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Le «screening», ce filet qui laisse passer des brebis galeuses au recrutement
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Le «screening», ce filet qui laisse passer des brebis galeuses au recrutement
Un policier expérimenté qui se rend coupable d?un délit de fuite ; un membre de l?Anti Drug and Smuggling Unit qui, après 27 ans de service, vole un portable? Comment arrive-t-on à cette situation ? Et surtout, comment fait-on pour éviter de recruter des jeunes qui se transformeront par la suite en policiers véreux. Le screening qui est fait par la Disciplined Forces Service Commission (DFSC) avant de recruter les policiers est-il adéquat ?
Une jeune recrue de la police que nous avons contactée pour qu?elle nous parle de son expérience de recrutement par la DFSC montre de bien meilleures dispositions que ses deux collègues cités plus tôt : «Je peux vous aider mais il faut savoir que j?ai fait un serment et je compte le respecter. Il y a des choses que je ne vous dirai pas.» Consciencieuse, la jeune recrue ne se laissera pas persuader ; son travail, son devoir, elle le prend très au sérieux. Mais est-ce que ce sont ces qualités-là qui sont prises en compte lors de l?exercice de recrutement ? Comment faire pour s?assurer que des gens respectables et dignes de confiance soient recrutés pour occuper les postes de responsabilité ?
Il y a bien un screening, comme nous l?apprend Rashid Imrith, syndicaliste. Pour les nouvelles recrues de la police et des prisons, c?est la DFSC qui s?en charge. Outre les tests et critères physiques qu?un éventuel policier est censé satisfaire (1 m 65 au minimum pour les femmes et pas moins de 1 m 70 pour les hommes, etc.), une enquête «discrète» est menée par le National Security Service sur les candidats.
«Mais le problème c?est que si la personne a un casier judiciaire vierge de toutes les façons, la police devra s?en contenter, nous explique un responsable de la police. Imaginez le scénario suivant : une personne est en position de présenter un certificat de moralité mais les gens racontent des histoires sur cette personne. Que fait-on ? On se base sur le casier vierge ou on écoute des palabres ? Si on commence à écouter les on-dit, cela devient très vite discriminatoire», dit-il.
Donc la sélection se fait de manière très scientifique, selon un ancien commissaire de la Public Service Commission. Un candidat remplit un formulaire de la DFSC et attend que l?agent recruteur prenne contact avec lui. Eventuellement, il sera convoqué à la DFSC pour déposer ses certificats attestant la véracité de ses qualifications et puis un autre jour, pour être mesuré. S?ensuivent des tests physiques ? il faudra courir et faire d?autres exercices pour déterminer si la personne a l?endurance voulue. Le candidat devra aussi se soumettre à des tests médicaux.
Entre-temps, une enquête est menée sur le candidat, sans qu?il n?en soit informé. «Je l?ai appris à travers mes voisins», nous informe une jeune recrue. Mais que se passe-t-il, comme nous le disait le responsable de la police plus tôt, quand les voisins colportent des rumeurs. Ou pire, s?ils font un «mauvais rapport» ? Nous n?avons pas eu de réponse à cette question.
L?on se contentera de nous dire que si un candidat a passé l?étape des tests physiques, il sera éventuellement informé que sa candidature a été retenue.
Mais comment s?assurer que l?on ne vient pas de recruter une brebis galeuse ? «Il y aura toujours des brebis galeuses», affirme un ancien responsable de la police. «Je pense que le tri qui est fait au niveau de la DFSC est adéquat faute de mieux.»
Quel pourrait donc être ce «mieux» ? Au plus haut niveau des Casernes centrales, on évoque des évaluations psychologiques qui sont faites ailleurs avant de recruter un policier. «Cela ne peut pas faire de mal mais on est loin de ça, ici», dit-on. Le screening est-il adéquat ? «Qu?importe le système, il y aura toujours des véreux. L?important c?est de sanctionner quand les gens commettent une faute», laisse-t-on entendre.
Tout cela est aussi applicable aux autres fonctionnaires, comme le fait remarquer le syndicaliste Imrith. Mais une «enquête» policière sur un candidat pour un poste d?enseignant peut-elle démontrer que la personne en question a des tendances pédophiles, par exemple ?
Il y a bel et bien un tri. Mais celui-ci n?est certainement pas adéquat. Et n?offre aucune garantie. L?enquête faite sur le policier coupable de hit and run ou sur le voleur de portable n?avait sans aucun doute rien révélé de notable?
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