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Les assises requises pour la mère des «bébés congelés»

27 février 2008, 20:00

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Le parquet de Tours (Indre-et-Loire) a annoncé avant-hier avoir requis le renvoi en cour d?assises de Véronique Courjault, mise en examen pour «assassinats» et écrouée depuis octobre 2006 pour avoir tué trois de ses enfants à leur naissance.

Un non-lieu est en revanche demandé pour son mari Jean-Louis Courjault, mis en examen pour «complicité d?assassinats» et laissé libre, précise-t-il dans un communiqué. Un juge d?instruction devra prononcer la décision finale et le procès pourrait se dérouler d?ici environ un an.

L?affaire a commencé à l?été 2006 à Séoul, en Corée du Sud, où le couple résidait, quand Jean-Louis Courjault a découvert deux corps de nouveaux-nés dans le congélateur de son domicile.

Véronique Courjault, 38 ans, qui avait d?abord soutenu publiquement la thèse d?une machination, a finalement avoué à la police française, après des tests ADN établissant la filiation des enfants morts, avoir étranglé à leur naissance trois enfants au total, mis au monde clandestinement, un en France en 1999 et deux en Corée en 2002 et 2003.

Jean-Louis Courjault a toujours déclaré avoir tout ignoré des grossesses de sa femme. L?avocate de son épouse a contesté le traitement carcéral réservée à sa cliente, dont le crime relève selon elle davantage de la psychiatrie que du droit pénal.

Les psychologues estiment en effet que la détenue, qui risque la perpétuité aux assises, a été victime d?un phénomène psychologique appelé «déni de grossesse», relativement courant, par lequel la mère refuse l?idée d?être enceinte, au point de cacher son état à son entourage. Le meurtre des nouveau-nés est une issue possible de ce syndrome et il est fréquent que le père ne soit informé de rien, selon des psychologues.

Deux autres affaires du même type ont été mises au jour en France depuis le dossier Courjault. En août dernier, la police a découvert à Albertville (Savoie), au domicile de leur mère, les corps de trois nouveau-nés qui ont péri peu après une naissance clandestine et avaient aussi été conservés. Son mari, qui avait alerté la police, n?a pas été initialement poursuivi.

Le 18 octobre, une femme a été écrouée après la découverte dans la cave de son immeuble, à Valognes (Manche), des cadavres de six nouveau-nés qu?elle a admis avoir tués à leur naissance. Dans ce dossier aussi, le père dit avoir tout ignoré.

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