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Les arguments de la dernière chance
Pravind Jugnauth, « Campaign Manager » de l?alliance MSM-MMM « Ce sera une belle victoire du sérieux sur la démagogie »
D?une éventuelle victoire du MSM-MMM demain, Paul Bérenger dit que ce sera surtout la vôtre?
Dès le départ, j?ai affirmé que ce serait un match entre Navin Ramgoolam et moi-même, donc la victoire sera, sur ce plan, personnelle. Elle confirmera également la force, le sérieux et le bon travail du MSM-MMM. Ce sera surtout une très belle victoire, en hommage à tous ceux qui ont à coeur l?intérêt du pays contre ceux qui ne pensent qu?à jouir et à dilapider.
Après plus de deux mois de campagne, comment évaluez-vous le rapport de forces sur le terrain ?
Je suis serein et plus que jamais confiant en une éclatante victoire de l?alliance MSM-MMM et de son candidat Prakash Maunthrooa.
Qu?est-ce qui explique votre optimisme ?
Ce sentiment découle de l?impact extrêmement positif de notre campagne électorale, l?enthousiasme débordant de nos partisans et l?adhésion des sympathisants du Parti travailliste à la cause du MSM-MMM; ces derniers ayant réalisé qu?il n?y avait aucun avenir possible avec l?opposition. Les réunions et congrès que nous avons tenus ces derniers jours illustrent clairement l?avance considérable que nous avons.
Pourtant vous avez connu un début de campagne des plus laborieux ?
Il ne faut pas se voiler la face : nous reconnaissons qu?il y a eu une période de flou au départ provoqué essentiellement par le changement de candidat. Il y a eu également la campagne démagogique du PTr qui voulait faire accroire qu?il y avait une collusion entre Cehl Meeah et nous. Mais l?électorat du n° 7 s?est vite rendu compte de l?hypocrisie de l?opposition : il n?est un secret pour personne que ce seront les travaillistes qui ont toujours soutenu le Hizbullah, avec lequel ils ont conclu, à plusieurs reprises d?ailleurs, des arrangements électoraux. Mais tout cela est bien loin derrière nous. Et aujourd?hui il est clair que le PTr a déjà concédé la défaite, préférant éviter le face-à-face Maunthrooa-Jeetah afin de ne pas amplifier leur débâcle?
Et les propos tenus par Sir Satcam Boolell ont joué en votre faveur...
C?est un langage infect, rétrograde, que le président d?honneur du PTr a tenu. C?est une insulte pour l?ensemble de la communauté hindoue. Un discours rejeté, avec raison, par l?électorat du n° 7.
Le dernier argument de l?opposition : Navin Ramgoolam salue Tengur et accuse le gouvernement de l?avoir laissé seul dans son combat.
Encore une autre récupération malheureuse de Ramgoolam, avec une forte dose de communalisme, comme à son habitude. Il aurait dû avoir honte plutôt, puisqu?il n?a rien fait pour réformer notre système éducatif, alors qu?il était au pouvoir durant quatre ans et demi. Alors que nous, nous avons mis en chantier ce que nous avons promis...
Vous avez jeté tout votre poids dans cette partielle, assumant les fonctions de « Campaign Manager » alors que vous êtes vice-Premier ministre et que vous avez à charge les portefeuilles des Finances et de l?Agriculture. N?avez-vous pas pris trop de risques ?
Je suis un homme de défis. C?est vrai que ça fait beaucoup de responsabilités. Mais en même temps, c?est tellement challenging. Je me suis fait un devoir d?assurer que mon engagement dans la partielle n?affecte aucunement le travail au niveau des deux ministères dont j?ai la charge. Le travail s?est fait dans la sérénité. Et c?est pourquoi, entre autres, la victoire que nous aurons lundi sera des plus belles.
Propos recueillis parNad sivaramen
Madun Dulloo, mandaté par le leader de l?alliance sociale
« L?élection partielle aura valeur de référendum »
Comment s?est déroulée la campagne de l?alliance sociale ?
Très bien. Nous avons démarré avec une confortable avance. Malgré le changement de candidat chez l?adversaire et toute la propagande faite en sa faveur, les choses n?ont pas changé. L?alliance gouvernementale a ensuite tenté une démonstration de force. Elle a inondé la circonscription de banderoles, d?oriflammes et de containers pour tenter de créer un impact psychologique. Elle a aussi eu recours à la violence et à l?intimidation. Tout cela n?a rien donné. L?énorme soutien en notre faveur demeure visible.
Ce n?est pourtant pas l?impression recueillie jeudi soir à Plaine-des-Papayes où les deux camps tenaient deux meetings dans le même périmètre.
En parlant de Plaine-des-Papayes, je me demande comment les autorités policières ont pu autoriser ces deux réunions à moins de 50 mètres l?une de l?autre. Je ne sais pas de quelle impression vous parlez, mais ce que je peux dire, c?est qu?au moment où je me suis adressé à l?assistance vers 23 heures, il y avait bien plus de monde chez nous que chez l?adversaire.
Cader Sayed Hossen a insinué lors d?un meeting à Piton que l?installation de Paul Bérenger à la tête du gouvernement nous a ramenés 60 ans en arrière. De tels propos ne frisent-ils pas le racisme ?
Non. Je pense que c?est une analyse de l?évolution de la société depuis les élections générales de septembre 2000. Le gouvernement a eu depuis recours à un re-engineering de notre société, entraînant une concentration du pouvoir politique et du pouvoir économique entre les mains d?une poignée de gens.
La politique économique menées depuis 1983 n?a-t-elle pas un même fil conducteur ?
- Pas du tout. Il y a eu depuis septembre 2000 un changement dramatique sur le plan économique, sur celui de la démocratie économique, de la démocratie industrielle et de la démocratie politique. Ce qui fait que le petit peuple s?est appauvri. Le discours de Cader Sayed Hossen n?a rien de nouveau. C?est le même que nous tenons depuis de nombreux mois au Parlement et ailleurs.
Certains de vos collègues ne se sont pas gênés pour parler de l?appartenance religieuse du candidat Prakash Maunthrooa. Qu?est-ce que la foi d?un candidat a à faire dans une élection ?
Je ne suis pas au courant de tels commentaires. En revanche, je sais que les dirigeants de l?alliance MSM-MMM ont lancé un débat sur le profil approprié de quiconque voudrait se porter candidat dans la circonscription de Piton-Rivière-du-Rempart. Comprenez par là le profil « communal et castéiste ».
En quoi l?élection de Rajesh Jeetah va-t-elle améliorer la vie de l?électeur de Piton-Rivière-du-Rempart ?
Cette élection aura surtout valeur de référendum. Une victoire de Rajesh Jeetah sera d?abord une condamnation de la politique gouvernementale à tous les niveaux et dans tous les secteurs.
Aux élections de septembre 2000, les candidats de l?alliance PTr-PMXD-MMSM avaient pour symbole la clé et le cheval. Or, celui de Rajesh Jeetah a escamoté le cheval. Est-ce parce que le PMXD est aujourd?hui inexistant ?
Non, en aucune façon. L?alliance sociale a décidé de présenter un candidat du PTr soutenu par les autres partenaires. Nous avons par la même occasion décidé qu?il aura pour symbole la clé et rien que la clé.
Propos recueillis par Renaud marie
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