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Le Visitor Marc David remet son rapport sur l?Université
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Le Visitor Marc David remet son rapport sur l?Université
Il ne faut pas minimiser les préoccupations des étudiants même s?il faut les blâmer d?avoir séquestré le vice-chancelier, R. Burrenchobay, séquestration ayant été en partie la cause de sa mort prématurée. Telle est la principale conclusion du rapport de Me Marc David, nommé Visitor et chargé d?enquêter sur les manifestations estudiantines de mai 1979. Les inquiétudes des étudiants, concernant leur avenir, sont réelles et ils ont légitimement éprouvé le besoin de le faire savoir à qui de droit. L?université reçoit le rapport David, le jeudi 22 mai 1980. Il est accepté. Un comité ad hoc est chargé d?examiner ses différentes recommandations.
Il est impérieux que les diplômes et les degrés décernés par l?Université soient reconnus à Maurice. Leurs détenteurs doivent pouvoir y trouver des débouchés. Ils ne doivent souffrir d?aucune préférence indue accordée à des détenteurs de diplômes étrangers parfois d?origine douteuse. Cela dit, ils ne peuvent prétendre avoir automatiquement droit à un emploi simplement parce qu?ils sont des diplômés de l?université de Maurice. Le gouvernement et le secteur privé ont une obligation morale à l?égard des universitaires mauriciens. Des relevés réguliers doivent être faits pour anticiper les besoins en main d??uvre spécialisée. Il serait bon de créer une unité d?information à l?intention des étudiants ainsi qu?un poste de Students Welfare Officer.
Il est souhaitable que tout grief estudiantin soit rapidement examiné et s?il est accepté, on doit y faire droit le plus rapidement possible. Aucun grief ne peut toutefois justifier la moindre infraction aux lois en vigueur. Il en va de même pour tout acte de vandalisme, d?intimidation, de violence, de chantage. Les étudiants doivent aussi tenir compte que certains secteurs de travail à Maurice atteignent vite un point de saturation.
Le Visitor David préconise le plus grand sérieux dans l?octroi des bourses d?études supérieures à l?étranger. La plus grande intégrité doit prévaloir quand il est question de recrutement et de promotion. Soit la méritocratie est respectée dans la plus grande transparence, soit nous revenons à la loi de la jungle.
Après avoir passé en revue la loi régissant l?université, ses statuts, ses règlements, il estime qu?il n?est pas nécessaire de recommander un grand volume de modifications. Elle doit fonctionner convenablement si les étudiants ne se laissent pas manipuler, s?ils réfléchissent et agissent raisonnablement, si la direction examine avec sympathie leurs requêtes, sans adopter une attitude paternaliste ni soupçonneuse. Les étudiants doivent être traités en adultes.
Le Visitor recommande aussi que le nombre d?étudiants au conseil de l?université soit porté à trois, que les représentants à l?University Academic Staff Association soient élus et non pas nommés, que des étudiants ne doivent pas faire partie du Sénat, des comités disciplinaires ni des comités en appel. L?union des étudiants doit devenir un corps constitué et avoir le droit de faire des déclarations publiques en son nom et à ses risques.
Il rappelle que toute mesure de suspension doit conserver son caractère temporaire et ne doit s?appliquer que dans des circonstances exceptionnelles. Il explique que le Sénat de l?université doit être composé de personnalités mûres, comptant une longue expérience. Des étudiants n?y ont donc pas leur place. En revanche leur présence plus nombreuse dans divers conseils mixtes est souhaitable.
Le gouvernement étant le bailleur de fonds de l?université, il est normal qu?il exerce un certain contrôle budgétaire et de la comptabilité de cette institution. Le Visitor déclare n?avoir trouvé la moindre preuve d?une tentative malsaine pour que l?université devienne le bras éducatif du gouvernement en place
Le Visitor conclut que, compte tenu du rôle incombant à l?université dans un pays comme Maurice, tous doivent veiller à ce qu?aucun faux pas ne soit commis pouvant mettre en péril son prestige et sa crédibilité.
Mais entre l?enquête du Visitor et la publication de son rapport, le gouvernement décide d?abolir la gratuité des frais universitaires (premier accroc au mythe de l?éducation gratuite du pré-primaire au post-secondaire) ainsi que la suppression de certains cours. Pas question pour autant de parler de faux-pas.
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