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L?enjeu du sommet aux Comores : renégocier ou non
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L?enjeu du sommet aux Comores : renégocier ou non
Le sommet régional prévu aujourd?hui aux Comores pour dénouer la crise politique ouverte depuis 1997 doit-il entériner le dernier accord négocié en août à Pretoria, ou lui faudra-t-il repartir de zéro? C?est la question posée dès l?ouverture des discussions préparatoires jeudi à Moroni.
«Nous sommes déjà tombés d?accord sur tous les points de l?ordre du jour, et nous avons d?ailleurs signé un compromis en ce sens à Pretoria en août», a déclaré Mohamed Bacar, le président d?Anjouan, une des trois îles autonomes de l?Union des Comores.
«Si nous continuons à signer des documents et à exprimer des réserves par la suite, nous ne parviendrons jamais à mettre en oeuvre aucun accord», a-t-il ajouté jeudi, cité par une source proche des travaux préparatoires au sommet. «C?est toute la problématique, et cela promet d?être sportif», a commenté un diplomate en poste à Moroni. «L?accord de Pretoria, qui porte notamment sur la répartition des ressources et le contrôle de l?armée et de la police, n?a pas été validé par la présidence de l?Union, seulement par celles des trois îles», a-t-il expliqué.
Les élections législatives, qui restent à organiser à l?échelon de l?Union et de celui des trois îles, la Grande-Comore, Anjouan et Mohéli, sont au centre des débats, a poursuivi le diplomate. «L?Union considère les élections comme la base, le point de départ, et les îles, au contraire, veulent qu?on mette en oeuvre l?accord de Pretoria pour organiser les élections», a-t-il souligné. «La question, c?est de savoir si on va signer un véritable accord, ou un énième accord», a-t-il conclu.
«une occasion à ne pas rater»
Le sommet d?aujourd?hui s?inscrit dans une longue série de réunions destinées à résoudre la crise politique aux Comores. Les débats, suspendus jeudi en début d?après-midi, devaient reprendre dans la soirée et se poursuivre vendredi, et l?atmosphère semblait tendue, selon les observateurs sur place.
Le sommet régional est «une occasion à ne pas rater», avait pourtant déclaré l?envoyé spécial de l?Union africaine (UA), Francisco Madeira, en ouvrant la réunion préparatoire, jeudi à la mi-journée. «Nous venons de loin dans ce processus de réconciliation, et il nous faut aller de l?avant pour l?achever par l?organisation des élections législatives dans un environnement libre et acceptable par tous», avait-il ajouté.
Le sommet, si tout va bien, débouchera au moins sur la signature du «mémorandum de Pretoria» par le président de l?Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, et ceux des trois îles. Le sommet doit également réunir à Moroni le président sud-africain Thabo Mbeki, dont le pays coordonne les efforts de réconciliation aux Comores, le ministre français délégué à la Coopération, Pierre-André Wiltzer.
Outre les parties comoriennes, les travaux préparatoires du sommet réunissent des représentants de Madagascar et Maurice, de la Tanzanie, de la Libye, du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), du secrétaire général de l?Onu, de l?Union européenne et de la France.
L?archipel des Comores, ancienne colonie française de l?océan Indien devenue indépendante en 1975, est devenue l?Union des Comores en décembre 2001, avec une nouvelle Constitution «gommant» la sécession de l?île d?Anjouan, survenue en 1997. Le colonel Azali Assoumani, arrivé au pouvoir par un coup d?Etat en 1999, a été élu depuis président de l?Union, dans laquelle les trois îles ont des pouvoirs élargis. Des élections législatives étaient prévues avant la fin 2002, mais restent à organiser, et un conflit de compétences, essentiellement sur les ressources financières, oppose en particulier l?Union à la Grande-Comore, la principale des trois îles.
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