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Le vote électronique part gagnant
Serait-ce la fin d?un folklore ? Si tout se passe bien, la nuit des élections sera dorénavant moins tendue. Et la collecte et l?acheminement des urnes vers des centres de dépouillement seront choses du passé. La décompte des voix pourra se faire sur place et les résultats annoncés quelques heures après la fermeture des bureaux de vote.
L?Assemblée nationale est, en effet, invitée mardi à se prononcer sur une motion du Premier ministre concernant la mise sur pied d?un comité d?élite pour se pencher sur l?éventualité d?avoir recours aux machines électroniques de vote. Avec de tels équipements, la commission électorale sera en mesure de boucler l?exercice en un jour.
<B>Gouvernement et opposition sur la même longueur d?onde</B>
Ce nouveau procédé semble faire l?unanimité au sein de la classe politique. Navin Ramgoolam, le leader de l?opposition, qualifie le projet de « très positif » au point d?en féliciter le Premier ministre. Il souhaite aussi que tout soit prêt avant les prochaines élections. « Pou enn foi mo panse mo capav dir ki li finn fer enn bon kiksoz. Mo sirpri, mo pa ti attan sa. » Il ajoute que le précédent gouvernement y avait songé mais qu?il n?a pu le faire faute de temps.
Pour sa part, le ministre Anil Gayan y voit un pas vers davantage de démocratie. « Dans une démocratie qui se veut moderne, il nous faut marcher avec le temps.» De son côté, Madun Dulloo est d?avis que « le système est susceptible d?inspirer plus de confiance chez l?électorat et de mettre un terme aux accusations de fraude électorale ».
Cet accueil unanime n?a rien d?étonnant. Des parlementaires de tous bords, qui étaient présents en mai dans la Grande péninsule pour les élections générales lors de l?utilisatio de ces machines, étaient rentrés très satisfaits. Tous avaient ensuite paraphé un rapport consensuel adressé au Premier ministre.
A la commission électorale, on ne prévoit aucune difficulté. Le bureau est déjà en présence d?une cotation émanant de la Bharati Electronics Ltd, une des deux compagnies fabricantes para-étatiques indiennes. Selon une première estimation, le pays aura besoin de quelque 6000 machines, d?environ 300 dollars chacune. Un responsable était à Maurice en février pour la présentation d?un prototype à la classe politique.
Le commissaire électoral, Irfan Rahman, est d?avis que tout peut être prêt avant la prochaine échéance électorale. Au cas où l?idée est acceptée mardi, la commission enclenchera sa campagne de sensibilisation dans la presse écrite et parlée. Elle envisage aussi d?inviter le chef commissaire électoral de l?Inde à venir nous y prêter main forte.
La commission a déjà effectué des essais avec la machine de vote électronique. L?équipement a été utilisé à l?occasion des élections au conseil de l?Ordre des médecins, à la Cargo Handling Corporation et à la Mauritius Society of Authors. « Nous l?avons testé avec succès auprès des gens venant de différentes catégories socio-professionnelles», affirme Irfan Rahman.
Le comité d?élite, désigné mardi, aura à se prononcer sur l?éventualité d?avoir recours à des machines pouvant enregistrer des votes blancs. Il abordera également la possibilité de procéder au dépouillement le même jour, la nécessité pour l?électeur de présenter une pièce d?identité au moment du vote et l?utilisation d?une encre indélébile pour identifier au doigt ceux qui ont fini de voter.
A entendre Navin Ramgoolam, tout semble indiquer que les parlementaires ne devraient avoir aucune peine pour arriver à un consensus. « Se troi poin ki tou le tan mo finn demande. »
<B>Rectificatif</B>
Nous avons, en page 11 de notre dernière édition, passé par erreur la photo de Florise Carver, l?adjoint-maire de Quatre-Bornes comme étant celle de Romila Sonah-Ori (photo), favorite pour la présidence du conseil. Nous nous en excusons auprès de cette dernière.
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