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Les acteurs pensent démocratisation
LA DÉMOCRATISATION de l?économie fait débat. Les diverses facettes de la problématique ont été abordées lors d?un business forum organisé hier par la Jeune chambre économique (JEC) de Port Louis au siège de l?Alliance française à Bell-Village.
Le gouvernement a fait de la démocratisation de l?actionnariat l?une de ses préoccupations pour les deux prochaines années. Il ne précise toutefois pas comment il compte s?y prendre. Depuis longtemps déjà, l?opposition a fait de la lutte contre la concentration du pouvoir économique l?un de ses principaux chevaux de bataille.
Les intervenants ?Tim Taylor, Chief Executive Officer (CEO) du groupe Rogers, Georges Chung, industriel et directeur de T-Printers, et Amédée Darga, consultant et Managing Director de Straconsult ? ont longuement disserté sur le problème. Ils ont abordé certaines questions de fond, y compris des mythes: comment ouvrir davantage l?actionnariat au plus grand nombre ? Faut-il recourir aux outils de l?ingénierie sociale pour rééquilibrer certains rapports de force ? Quel rôle attribuer aux sociétés étatiques ? Les grands conglomérats faussent-ils les règles du jeu sur le marché ?
?La solution est ailleurs?
?L?ingénierie sociale n?est pas la bonne approche dans ce processus?, dira avec fermeté Tim Taylor. Cette méthode risque d?entraver le développement. Les principes démocratiques ne sont pas tous applicables au contexte économique. La solution se trouve ailleurs : s?il est vrai que le contrôle économique reste concentré entre les mains de quelques groupes, il est temps que les fonds de pension et d?investissement jouent un rôle plus actif à la Bourse pour diluer ce pouvoir.
Tim Taylor trouve déplorable que le Fonds national de pension n?investisse pas suffisamment dans le marché boursier. Ailleurs, ces fonds sont de puissants moteurs d?investissement capables de mobiliser l?actionnariat populaire.
Tim Taylor défend les entreprises familiales inévitablement attaquées dans ce type de débat : ?Souvent, les sociétés familiales voient plus loin que celles qui le sont pas.? Il ne manquera pas d?évoquer l?aspect ethnique de la question en lançant : ?Est-ce le profil ethnique du groupe dont on dit qu?il détient le pouvoir économique qui pose problème ??
L?accès aux ressources financières et foncières était au c?ur de l?intervention d?Amédée Darga. Même si la concentration économique ou les entreprises familiales ne le gênent nullement, l?intervenant s?insurge contre la difficulté à rivaliser à armes égales sur plusieurs marchés tant publics que privés. ?Il n?y a pas de marché libre à Maurice. Le marché est bloqué. Même s?il n?y a pas un agenda du type zimbabwéen, il faut donner des chances égales à tout le monde pour accéder aux ressources et aux marchés?, dit-il.
Il cite notamment les conglomérats qui favorisent les firmes de leur groupe dans l?approvisionnement des biens et des services au détriment d?une compétition saine. Les sociétés d?Etat, dit-il, ont un grand rôle à jouer pour restituer une certaine influence aux opérateurs qui ne sont pas affiliés aux grandes entreprises.
Argument que ne partage pas le troisième intervenant, Georges Chung, qui fait montre d?un postulat très libéral : ?La compétition s?occupera des anomalies du marché.?
Plaidant en faveur de l?entreprise, il exhorte les parties concernées à favoriser l?éclosion de l?entrepreneuriat et à aider à leur épanouissement. Pour cela, il faut combattre les monopoles tant privés qu?étatiques qui sont, selon lui, de véritables obstacles à cet entrepreneuriat.
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