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Le Téléthon et les embryons
Pour la 20e édition du Téléthon, organisée aujourd?hui et demain, on assiste au développement en France d?une polémique sans précédent. Plusieurs des responsables de l?Eglise catholique viennent ainsi de contester publiquement le financement par l?Association française contre les myopathies (AFM), organisatrice de cette manifestation caritative, de travaux sur des cellules obtenues après destruction d?embryons humains. Le Téléthon a permis, en 2005 et avec le soutien actif de deux chaînes publiques de télévision, de recueillir plus de 100 millions d?euros au bénéfice des malades et de la recherche scientifique et l?AFM est, depuis une dizaine d?années, devenue une institution majeure dans le domaine de la recherche médicale nationale. Peut-elle, pour autant, ignorer les convictions philosophiques ou religieuses de certains de ses donateurs ?
Les récentes critiques de l?Eglise catholique ont vite déclenché de nombreuses condamnations dans les milieux politiques, alors même que les responsables scientifiques, directement concernés, choisissaient de respecter ce qui ressemble fort à une consigne de silence. ?Il ne revient pas à l?Eglise d?exercer une quelconque pression sur les familles qui ont recours aux diagnostics génétiques, et encore moins de culpabiliser l?ensemble des donateurs, a déclaré Manuel Valls, député (PS) et maire d?Evry, siège de l?AFM. L?eugénisme ? cette idéologie qui renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire ? est totalement étranger à l?idéal véhiculé par le Téléthon.?
Philippe Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille, et Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, ont également apporté leur soutien à la manifestation caritative tandis que le professeur Didier Sicard, président du Comité national d?éthique, jugeait, dans nos colonnes ?malencontreuse et extraordinairement malvenue? l?intervention de l?Eglise catholique dans ce débat.
Face à cet affrontement radical, Jacques Chirac a tenté, en recevant le 4 décembre une centaine de personnes engagées dans le Téléthon, de rétablir le dialogue, tout en exprimant son soutien aux recherches sur l?embryon que conteste l?Eglise catholique mais que la loi de bioéthique de 2004 autorise et encadre. La position de l?Eglise catholique n?a dans ce domaine jamais varié. Le Vatican n?a jamais fait mystère de ses condamnations, régulièrement réitérées, de la totalité des pratiques de contraception hormonale, de manipulation des cellules sexuelles, de fécondation in vitro et de congélation embryonnaire. Le Vatican estime en substance que toute fécondation hors du corps de la femme conduit à une nouvelle forme, selon lui inacceptable, de pouvoir de l?homme sur l?homme. Ces condamnations valent a fortiori pour la technique du diagnostic préimplantatoire (DPI), qui consiste à trier des embryons sur la base de certaines caractéristiques génétiques. Cette position repose aujourd?hui pour l?essentiel sur l?instruction Donum vitae (le Don de la vie), du cardinal Josef Ratzinger, contestée depuis plus de vingt ans par des médecins et des scientifiques catholiques. Les religions protestante, juive et musulmane sont, sur ces sujets, beaucoup plus nuancées.
Depuis qu?il existe, le Téléthon n?a cessé de battre des records de dons et d?élargir son champ d?action. Parallèlement, la science génétique progresse à grands pas en identifiant notamment les bases moléculaires d?un nombre croissant d?affections pouvant se transmettre sur un mode héréditaire.laissant par la même occasion entrevoir des promesses d?avancées afin de parvenir de parvenir, à court ou à moyen terme, à guérir les malades .
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