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Le VPM se mouille pour les ouvriers de Mon-Loisir
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Le VPM se mouille pour les ouvriers de Mon-Loisir
RIEN ne semble émousser le zèle des tenants du pouvoir, engagés dans la campagne électorale pour la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart. Pas même les intempéries. C?est le cas de le dire quand on voit Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre, braver une pluie battante pour inspecter un des sites où seront relogés les locataires des camps sucriers de Mon-Loisir.
L?agenda fixé au départ est le suivant : Mon-Loisir mettrait les ouvriers concernés au courant de la progression du dossier de relogement, avant de les emmener voir les sites. Mon-Loisir a décidé de marquer le coup en s?assurant de la présence des médias et des politiques.
Outre Pravind Jugnauth, qui est aussi le ministre des Finances et de l?Agriculture et Sangeet Fowdar, ministre des Ressources humaines, les deux députés de la circonscription, Ravi Yerrigadoo, ministre des Sports, et le secrétaire parlementaire privé, Jayprakash Meenowa sont présents. La petite salle de réunion du conseil de village de Piton est pleine de villageois concernés par le transfert.
Il semble que c?est bien parti pour une belle fonction sociopolitique. Le contexte s?y prête puisque Piton participe à l?élection législative partielle occasionnée par l?abdication de Sir Anerood Jugnauth. La pluie joue cependant le trouble-fête. Les organisateurs annulent la visite du site. L?autocar devant transporter les ouvriers est renvoyé.
Le ministre Jugnauth, arrivé sensiblement en retard à la cérémonie, annonce pourtant sa ferme intention d?aller de l?avant avec la visite. ?Le gouvernement fait tout pour s?assurer que vous êtes relogés dans les meilleurs délais et sur un site doté de toutes les infrastructures de base. Je tiens à aller voir si ce site satisfait tous les critères que nous avons fixés.?
Les grosses cylindrées des élus, la sécurité et la presse se précipitent en direction de l?Espérance, vers l?intérieur de Piton. Les ouvriers, acteurs principaux de cette petite mise en scène, suivent avec un léger retard dans l?autocar qui a été rappelé entre-temps.
Protégés sous d?énormes parapluies aux couleurs nationales, Pravind Jugnauth et ses collègues écoutent les explications des officiers de la Mauritius Sugar Authority. Cet organisme préside à l?élimination des camps sucriers du pays, programme démarré en 1985 sous l?impulsion d?Anerood Jugnauth, Premier ministre d?alors. Les ouvriers essaient de suivre les explications, trempés jusqu?aux os.
Pravind Jugnauth constate que les routes d?accès ont été construites. Le réseau d?eau potable a été installé et l?électricité est accessible. Ces facilités ont été financées par l?Etat. Le site est donc habitable, conclut-il.
Mon-Loisir prépare le relogement des locataires de ses camps sucriers depuis près de dix ans. Le transfert est maintenant devenu urgent car les camps demandent réparation. Les ouvriers seront relogés sur cinq sites différents : 30 familles à Noces-de-Cana, 30 autres à Belle-Vue-Maurel, 75 familles à Amaury, 62 à Espérance I et 76 autres à Espérance II.
Les lots de six perches ont été attribués depuis décembre 2000. Les formalités légales seront complétées d?ici la mi-décembre. Les ouvriers pourront alors se dire propriétaires. L?installation des infrastructures aura pris trois ans.
Selon la formule arrêtée par l?Etat pour encourager l?élimination des camps sucriers, l?employeur propose un terrain à un prix forfaitaire aux ouvriers. L?Etat l?aménage en morcellement résidentiel à ses frais. Une aide non négligeable est étendue aux ouvriers pour la construction d?une maison : Rs 40 000 pour la dalle, Rs 40 000 de plus pour l?achat de matériaux si l?ouvrier perçoit moins que Rs 4 000 par mois et prêt à un taux subventionné à la Mauritius Housing Company.
Au démarrage du projet, quelque 132 camps sucriers abritaient encore des ouvriers à travers le pays. Ces camps, évocateurs de l?engagisme au début de la colonisation de l?île, offraient des conditions de vie très modestes aux locataires. Il n?en reste pratiquement plus.
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