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Les archives réunionnaises servent de modèle

23 juin 2005, 00:00

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Une délégation de Mayotte a visité hier les archives départementales de la Réunion. Le conseil général de Mayotte compte construire d’ici deux ans un bâtiment du même type pour que les Mahorais puissent s’approprier leur patrimoine documentaire. Si les archives réunionnaises ont souffert d’une agression fongique exceptionnelle, celles de Mayotte ont elles aussi subi de lourds traumatismes au cours de leur histoire. Brinquebalées au fil des événements entre Madagascar, Dzaoudzi et Moroni, elles n’ont pas encore trouvé les rayonnages tempérés et rassurants dignes de leur valeur. Dans le cadre de l’évolution statutaire de l’île Hippocampe, les archives mahoraises sont passées en avril 2004 sous la compétence du conseil général et ont quitté le giron préfectoral. Pareille décentralisation avait eu lieu en 1986 pour les départements de métropole et d’outre-mer.

<B>Un service public trop étriqué</B>

Conscients du poids de cette mission, les élus mahorais entendent bâtir d’ici deux ans une véritable direction des archives de la collectivité départementale.

Actuellement, le service des archives est trop étriqué pour satisfaire le public. Il faut changer de locaux et former le personnel. Hier, Soiderdine Madi, conseiller général d’Acoua, Ahamed Attoumani, conseiller général de Kani-Kéli et Mustoihi Mari, conseiller général de Bandrélé ont visité les Archives départementales de la Réunion. Ils étaient notamment accompagnés de la nouvelle conservatrice des archives de Mayotte, Anne Lebel.

“Nous sommes là pour voir quelles sont les conditions techniques nécessaires à la conservation de documents ainsi que pour étudier la conception d’un bâtiment d’archives”, indique Ahamed Attoumani, également directeur du Centre de documentation pédagogique de Mayotte. Les Mahorais entendent évidemment profiter du savoir-faire réunionnais pour combattre le vieillissement prématuré des documents même si les archives mahoraises ne disposent en fait que d’ouvrages relativement récents. “Tout ce que nous avons est postérieur à 1843, date de l’arrivée des Français”.

La visite des élus comprend également comme une invitation à la coopération. Au-delà de la simple mission de conservation, un responsable d’archives est aussi un explorateur, un archéologue. “Notre modèle s’appelle Indiana Jones”, remarque, souriante, la conservatrice réunionnaise Nadine Rouayroux.

<B>Faire table rase du passé</B>

Sa consoeur de Dzaoudzi raconte s’être rapprochée des responsables comoriens pour “enquêter” sur ce qu’il s’était passé en 1977, lorsque les dirigeants des Comores indépendantes disaient faire table rase du passé. “On a dit que les archives de Mayotte, qui avaient été déménagées à Moroni, ont été brûlées. En fait, il semble que beaucoup de documents ont été sauvés. On vient de découvrir des archives du XIXe siècle au Centre nationale de documentation et de recherche scientifique (CNDRS) d’Anjouan”, relate Anne Lebel.

En règle générale, les archives ne quittent pas les territoires sur lesquels elles se trouvent, ce qui oblige les conservateurs et chercheurs à communiquer entre eux. Malgré les réticences politiques qui perdurent entre Mayotte et les Comores, les historiens ont en tout cas déjà envie de travailler ensemble. “Plus de la moitié des archives qui intéressent Mayotte sont à Aix-en-Provence mais nous devrons aussi coopérer avec les Comores, Madagascar et Zanzibar ”, note la conservatrice mahoraise.

<B>Franck CELLIER

Le Quotidien de la Réunion</B>

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