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Les amis et les ennemis?

1 janvier 2006, 20:00

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Six mois que le paysage politique est peint différemment. Six mois que les législatives ont donné au pays un gouvernement avec une faible majorité et une opposition forte. Tant mieux pour la démocratie, avait-on dit. Mais à la reprise des travaux parlementaires, en août, l?opposition surprend par son ton conciliant, n?arrive pas à s?imposer, ni à communiquer, ni même à se faire entendre. La majorité, une fois l?euphorie de la victoire passée, montre des signes de troubles. Que nous réservent nos politiciens en cette année noire, économiquement s?entend, que sera 2006 ?

Un Mouvement militant mauricien (MMM) affaibli, surtout après les résultats des municipales, qui semble trouver l?idée de se remettre en question difficile à digérer, un leader stressé, qui a perdu de son punch et qui semble ne meme pas avoir envie de le retrouver.

A côté, le Mouvement socialiste militant (MSM), sans leader au Parlement, donne l?impression de vivre sur une autre planète et qui, même séparé du MMM, arrive à un ?accord? pour que Paul Bérenger garde le titre de leader de l?opposition.

Petites disputes entre amis

Maurice Allet, leader du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), qui a réussi l?exploit de voler un des élus de son ancien partenaire, le MMM (Eric Guimbeau), avant même les municipales, semble lui penser qu?un parti politique doit faire du social.

Face à ces adversaires pas très intimidants, l?Alliance sociale navigue tant bien que mal. Les crises que beaucoup avaient prédites au sein de cette alliance à six partenaires ont été jusqu?ici bien gérées.

Si le Mouvement militant socialiste mauricien (MMSM) de Madan Dulloo est mécontent parce que ses proches n?ont pas été nommés à des postes convoités, il n?en laisse rien transparaître. Idem pour le Mouvement socialiste démocrate (MSD) d?Anil Bachoo, le Mouvement républicain (MR) de Rama Valayden et le Parti mauricien Xavier Duval (PMXD). Seul Sylvio Michel n?a pas pu se contenir et fait du chantage au gouvernement.

Et pourtant, ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour que des fissures apparaissent dans l?alliance. La distribution des tickets pour les municipales, qui a d?ailleurs vu la désolidarisation des Verts-Fraternels, a failli mal tourner. Mais la face a été sauvée quand les différents leaders ont annoncé qu?ils n?étaient pas partie prenante des négociations.

Les nominations sont encore un sujet de discorde. Si les proches des différents partis politiques disent volontiers leur ras le-bol parce qu?ils estiment ne pas avoir eu leur ?bout?, les leaders, eux, ne parlent pas. Alors que l?on annonçait des nominations en cascade pour le 18 novembre, une réunion entre le Premier ministre et les leaders de l?Alliance sociale aurait mal tourné la veille de l?annonce. Une rumeur qui n?a pas pu être confirmée mais qui s?est quand même fait persistante. Si du côté de l?Alliance sociale, les choses vont donc plus au moins bien ? du moins en apparence ? la surprise vient de la locomotive du bloc, le Parti travailliste (PTr).

Après Reza Issac, qui égratigne les ?députés qui ne tiennent pas leurs promesses?, Yatin Varma crée la surprise en demandant à son collistier Vasant Bunwaree de démissioner de son poste de ministre jusqu?à ce que son nom sorte de l?affaire MCB-NPF. La requête de Varma était faite en l?absence du Premier ministre du pays et l?on attend la réaction de Navin Ramgoolam. Varma sera-t-il sanctionné ? Plus important, Ramgoolam peut-il se permettre le luxe de sévir et prendre le risque que Varma démissionne ? ?Je ne pense pas. S?il avait une majorité absolue au Parlement, peut-être, mais là, ce ne serait pas une bonne idée?, dit un travailliste.

?Au contraire, Ramgoolam doit s?imposer comme leader. S?il passe l?éponge une fois, il devra passer l?éponge une deuxième fois. C?est son unique opportunité de démontrer qu?il ne va pas tolérer l?indiscipline. Il devra à cette occasion émuler Anerood Jugnauth?, dit un observateur politique.

Le plus remuant du moment demeure Harish Boodhoo. Le journaliste-politicien s?en est allé en guerre contre Navin Ramgoolam et il ne semble pas prêt de lâcher prise. Il dit à qui veut l?entendre qu?il a voté contre le gouvernement, dénonce l?inertie de l?opposition et affirme qu?il fera un possible retour en mars. Pour ajouter ensuite qu?il n?a pas besoin de faire de come back puisqu?il est ?déjà là?. Va-t-il réussir à donner du fil à retordre à Ramgoolam ? En tout cas, Boodhoo semble déterminé?

Démissions en série

La relation ?spéciale? entre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam ne s?est pas estompée. Les deux hommes continuent à souffler le chaud et le froid. Mais entre leurs sourires complices, Ramgoolam continue à blâmer l?ancien régime pour son ?héritage catastrophique? alors que Bérenger martèle que d?ici ?mars, la situation va empirer?.

Pravind Jugnauth reste, lui, politiquement très statique. Après la série de démissions de l?an dernier (Bachoo, Choonee, Ramloll, Jhurry et Chumroo), le MSM expulse deux autres membres de toutes ses instances. Vijaya Sumputh et Anil Gayan ont tous deux la même chose à dire : il existe un problème de leadership au parti. Jugnauth rétorque qu?il va ?continuer dans la sérénité??

Serait-ce la sérénité qui caractérisera la scène politique cette année ? Pas d?après Boodhoo ni Bérenger. ?Je m?occupe de mes ennemis, mais protégez-moi de mes amis?, disait Sacha Guitry. Le Premier ministre devrait peut-être prêter attention à ce conseil?

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