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Le Tsar au firmament
Après deux échecs en finale de la première levée du Grand Chelem de la saison (en 2002 et 2004), le protégé de Peter Lundgren triomphe pour la première fois à Melbourne, s?adjugeant à 25 ans son deuxième titre du Grand Chelem après l?US Open en 2000. Lleyton Hewitt ne sera donc pas, cette fois, le premier Australien à s?imposer depuis 1976 sur ses terres.
En effet, quand la machine s?emballe, Marat Safin devient inarrêtable ! Lleyton Hewitt le savait sans doute, la confirmation a été cinglante lors de la finale de ?son? tournoi du Grand Chelem. Mené un set à zéro après 23 minutes de jeu, complètement hors du coup, le Russe a subitement retrouvé la clé dans le deuxième set. Un break rapide à 2-1 en sa faveur pour retrouver la confiance et l?affaire était engagée. Sans vraiment comprendre ce qui se passait, l?Australien, pourtant poussé par un public acquis à sa cause, espérait bien se refaire une santé dans le troisième set.
Cette fois, à 4-1 en sa faveur dans la troisième manche, le chouchou du public pensait bien avoir repris les choses en main... Depuis le début du tournoi, Hewitt a multiplié les coups de barre mais aussi les retournements de situation, ce qui devait le pousser à y croire jusqu?au bout. Mais après avoir encaissé cinq jeux de suite dans le troisième set (sept au total), l?inquiétude commençait visiblement à pointer le bout de son nez... Aussi avec un break de retard dès l?entame du quatrième set, son clan faisait très nettement grise mine. Point de ?Come on? pour se relancer. Rien...
Le discours de Safin
Car en face, Marat Safin était dans un grand jour. A coups de parpaing, il éteignait les quelques envies de révolte de son adversaire contraint de limiter la casse. Le Russe lui a d?ailleurs tout fait : revers le long de la ligne, revers courts-croisés parfaitement masqués, rallyes ponctués par une amortie, contre-amorties gagnantes, éc?urants passing-shots en bout de course... Toute sa panoplie y est passée. Le regain d?énergie d?Hewitt dans le dernier set ne modifiera rien. Car avec un break en poche, Safin était bien décidé à ne rien lâcher, pas même le moindre petit point. La première balle de match sera la bonne pour un score sans appel.
La démonstration n?était cependant pas terminée ! Le Russe, battu en finale en 2002 puis en 2004, avait l?intention de profiter de son temps de parole. Comme un poisson dans l?eau, il va ravir le public avec un discours à la fois sympa et plein d?ironie. Il félicitera ainsi Lleyton Hewitt mais aussi tout son clan, les ramasseurs de balle, les sponsors et tous les bénévoles. Dans la bouche d?un autre, cela aurait pu passer pour un simple discours convenu. Pas avec Safin qui terminera en remerciant le public : ?Je sais que 90 % d?entre vous étaient pour Lleyton mais merci tout de même de votre soutien !? Impayable Marat Safin...
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