gère pas suffisamment la situation car la loi ne le permet pas. Il faut pouvoir régler le problème à une étape précédant la phase de liquidation judiciaire.

C?est la raison pour laquelle, aujourd?hui, même si cette facilité n?existe pas encore dans les lois, on parle beaucoup de special manager au lieu de receiver manager. Il n?y a pas un cadre légal pour aider les special managers à restructurer une entreprise. Celle-ci poursuit ses opérations comme un going concern et c?est moins difficile à gérer.

● <B>Que peut-on attendre de la part des banques dans ces situations ? </B>

Déjà, les banques accordent beaucoup de temps à ces compagnies pour qu?elles honorent leurs engagements. Aujourd?hui, avec les législations et les directives de la Banque centrale sur les banques, celles-ci opèrent aux normes internationales.

Malheureusement, nos entreprises, surtout celles de la zone franche, n?ont pas encore atteint ce seuil de maturité. Il y a un déséquilibre entre les deux parties. Par exemple, la qualité des informations financières fournies par ces sociétés ne satisfait pas les banques. Il y a une certaine éducation à faire au niveau des clients pour qu?ils rehaussent leur management. Nous avons des banques de classe internationale, mais les clients, dans leur majorité, ne suivent pas. C?est là que les services conseil entrent en jeu.

D?autre part, il faut une approche beaucoup plus pragmatique pour aider les sociétés qui sont en difficulté.

Avec le cadre bancaire qui existe de nos jours, on n?aurait pas pu créer une deuxième zone franche. Auparavant, il n?y avait pas cette rigidité dans le secteur bancaire. Aujourd?hui, les banques ne peuvent pas prendre le type de risque associé à la zone franche. Elles réfèrent les clients vers les equity funds. Les banques n?ont pas toute la flexibilité pour aider les compagnies à se restructurer.

● <B>Quel est le meilleur moment d?envisager une restructuration?

Il faut d?abord que l?entreprise réalise qu?elle a un problème. Le problème à Maurice est que les sociétés ne réalisent pas qu?elles ont un problème. Il y a une phase de dénégation. Beaucoup d?entreprises ont la fâcheuse habitude de tout mettre sur le dos des banques et d?autres parties et ne prennent pas toujours leurs responsabilités.

Il faut identifier le problème à la source. Cela permet aux banques, si elles sont proches de leurs clients, d?être proactives et de recommander une restructuration au moment opportun.

Les entreprises doivent suivre les tendances du marché même lorsque les choses vont bien. Il faut toujours se tenir prêt à l?éventualité d?une baisse d?activité dans le business.

Propos recueillis par <B>Akilesh ROOPUN</B>

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