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Les «secrets» de Tianli intéressent l?opposition
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Les «secrets» de Tianli intéressent l?opposition
Au cours de la séance Private Notice Question d?hier, Paul Bérenger, leader de l?opposition, dit ne pas comprendre pourquoi le gouvernement refuse obstinément de rendre publics les deux accords-cadres entre Maurice et la Chine pour la construction et la gestion de la zone industrielle de Tianli à Riche-Terre. Il craint aussi que le gouvernement n?ait accordé des largesses inutiles.
Rama Sithanen, vice-Premier ministre et ministre des Finances, répond, pour sa part, que l?opposition essaie de faire du «China-bashing» pour le compte de forces occultes. Ce que réfute avec force le leader de l?opposition.
Le ministre des Finances indique que le projet nécessitera 10 milliards de dollars américains (environ Rs 300 milliards) en termes d?investissement. Maurice a été choisi comme un des rares pays qui serviront de passerelle entre la Chine et l?Afrique. Pour obtenir ce statut, il a fallu s?engager dans des négociations difficiles, d?autant plus qu?il y avait 25 pays en lice.
Grâce à «nos liens étroits avec la Chine», que le Premier ministre Navin Ramgoolam a fait valoir, lors du sommet Chine-Afrique, à la fin de 2006, la grande puissance chinoise a accepté de considérer la candidature mauricienne. «Toutefois, les négociations qui s?en sont suivies se sont révélées très dures, parce que nous ne répondions à aucune des exigences de base des Chinois. Nous ne possédons ni pétrole, ni ressources minérales, ni n?avons de grand marché domestique», dit Rama Sithanen.
Mais Maurice a pu faire pencher la balance en sa faveur en raison de sa stabilité politique, sa liberté économique, son évolution rapide vers le libre-échange, sa population mixte vivant en harmonie, son environnement propice aux affaires, son bon climat et ses liens solides avec la Chine.
En contrepartie, Maurice concède à la compagnie chinoise Tianli 211 hectares (500 arpents) de terre loués à Rs 100 l?hectare. Tianli doit créer, dans cet espace imparti, une zone industrielle intégrée comprenant, entre autres, des centres commerciaux et des services communautaires avec des institutions de formation et un hôpital. «Ce sera une nouvelle ville correspondant à notre objectif de créer une île Maurice moderne», se réjouit Rama Sithanen.
Paul Bérenger est cependant beaucoup moins euphorique. Est-ce que le gouvernement a tenu compte des risques liés à la sécurité et aux questions d?ordre social et stratégique ? Pourquoi tenir secrètes les clauses liant les deux pays alors que la Zambie a rendu public son contrat ? «Je peux leur demander s?ils acceptent de rendre public les accords-cadres», répond Rama Sithanen.
Rama Sithanen rassure : «Nous discuterons avec Tianli pour atténuer certains problèmes.» Il accuse certains, sans les nommer, de «retarder la mise en place du projet pour des raisons hors de notre contrôle et pour des raisons que nous connaissons». Il ajoute : «Je ne vais pas remuer le couteau dans la plaie. Il y a beaucoup de tentatives.» Il assure néanmoins avoir eu la garantie que le projet devrait débuter d?ici septembre, au plus tard.
Paul Bérenger souhaite ensuite en savoir davantage sur les Rs 750 millions d?investissements dans les infrastructures et nécessaires à la mise en place du projet. «Seulement Rs 85 millions seront payées par le gouvernement», affirme le ministre des Finances. Le Central Electricity Board entreprendra, pour sa part, des travaux de l?ordre de Rs 250 millions alors que la Central Water Authority rehaussera la station de traitement de La Nicolière. Mauritius Telecom financera, elle, l?installation de téléphone et d?Internet dans la zone.
Rama Sithanen précise cependant que toute la région bénéficiera de ces travaux et que des organismes d?Etat auront un retour sur investissement. Il répond aussi que le pays accordera un passeport mauricien aux Chinois pour chaque 500 000 dollars américains (Rs 30 millions) investis. «Nous connaissons tous les préjugés que certaines personnes ont contre les passeports chinois. Il est très difficile de travailler en Afrique avec ces passeports, donc ils ont demandé des passeports mauriciens. Ce que nous faisons n?est pas différent des facilités que nous offrons aux Integrated Resorts Schemes», dit Rama Sithanen.
En termes d?emplois, Tianli peut en créer 40 000, directs et indirects. Si la priorité sera accordée aux Mauriciens, le ministre des Finances est conscient que trouver sur place des compétences pointues dans certains secteurs n?est pas chose facile et qu?il faudra importer de la main-d??uvre.
Paul Bérenger déplore que les compagnies mauriciennes ne seront par tolérées dans la zone gérée par Tianli. Rama Sithanen répond : «Ils voulaient ouvrir les portes, mais nous ne voulons pas, dans un premier temps. Nous souhaitons des jobs additionnels, plus de gains, de nouvelles compagnies.»
<B>Une bagarre évitée</B>
■ Le dossier de la zone industrielle de Tianli a provoqué une forte tension dans l?hémicyle. L?opposition critiquait vivement le gouvernement qu?elle accusait de ne pas jouer le jeu de la transparence, un incident est intervenu entre le député du Mouvement socialiste militant (MSM) Mahen Jhugroo et le ministre James Burty David. Le «tom deor» que lance le premier nommé est pris au pied de la lettre par James Burty David, qui sort de l?hémicycle, suivi des députés Ram Mardemootoo, Reza Issack et du ministre Rajesh Jeetah, entre autres. Ils interpellent le député de l?opposition qui quitte également son siège. Showkutally Soodhun et Nando lui emboîtent le pas. Kailash Purryag, speaker, a fort à faire pour ramener l?ordre. Une intervention de policiers de service a pu éviter une bagarre.
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