Publicité

L?effet domino

4 octobre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les réactions sont houleuses. La hausse de 20 %, et du prix du diesel et de celui de l?huile lourde, décidée ce jeudi par le comité de l?Automatic Pricing Mechanism, fâchent les consommateurs, particulièrement les responsables d?entreprises. Ils craignent un effet domino sur les prix des biens de consommation.

Les chefs d?entreprise font partie des plus grands utilisateurs de ces deux produits qui, aujourd?hui, se vendent à Rs 51,20 le litre pour le diesel et Rs 18,974 pour l?huile lourde. Les effets de cette hausse conséquente sur leurs activités sont incalculables, d?après eux.

«Je renonce à comprendre pourquoi les prix du diesel et de l?huile lourde, qui sont des produits dérivés du pétrole brut, augmentent quand les cours sont en baisse sur le marché mondial», dit Georges Chung, le président de la Mauritius Export Association. «Les difficultés du secteur de l?export sont connues de tous, sans qu?on y ajoute cette hausse du prix du carburant. Les exportateurs vendent sur des marchés hautement concurrentiels. C?est dommage qu?ils doivent s?approvisionner en carburant sur un marché où la STC détient le monopole exclusif.»

Même réaction de la part de Salim Sulliman, de Margarine Industries, qui fait carburer ses machines au diesel. «C?est pour nous une douche froide. Et cela se répercutera sur les prix des biens de consommation». Nazir Hosany, président de l?Association des propriétaires de boulangerie conclut : « Nous réfléchissons à la façon de rentabiliser nos activités, sans modifier nos prix. Mais si nous n?avons pas d?autres options, le prix du pain devra malheureusement être augmenté».

<B>Le MMM :

«Baissez les taxes !»</B>

La hausse du prix du diesel provoquera une situation hautement inflationniste. Les répercussions sur le pouvoir d?achat du consommateur et les coûts de production des entreprises seront effroyables», prévient Vishnu Lutchmeenaraidoo. Le président de la commission économique du Mouvement militant mauricien est revenu sur la crise financière mondiale et ses impacts sur l?économie locale lors d?un point de presse hier à Port-Louis.

L?intervenant propose que les différentes taxes sur le carburant soient perçues sur une base spécifique. Les taxes sur les produits pétroliers seraient recueillies en fonction de la quantité physique, et non de la valeur des produits importés, comme cela se fait actuellement.

Selon lui, il pourrait s?agir de percevoir, par exemple, Rs 5 par litre de carburant importé au lieu de 15 % sur la valeur du carburant. Ainsi la taxe perçue serait fixe. Cette méthode fiscale est moins douloureuse pour le consommateur et aiderait «à ramener le prix du carburant à un niveau raisonnable».

Il ajoute que la méthode actuellement en vigueur manque de pertinence. Elle grossit le montant des taxes à verser par le consommateur, alors que celui-ci subit déjà les incidences de l?augmentation des cours du pétrole à l?international.

Publicité