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L?embauche devient plus pénible

1 janvier 2006, 20:00

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La fin des études est-elle le début d?une longue traversée du désert avant de trouver un emploi ? Plusieurs milliers de jeunes feront leur entrée sur le marché du travail après les résultats du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Parmi eux, beaucoup devront s?armer de patience avant de démarrer dans la vie professionnelle.

Le dernier Continuous Multi-Purpose Household Survey du Bureau central des statistiques (BCS) consacré à l?emploi donne des précisions au deuxième trimestre de 2005 : une personne sur cinq est restée au chômage pendant plus de deux ans et 23 % de ceux qui peuvent prétendre à un emploi ont attendu entre un et deux ans. Mais trois personnes sur cinq se sont fait embaucher en moins d?une année.

L?emploi devient de plus en plus précaire, en raison des licenciements massifs dans la zone franche et dans l?industrie sucrière, ces cinq dernières années. Le nombre de nouveaux arrivés sur le marché du travail dépasse de loin le nombre de nouveaux postes créés. Au deuxième trimestre de 2005, le taux du chômage était de 10,4 % contre 9,2 % pour la période correspondante en 2004. Les chercheurs d?emploi n?ayant encore jamais travaillé représentaient 40 % des sans-travail.

Moins de la moitié des chômeurs se font enregistrer auprès des services de l?emploi du gouvernement. Une personne sur deux prospecte directement auprès des employeurs, soit par lettre de motivation, soit en se présentant dans les entreprises pour demander du travail. Un sans-emploi sur quatre répond aux annonces de recrutement dans les journaux. Seulement 7 % des chômeurs ont décidé de se mettre à leur propre compte.

La moitié de ceux en attente d?une embauche n?ont pas le SC, tandis qu?un chômeur sur cinq n?a pas réussi aux examens de fin du cycle primaire (Certificate of Primary Education). Les chômeurs détenant uniquement le SC représente 18,4 % de ce pool, 7 % des sans-emploi détiennent au moins le HSC et 6 % ont un diplôme universitaire.

Meilleures perspectives dans le tourisme

La répartition sectorielle de la population active est la suivante : agriculture, 10 % ; activités manufacturières, 20 % ; construction, 10 % ; distribution, 12 % ; éducation, santé et services sociaux, 10 % ; transports, entreposage et communications, 8 % ; administration publique et défense, 7 % ; hôtellerie et restauration, 7 %.

La main-d??uvre agricole connaîtra une autre contraction importante cette année, avec une deuxième vague de départs volontaires dans le secteur sucre. Les sociétés sucrières seront obligées de réduire leurs effectifs pour faire face à la baisse du prix du sucre sur le marché européen. Même si le textile-habillement, en proie à de sérieuses difficultés ces dernières années, arrive à se stabiliser en 2006, il ne pourra plus recruter en grand nombre.

Pour faire repartir l?emploi, le gouvernement n?a d?autre choix que de stimuler l?investissement privé. Les opérateurs n?ont pas investi suffisamment pour créer de nouveaux emplois. L?économie s?est ainsi retrouvée dans un cycle de chômage en croissance (jobless growth). La priorité du gouvernement est de rétablir graduellement un taux d?investissement de 30 % (contre 22% actuellement) : il s?agit du montant investi par rapport au produit intérieur brut.

Dans l?immédiat, c?est le tourisme qui offre des meilleures perspectives d?embauches (directes et indirectes) grâce à son effet multiplicateur élevé dans l?économie. De nouveaux pôles de développement, tels le seafood hub et des activités annexes, pourront employer une main-d??uvre peu qualifiée. Le gouvernement favorise le développement de plusieurs activités de services à valeur ajoutée (technologie informatique, sous-traitance, services financiers?) afin de multiplier les opportunités pour les cols blancs.

Le combat contre le chômage est une urgence pour 2006. Même si cela doit se faire au détriment des prix et de la bourse des consommateurs, estiment des observateurs. La récente décision de la Banque de Maurice de relever le taux Lombard (le taux directeur) est perçue, dans les milieux des affaires, comme un mauvais signal pour l?emploi. La Banque centrale a choisi de privilégier la stabilité relative du taux de change de la roupie (un taux d?intérêt plus élevé sur les dépôts en roupie rehausse l?attrait de la monnaie locale et la rend plus cher).

Mais cela n?aide pas forcément dans la conjoncture, dans la mesure où les secteurs d?exportation dépendent beaucoup d?une roupie compétitive (donc faible). ?On ne peut pas dire que le relèvement du taux d?intérêt va aider la zone franche qui a connu des fermetures d?usine, des licenciements considérables, des baisses importantes des exportations et qui a dû faire face à la concurrence internationale?, commente Hamid Jhumka, directeur de la division Analyse économique de la Chambre de commerce et de l?industrie.

Il estime que la pression sur la roupie et les prix peut être gérée d?une autre manière : une politique monétaire accommodante qui encouragerait les entreprises à exporter plus et à injecter davantage de devises dans l?économie.

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